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Vue hybride

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    Post Pousse avec eux By Hakim Laâlam

    27 Décembre 2015

    Sauvons-les de ce prédateur féroce !

    Par Hakim Laâlam
    Aït-Ahmed. Le ni-ni jusqu’au bout ! Ni…
    … l’avion présidentiel ni El-Alia !
    Une pensée émue ce matin pour ces tortues géantes qui se sont échouées en grand nombre sur les plages de Annaba ces dernières heures. Un drame pour cette espèce répondant au nom scientifique de Caretta caretta. D’abord un petit reproche aux zoologues et autres spécialistes de ces ovipares marins pesant parfois plus de 100 kg : vous auriez pu faire un effort d’originalité dans la dénomination. Tout de même ! Caretta caretta ! Et pourquoi pas les Dupont et Dupont ? Un peu de poésie, que diable ! Mais bon, y a plus grave que le sens de la créativité chez les scientifiques. Y a cet échouage de tortues géantes sur les côtes annabies. Il y a surtout le sort des survivantes parmi ces bestioles inoffensives et paisibles. En théorie, elles devraient être prises en charge par des équipes de vétérinaires algériens. Nous avons de bons, de très bons vétérinaires. Secondés pas des escouades de la Protection civile, les toubibs devraient arriver à mettre à l’abri ces tortues géantes, les soigner, les nourrir puis les relâcher dans des eaux plus conformes à leur mode de vie. En théorie. En théorie, seulement. Car à Annaba, un danger terrible guette les tortues géantes Caretta caretta. Le Odobenus Rosmarus ! Qui se cache derrière ce nom barbare ? Un être barbare, monstrueux, difforme et dangereux. C’est un morse, une sorte d’énorme phoque pesant parfois jusqu’à 400 kilos, voire plus et qui raffole des tortues, qu’elles soient géantes ou pas, peu lui importe, pourvu qu’elles tombent sous ses deux énormes excroissances dentaires. A Annaba, les zoologues jurent qu’un spécimen hors-normes de Odobenus Rosmarus vit dans les lieux fangeux et glauques de la Coquette. Précisément où, ils ne peuvent le dire parce qu’un scientifique sait qu’un incident est vite arrivé, une fiole d’acide fluorhydrique qui se reverserait par inadvertance dans le labo à la porte fermée à double tour, de l’extérieur. Mais tout le monde s’accorde à reconnaître, en douce et en catimini, qu’un morse de l’espèce la plus dangereuse des morses vit bien à Annaba et serait ravi de se mettre sous la dent des tortues géantes. Tout le problème est là ! Comment placer les Caretta caretta hors d’atteinte de leur prédateur attitré, le Odobenus Rosmarus ? Il paraît que les deux espèces sont protégées. Mais là, aussi, c’est juste théorique. Parce que dans les faits, les vétos admettent en cercle privé, en cercle très privé parce que les vétos, tout comme les scientifiques de labo savent qu’ils peuvent découvrir dans leur lit, sous leur couette, le soir lorsqu’ils dorment un… mamba noir – le serpent le plus dangereux d’Afrique — et donc, les vétos admettent que le morse annabi est plus protégé que la tortue géante. Les médecins des animaux vont même plus loin. Ils ne comprennent pas pourquoi le morse annabi est classé «espèce protégée». C’est insensé selon eux, pour la simple et bonne raison qu’il se reproduit à large échelle depuis au moins 2004 et qu’il prolifère bien au-delà des côtes bônoises. Moi qui ne suis ni chercheur ni véto, et qui crains par-dessus tout l’acide fluorhydrique que le serpent mamba, j’exprime juste ici
    mes timides craintes humanistes quant au sort des Caretta caretta,
    tout en fumant du thé pour rester éveillé à ce cauchemar zoologique qui continue.

    H. L.
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    28 Décembre 2015

    Testament d’un vivant aux amis qu’il n’a jamais
    eus et qu’il prie d’aller pleurer ailleurs !

    Par Hakim Laâlam
    Email :
    [email protected]
    Ouverture du procès Sonatrach. Et là, ils vont peut-être nous
    révéler que…
    … Tata Louisa est actionnaire majoritaire
    dans les entreprises Eni et Saipem, hein ?
    Ma chère, tendre et douce compagne, c’est à toi que je remets ce testament. Pour deux raisons, au moins, par amour et par… cupidité. Par amour, parce que je t’espère plus longue vie que la mienne. Par cupidité, parce que, fort diminué, je ne crois pas pouvoir t’organiser les funérailles que tu mériterais si tu venais à partir avant moi. Mon testament, ma dernière volonté est fort simple, amie du long parcours : s’il te plaît, saisis-toi du lourd trousseau de clés qui pend à l’entrée de la maison, et dès l’annonce de mon départ à trépas, ferme vite la porte. A double tour pour la serrure du haut, à triple tour pour celle du milieu, souviens-toi qu’il faut pousser un peu le battant, faire pression avec ton corps sur le bois pour que le pêne s’enclenche au troisième et dernier tour. Tire les rideaux des pièces. Pour la pénombre que j’ai toujours adorée dans cette maison, mais surtout pour les éloigner. Pour signifier aux amis et nombreux copains et copines qui dénicheraient à tout hasard mon adresse que leur procession humide n’est franchement pas la bienvenue. Ma compagne, ma «chrika dans la vie», l’arrivée impromptue sur notre seuil de ces gens que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam ni de Belzebuth m’indisposerait au plus haut point. Que dire alors de ceux que j’ai toujours détestés profondément mais qui trouveraient le temps de venir tricoter sous tes yeux ahuris des louanges à celui qu’ils ont maudit, combattu et embastillé de son vivant ? Je te laisse libre et maîtresse de ta maison. C’est toi et toi seule qui en commanderas l’ouverture. Et je te sais peu oublieuse. Alors, par l’entrebâillement discret d’une des persiennes, dis-leur, en bas, qu’il s’agit là de mon dernier commandement. Celui d’éloigner les hyènes pleureuses et nécrophages. Dis-leur que même refroidi et bien mort, je n’ai pas changé. Je reste cette vieille canaille rancunière et arcboutée à ses idées fixes. Rappelle-leur que j’ai toujours eu une sainte horreur de ces scènes insoutenables de matinées d’Aïd où les voisins qui s’étaient écharpés la veille se retrouvent le matin, habillés de kamis immaculés, s’embrassent goulûment tout en feignant de ne pas remarquer leurs yeux au beurre noir. Mon aversion pour ces «noces barbares» et ces «fraternités de calendrier religieux» n’a d’égale que mon dégoût profond pour ceux qui viendraient me pleurer une fois mort, alors que vivant, ils t’ont tellement fait verser de larmes, toi et les enfants. S’il te plaît, ma passion inassouvie, une dernière recommandation : s’il venait par un quelconque subterfuge de coquins que l’un de ces laudateurs de la 25e heure t’approche, n’accepte rien de lui, ni vœux, ni encouragements, ni aide, ni drapeau plié. Ils l’ont suffisamment sali ce drapeau de mon vivant pour que je le supporte posé sur mon cercueil de frais macchabée. Voilà ! Maintenant, tu peux, à ma place et à ta guise,
    fumer du thé pour rester éveillée à ce cauchemar qui continue.

    H. L.
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    29 Décembre 2015

    Boumediène au secours de Trotski !

    Par Hakim Laâlam
    Succession de Abdekka. Toujours pas de dauphin en vue.
    Peut-être faut-il plutôt chercher du côté des…
    … requins !
    En conférence de presse, donc devant public, et public nombreux, Hanoune s’est adressée à… Boumediène et lui a ordonné : «Boumediène, lève-toi, le pays est en danger !» ça va mal ! Ça va très mal ! Mais dans quel état, mon Dieu, ils me l’ont mise ma Tata adorée ! V’là qu’elle parle aux morts, maintenant. Elle leur demande même de se lever, de marcher et de revenir parmi nous. Et s’il n’y avait que Hanoune dans cet état. Non, bien sûr. Y a l’islamiste Hassan Aribi. Il jure qu’il a eu plusieurs entretiens avec Obi One en personne, hors promo. Et le grand Jedi lui aurait donné des détails affolants sur les détournements de fonds colossaux commis par les frères Barberousse. Mon Dieu ! Le pays part en sucette, et bientôt je vais moi aussi demander à Gainsbourg, à Annie et aux bombons à l’anis de revenir faire le ménage dans ce foutoir. Par quoi commencer, mes aïeux ? D’abord, par casser l’ostracisme qui frappe Tata Louisa. Les milieux mafieux et oligarchiques ont empêché que n’arrive à la leader du PT cette info pourtant capitale : Boumediène est mort ! Oui, je sais que ça va provoquer chez elle, et chez d’autres, un séisme, un choc, mais il faut le lui dire. Boumediène est mort. Ensuite, il faut prendre en aparté Hassan Aribi, lui projeter la bande annonce de Star Wars, le Réveil de la Force, et arriver à le convaincre, enfin, que dans ses rêves les plus fous d’islamiste parvenu, dans sa saga personnelle de doux dingue, il n’aurait jamais pu rencontrer ne serait-ce que Chubaka, voire, dans le meilleur des cas, la doublure de R2-D2 ! Une fois Aribi converti à la sagesse du Conseil de l’Empire, il me restera à éclaircir un point noir dans la galaxie Louf Ok. Déjà des voix s’élèvent pour mettre en doute l’authenticité du communiqué de Maître Miloud Brahimi. Des spécialistes graphologues, grammairiens et lexicologues jurent que Miloud n’aurait jamais rédigé ainsi ce texte. Et pour nous convaincre de cela, ils mettent en exergue cette erreur grossière. Eh oui ! Relisez bien le communiqué. Il exhorte les gens à cesser de parler au nom de l’ancien patron des services. M’enfin, Miloud !
    Personne ne parle en son nom. Tout le monde parle en son prénom.
    C’est différent ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

    H. L.
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    30 Décembre 2015



    Bou M’derreh !

    Par Hakim Laâlam
    Coup de colère de Toufik : «Arrêtez de parler en mon…
    … prénom !»
    Des fois, je me dis que les gens ont raison d’accuser la presse de participer à la baisse du niveau du débat politique en Algérie. Quand je lis que le pays est suspendu au «Duel Saâdani-Ouyahia» pour les sénatoriales, je zieute aussitôt vers ma pharmacie et le flacon de Primperan. Ya Dini ! Le duel Saâdani-Ouyahia ! Torché comme ça, t’as l’impression d’assister au duel Khrouchtchev-Kennedy, sur fond de guerre froide entre l’URSS et les USA, en 1961. Ya djamaâ, Saâdani ! Ya djamaâ, Ouyahia ! Je ne sais s’il nous reste encore un brin de cheveu coupé en transversale pour enrayer la machine à propagande, mais essayons bark de nous donner des baffes afin de nous réveiller, de sortir de ce coma aux relents mortifères. Saâdani ! Ouyahia ! Je l’écris. Je le réécris ! Et s’il me faut le faire en continu sur toute la page, je le ferai, à charge pour mon journal de m’accorder l’espace. La guerre froide, la Baie des Cochons, le déploiement des missiles, Cuba, Castro et le redécoupage du monde, je connais. Je connais un peu, juste un peu. Ce peu, ce très peu, couplé à mes tempes grises et à mon arthrose me permettent un chouia de dire «basta» avec ces duels de pacotille que nous amplifions, que nous théâtralisons et que nous vendons ensuite comme «déterminants». Allah yarhem babek, que veux-tu que ça détermine un duel entre Saâdani et Ouyahia ? Quel cours de quelle histoire va se trouver bousculé par un tandem pareil ? Wallah que même l’historiette de la saison de Ligue Une Mobilis n’en frémirait pas d’un poil de ce duel Saâdani-Ouyahia. Même aux spectacles de fin d’année, dans les crèches et primaires, les mioches trouveraient ça ringard comme scénario à un sketch ou à un spectacle de marionnettes. Que les deux «messieurs» fassent leur cinoche, leur mauvais cinéma, libre à eux. Qu’ils se plient aux caprices et calculs tordus du réalisateur en chef, ou du cabinet de réalisateurs, qu’ils acceptent les folies des habilleuses, des costumières et des maquilleuses, grand bien leur fasse, mais nous ? Oui, nous ! Devons-nous nous prêter à ce vaudeville ? Je l’ai écrit. Je vous avez prévenus, je le réécris. Afin que vous saisissiez bien «l’enjeu», la «dimension» : Saâdani ! Ouyahia ! Aujourd’hui, si tu racontais ça aux ossements des Cochons, la baie éponyme en résonnerait fort de leurs fous rires.
    Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

    H. L.
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    Post Pousse avec eux By Hakim Laâlam

    31 Décembre 2015
    Désolé, mais il n’est pas criminel
    de vouloir, coûte que coûte, vous fuir !

    Par Hakim Laâlam
    Nouvelle Constitution. Que va-t-il se passer maintenant que
    Abdekka l’a validée ? Il va prendre l’avion pour les…
    … Invalides !
    «Une tentative d’émigration clandestine impliquant 55 personnes déjouée par les forces de l’ANP à Annaba.» Quand tu lis ça, t’as l’impression qu’on a affaire à une opération anti-terroriste, qu’un groupe de tangos aurait été intercepté et neutralisé ou que des casemates bourrées d’explosif prêt à l’emploi auraient été mises au jour et détruites. Yaw ! Doucement camarades ! Il ne s’agit que de citoyens. Parfois des gosses. Des citoyens qui veulent juste fuir. Vous fuir, si vous voyez un peu ce que je veux dire. Les tangos, ils sont assis sur la terre ferme. Plus précisément dans vos salons, à feuilleter et à commenter votre nouvelle Constitution. Les tangos n’ont plus à quitter ce pays clandestinement. Ils sont bien, ici, les Frères des montagnes. Par contre, ceux avec qui vous remplissez ces «bilans glorieux» sont la rançon de la hogra, de la malvie, du désespoir et du vide conjugués. «Bilanter» avec les harragas, faire du chiffre sur le dos mouillé de ces gueux-là, c’est misère ! C’est petit ! Presque aussi petit que de n’avoir pas réussi à faire décoller économiquement un pays avec 280 milliards de dollars de réserve de change et un ticket d’accès direct à caisse de 4 fois 5 ans ! La phase d’après, c’est quoi ? Des communiqués dans lesquels on nous annoncera fièrement que de frêles esquifs, des embarcations de fortune avec à leur bord des dizaines de migrants clandestins, ont été coulés à coups de canon au large de Annaba, d’Oran, de Mostaganem ou de Ténès ? Que des harragas multirécidivistes ont été lapidés sur les places publiques de leurs lieux de «mauvaise naissance» ? Criminaliser un acte de désespoir, c’est offrir le néant aux nourrissons à naître sur cette contrée. C’est proposer le degré zéro du walou comme ligne d’horizon perpétuelle. C’est castrer le rêve en vendant cette boucherie comme un signe de sauvegarde de la dignité citoyenne. Vous êtes arrivés au pouvoir dans les conditions que nous connaissons tous et qui n’ont aucun cousinage avec la démocratie. Malgré les «miracles de l’urne magique», malgré ces pratiques aux antipodes du suffrage populaire, nous nous sommes dit au fond de nous, bien au fond, qu’entre toutes vos «affaires», vous alliez consacrer un peu de temps aux nôtres d’affaires, au bonheur intermittent des petites gens. Peuchère ! On se rend compte finalement que les petites gens, vous leur faites la chasse. Partout. Sur terre. Et sur mer ! Pirates des temps faussement modernes, vous poussez l’audace crasse jusqu’à amalgamer les bilans des noyés avec ceux des opérations antiterroristes.
    Impasse terrifiante à quelques heures à peine de 2016 !
    Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

    H. L.
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    Post Re : Pousse avec eux By Hakim Laâlam

    02 Janvier 2016

    Au pays de l’éléphant volant !

    Par Hakim Laâlam
    Retour de Aït-Ahmed au pays. Un retour sous haute
    surveillance policière. Près de 4 000 agents de
    l’ordre mobilisés sur son parcours. Purée ! Jusqu’au
    bout, ils lui auront…
    … collé les flics aux basques !
    Ce qui est extraordinaire, c’est que nous fassions encore appel à l’avis d’une éminente constitutionnaliste pour qu’elle délivre son docte éclairage sur la légalité de la démarche présidentielle en matière de révision de la Constitution. La valeur et la probité de cette dame ne sont plus à démontrer. Fatiha Benabou, pleine de bons sens, délivre la sentence : «Le Président ne peut pas réviser la Constitution comme il le veut.» Voilà ! C’est à ce point précis que nous arrivons aux limites du pays impossible. A la lisière de la contrée des miracles. A la frontière du Bled Magique. Madame, votre probité, votre savoir et votre immense compétence vous honorent. Nous honorent. Mais je suis désolé de leur opposer un axiome plus basique que celui des lois et de la constitutionnalité. Et cet axiome terrible se résume à cette phrase : IL PEUT ! Vous voyez, c’est court, c’est concis et ça résume tout. Ça traduit surtout l’absurdité de poser des questions à une légaliste dans le land de l’irraisonné. Plus crûment, il ne sert plus à rien de vouloir marquer l’illégalité des démarches à travers des avis d’experts. Ils s’en foutent royalement, là-haut, dans le Palais ! Il peut réviser tout seul la Constitution. Il peut ne pas la réviser. Il peut la faire réviser chez le mécanicien de son choix. Il peut n’en changer que quelques pièces, et fermer les yeux sur le fait que certaines d’entre elles ne soient pas d’origine certifiée. IL PEUT ! Comme le narrait cette blague mignonne que l’on racontait il y a quelques années déjà, ici, en D.Z, et contrairement aux règles zoologiques et anatomiques universelles, l’éléphant peut voler, il peut dormir sous l’eau, il peut chanter l’opéra devant une troupe de zèbres… Pour une raison toute simple, laquelle se résume aussi par une formule encore plus simple : Z.N.D. Zone de Non-Droit ! Que peut faire, que peut nous apporter une éminente constitutionnaliste en Z.N.D ? Rien, sinon un peu plus d’amertume, de cholestérol et d’ulcères sanguinolents. Un couteau remué dans une plaie ouverte en 1962, ça peut saigner longtemps.
    Très longtemps. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

    H. L.
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    03 Janvier 2016

    La boîte à outils, Florence et l’aîné des Borgia !

    Par Hakim Laâlam
    Bientôt en librairie, le recueil complet en 6 volumes reliés
    cuir des…
    … Lettres des 19-4 à Abdekka !
    Ma Tata adorée, une question : selon toi, Abdekka 1er est-il au courant que la boîte à outils du Palais vient d’être ouverte et qu’en a été sorti l’un des instruments préférés du châtelain, la «clé à redressement» ? Non ! Tata ! Arrête avec ce satané geste qui confine ces derniers temps au réflexe quasi pavlovien et qui te fait te saisir automatiquement d’un stylo et d’une feuille dès qu’il s’agit de Boutef’. Tu ne vas tout de même pas lui écrire encore une bafouille pour lui demander dans celle-là s’il est au courant qu’on a actionné contre toi et ton parti l’arme de destruction massive du redressement. Tu ne penses pas un instant, j’espère, que le Vieux n’est pas au parfum, est totalement étranger à la propulsion sur un plateau d’une des télés du Palais du Monsieur Député chargé de foutre la zizanie au PT ? Sincèrement, peux-tu un instant, juste un court instant, te représenter un Abdekka pas impliqué dans ce qui t’arrive, et surtout dans ce qui va t’arriver ? Malade, oui ! Diminué, oui ! Mais toujours à portée de sa caisse à outils, ça tu le sais bien, toi qui l’as si souvent côtoyé, tant ri, plaisanté et mangé des petits-fours avec lui. Tu le sais que ce Monsieur Député qu’on vient de t’envoyer dans les pattes n’a pas pu sortir de la fameuse boîte sans l’aval de l’aîné. Alors pose ce foutu stylo. Roule en boule, ou alors déchire en mille morceaux cette 2678e lettre que tu avais commencé à rédiger à l’attention du châtelain, et à laquelle il n’aurait jamais répondu et intéresse-toi à la trousse à outils. Tu la connais. Souviens-toi le nombre de fois où tu as vu le Vieux l’ouvrir devant toi, en sortir des machins bizarres, des trucs tordus et bricoler avec des plans vicelards contre des récalcitrants, des revêches, des velléitaires d’indépendance. Rappelle-toi tes meetings de 2004 et les mots durs, très durs que tu avais eus contre Benflis. Avec du recul, tu peux enfin l’admettre : ces mots sortaient bien de la même boîte à outils, n’est-ce pas ? Mais je te le concède volontiers ma Tata adorée : ça doit faire bizarre de se voir renvoyer à la figure quasiment les mêmes instruments de la même trousse à outils que tu pensais seulement destinés aux autres. Ah ! Ma Tata ! Quand je te dis qu’il faut arrêter les lettres et «s’érudir» plutôt l’esprit à la science de la boîte à outils. Les gens pensent que le bricolage, les boîtes à outils, c’est une chose facile. Que nenni ! C’est un art, ma Tata, un art florentin. Florence, ma Tata. Cette cité des Borgia distante de 294 kilomètres de… Rome.
    Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

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    04 Janvier 2016

    Au-delà de l’exécution d’un dignitaire
    chiite, la pyromanie des Saoud !

    Par Hakim Laâlam
    Quel est le comble de l’absurdité en ces temps d’austérité ?
    Signer une loi de finances 2016 avec un…

    … stylo Mont-Blanc à 10 000 euros !Toute la perversité de l’Arabie Saoudite est concentrée dans cette exécution du dignitaire chiite Nimr Baqer Al-Nimr. Nous aurions tort de n’y voir qu’une expression barbare de la «doctrine» des Saoud, l’impossibilité de l’éclosion d’une liberté de penser sous leur règne sanglant de terreur administrée. Non ! Il y a plus ! Ce dignitaire chiite a été exécuté pour faire bouger Téhéran. Riyad tremble depuis des mois de la normalisation en cours accélérée entre l’Iran et les puissances occidentales. Les Saoud ne trouvent plus le sommeil dans leurs luxueux palais depuis que la Perse est redevenue fréquentable. Et quand les Saoud ne ferment plus les yeux, il faut que le monde entre, lui aussi, en insomnie. Provoquer Téhéran. L’amener à la faute. L’entraîner à nouveau dans la tourmente des conflits, des embargos. Sauf, parce qu’il y a un sauf, que face aux Bédouins d’Arabie Saoudite, il y a la séculaire culture perse. La profondeur d’une civilisation certes mise à mal par les dérives intégristes de Khomeiny et de ses descendants, mais qui reste cette grande nation. Et dès les premiers mouvements de foule vers l’ambassade saoudienne à Téhéran, dès les premiers jets de cocktails Molotov contre cet édifice de la propagande sunnite en pays chiite, la police iranienne est intervenue. Pour ramener le calme au sein de la population en colère après le meurtre de l’un des leurs à Riyad. Ne pas céder à la provoc. Désamorcer les mâchoires du piège saoudien. Eviter la chausse-trappe posée là, sur le chemin du retour iranien sur la scène internationale. Tout comme la diplomatie algérienne a su dégoupiller la grenade des Saoud lancée à notre face à travers cette «farce» de la force arabe, de la coalition anti-Daesh. Je ne voudrais pas paraître manichéen, mais le mal absolu, s’il lui fallait un visage, pour les besoins de la démonstration pédagogique des déboires du monde musulman, ce visage aurait les traits des Saoud. Alliés objectifs d’Israël, base militaire à ciel et terre ouverts du Pentagone, Riyad veut maintenant rallumer le feu en Iran. Ré-impliquer Téhéran dans l’équilibre des terreurs intégristes. Les jours prochains verront encore et encore d’autres provocs, d’autres pièges. Car ce royaume ne sait pas vivre autrement que par le complot. Ce même complot qui le vit un jour émerger de manière factice du désert.
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    05 Janvier 2016
    SVP, rappelez-le

    Par Hakim Laâlam
    Procès Sonatrach. Tous les prévenus sont d’accord là-
    dessus : Chakib Khelil était au courant de tout. Ouais ! Il
    était surtout au courant du moment précis…
    … où il lui fallait mettre les voiles !
    Tous ceux dont l’oreille est collée aux murs du Palais et dont le pavillon interne sait si admirablement recueillir le moindre suintement du béton armé vous le jurent ces dernières heures : Sellal serait sur le départ. Je n’ai pas d’oreilles collées aux parois du Palais. Mes oreilles ne le supporteraient pas, sujettes à de fréquentes otites et autres bobos que connaissent bien les personnes aux oreilles fragiles. Mais si cela s’avérait vrai, que Sellal quitte le Premier ministère, j’aurais alors un fantasme à exposer ici, aux yeux et à l’appréciation de tous, sans retenue et sans pudeur aucune, j’assume : le remplacement de Sellal par… l’Empastillé ! Le retour de Belkhadem à la tête du gouvernement ! Mon Dieu ! Je suis au bord de l’orgasme rien que d’y penser. Abdelaziz II réinstallé aux commandes bloquées de l’exécutif, ça serait l’apothéose de la «cohérence» de gouvernance à l’algérienne. Normal. Logique. Implacable de «droiture zigzagante». Allez ! A vous je peux bien l’avouer, parce qu’incapable de vous cacher quoi que ce soit : si Belkhadem est renommé Premier ministre ou chef du gouvernement, je ferai tout pour être le premier à le féliciter. Je chargerai mon téléphone et le tiendrai à portée de main, son numéro en pré-composé. Oui, bon, d’accord, je n’ai pas encore le numéro de mon Empastillé préféré, mais je peux me le débrouiller. Et, wallah, promis, juré sur l’imam Ali –que je me flagelle le dos avec une cravache si je ne tiens pas ma promesse- que je pondrai ici même une chronique complète, trente lignes pour souhaiter un bon retour à Belkhadem. Je suis fan de l’absurde. L’absurde me fascine. Et cette capacité du régime à embaucher du personnel, à le débaucher et à le réembaucher à l’infini, dans une sorte de mouvement perpétuel me sidère de stupéfaction admirative. Allez ! Puisque nous en sommes aux confessions, dans cet espace intime et feutré de la chronique, répondez juste à cette question : en dehors de quelques couinements en entrefilets dans des journaux privés de pub institutionnelle, qui d’entre vous et moi s’offusquerait vraiment du retour de Belkhadem ? Au-delà d’une semaine, chrono en main, de cris d’orfraie qui finiraient en clapotis à peine audibles, le 8e jour, qui se mobiliserait contre la réinstallation de Abdelaziz II au poste de Premier ministre ? Personne ! Nous sommes bien d’accord là-dessus. Donc, laissez-moi, s’il vous plaît, à mon fantasme. L’absurde est jouissif. Son cousin consanguin, le burlesque, est enivrant. Entre jouissance et ivresse, je savoure déjà les jours à venir. Mumm ! Et je fume du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.

    H. L.
    Atlas-HD-200 B102 B118
    Icone I-5000

    ZsFa

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