Tout comme en France, en Algérie aussi, il y a un nouveau
code de la route. Il stipule clairement qu’en toutes circons-
tances, la priorité absolue revient au …
…Fauteuil roulant !
C’est le sort de mes jeunes consœurs et confrères qui me préoccupe. Peu m’importe celui des patrons de «journaux» qui sont allés à la soupe toutes ces années, avec dans le téléphone, crachés à leurs oreilles attentives et obéissantes, ce genre d’ordres : «Cassez du démocrate, salissez de l’opposant, attentez à la dignité de ceux, et surtout de celles qui ne parlent pas dans le ton du Palais». Pour ceux-là, je n’ai aucune compassion. Juste une sorte de curiosité sociologique, et surtout psychologique. Ça fait quoi d’avoir été le porte-flingue du Palais, puis, un jour de recevoir encore une enveloppe, mais cette fois-ci avec dedans, non pas la photo d’une personne à abattre, mais la sienne ? J’allais écrire «sa propre» photo, mais vous comprendrez que je me ravise, en biffant le mot propre. J’aimerais vraiment pénétrer dans le cerveau des «demi-sel du plumier» pour comprendre ce qui s’y passe. Ou du moins juste ressentir la montée des rancœurs contre l’employeur, le capo di capo autrefois si généreux. Téter sans retenue le biberon, puis chialer fort parce qu’on vous a retiré violemment la tétine, le caoutchouc tellement délicieux et auquel vous étiez devenus accros, addicts. Je n’ai aucun lien, aucun ADN à partager avec les trabendistes de la pub. Ils ne sont pas ma famille, ils ne seront jamais ma famille ceux qui ont été investis «patrons de presse» pour casser de la presse. Libre aux tendres de mes amis de se solidariser avec cette engeance. Je le dis et l’écris publiquement, pour que ça reste gravé et peut-être utilisé contre moi un jour –je m’en contrefous royalement- ces journaux-flingueurs qui sont aujourd’hui sur la paille constituent à mes yeux une souillure pour la …paille elle-même ! Mais leur oraison funèbre ne me satisfait qu’à moitié. Je ne considérerais «vengées» les victimes de cette presse «exemplaire» que le jour où les gros tueurs, les «dézingueurs» papier et télé, les grosses cylindrées qui roulent pour la fratrie passeront eux aussi à la caisse et chialeront leur race maudite parce qu’incapables de se payer le paillasson pour mettre en dessous leur foutue clé.
Ce jour-là, et il viendra, il aura une saveur toute particulière
le thé que je fume pour rester éveillé à mon cauchemar qui continue.
H. L.
P. S. : je l’avais promis à Chérif, un lecteur. Un lecteur non-voyant qui m’a décrit dans une lettre déchirante les efforts qu’il fait pour lire la chronique avec les nouveaux outils technologiques. Juste pour rester en phase avec une société qui n’a rien prévu, ou presque, pour les non-voyants et pour les handicapés de manière générale. Chérif, avec retenue et dignité, m’a juste demandé de dire un mot sur cette pension ridicule qui leur est versée en ces temps de flambée du coût de la vie. Une misère qui accroît encore plus l’isolement. Voilà Chérif ! J’espère que ton cri sera quelque part, là-haut, entendu.
Le Fumeur de Thé
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