Accident tragique à Alger. Un tramway chavire. 32 morts.
Par noyade !L’Algérie de Abdekka, ou plus précisément, l’Algérie de Bouteflika a-t-elle encore les moyens de faire arrêter tous les généraux qui parlent de l’Algérie, mais avec des intonations différentes que celles demandées, exigées par le Palais ? Ça demande une logistique lourde de mettre plusieurs véhicules sur le trajet d’un vieux général, de le braquer et de l’embarquer comme ça a été fait avec Benhadid. Il y a quelques heures, Nezzar a parlé. Le Palais engourdi va-t-il malgré toute sa torpeur ordonner l’arrestation de Nezzar ? Et puis, plus inquiétant dans la gestion des effectifs militaires et de sécurité : si demain d’autres généraux «historiques» parlent aussi, et toujours sur des octaves différentes que celles dictées par le Palais, Bouteflika aura-t-il assez de troupes pour faire arrêter tout ce beau monde, le conduire en bastille algérienne et condamner au silence ces vieillards bavards ? Plus grave que ce qui était déjà assez grave trois lignes plus haut : si, prenant le relais des vieux généraux, de vieux politiques aux pointures impressionnantes venaient à prendre eux aussi la parole hors normes dans les prochaines heures, où le Palais va-t-il trouver le nombre de voitures suffisant pour braquer et kidnapper cette émeute de vieux lions ? Logistiquement, c’est une crise encore plus dure à gérer que celle engendrée par la baisse des prix du brut et la fonte de nos réserves de change ! Il y aurait bien l’idée d’une assignation à résidence… générale, pour rester au même… grade de réflexion. Obliger tous les bavards de la République à rester cloîtrés chez eux. Mais alors, même enfermés chez eux, ces bavards impénitents peuvent parler, répondre à distance à des questions, à partir de leurs salons. Peut-être une assignation au silence ? Interdiction de parler ! Et si à défaut de parler, vu que ça serait interdit, les vieux lions hâbleurs se mettaient, se remettaient à écrire. Des lettres. Des communiqués. Des… alors, suite logique – dans la logique folle d’un Palais aux abois – assignation à ne pas écrire, à ne pas s’approcher à moins d’un kilomètre d’une feuille, d’un stylo, d’un micro ou d’une tablette. Et si tout ça ne suffit pas, confier au Commandeur des Soutiens, au Général-Entrepreneur le marché du siècle. Celui qui les lui fera en or pour lui, pour ses enfants, petits-enfants et arrière-arrière-petits et grands dividendes, le chantier d’une prison assez vaste pour contenir 40 millions de bavards potentiels, moins la «Kemia», la «Kemcha» du Palais. Connaissant le maître d’œuvre, le Patron-Brouettiste, je crains qu’il n’y ait de graves malfaçons dans cet édifice et que la parole s’en échappe, malgré tout. Ah ! La parole ! Cette traîtresse, ennemie de tous les dompteurs de parole. Et puis, à la limite, Nezzar a parlé. Mon p’tit doigt me dit que d’autres vont parler dans les prochaines heures. Pourquoi me tuerais-je la santé à trouver la parade, à la place du Palais ? Non ! Mon petit doigt, d’un commun accord avec les autres doigts de ma main, va juste s’occuper de m’aider à faire la seule chose que je sache plus ou moins bien faire
fumer du thé et rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L. |