Vaste mouvement à la tête des télévisions d’Etat. De
nouveaux patrons bientôt désignés pour redynamiser
l’ENTV, A3, A4, TV Coran, Canal Algérie, …
… Ennahar TVAu-delà de la suffocation. Au-delà du scandale. Au-delà de la légitime dénonciation, parfois lourde et pleine de slogans, ici même au demeurant. Au-delà des montées aux barricades, poing levé et bave aux lèvres, ici même au demeurant. Au-delà de tout ça, il me reste une fascination. Oui ! Parce qu’un jour, avec du recul, une fois la bave séchée, le poing rangé dans son fourreau et le regard un peu plus adouci, il faudra bien revenir se pencher sur ce qui se passe en ce mois d’août 2015. Un patron des patrons privés, un homme sorti d’une brouette oubliée sur le bitume mal séché d’une route menant à l’impasse, revendique publiquement, sans chercher à maquiller quoi que ce soit, l’effacement des dettes des privés. Un autre homme nous vend comme seule sortie de crise le blanchiment industriel de l’argent de la fraude généralisée. Et pardessus tous ces hommes, un être sans voix, sans existence réelle et prouvée sauf à travers un micro-casque et un bouquet de roses piégées, joue au bowling avec les «restes» du bouclier sécuritaire du pays. Alors oui ! Aujourd’hui, on peut s’offusquer de cet été algérien. Mais demain, faudra revenir colloquer, s’interroger entre gens savants – donc sans moi – sur ce formidable pouvoir donné à cet extraordinaire aréopage de faire ce qu’il fait en ce moment. No limit ! Pas de check-point républicain. Aucune barrière de conscience. Pas trace d’un guichet de contrôle de la qualité de gestion. Seules sont là, au centre de notre monde-village, des herses de l’impensable que le Palais et ses douves adjacentes font reculer jour après jour, guettant d’une oreille presque distraite si la rumeur en bas enfle, puis les reculant plus loin, plus fort lorsqu’ils se rendent à cette évidence qu’il n’y a rien qui enfle en bas, sinon l’ennui d’un pays mort 100 fois en 60 ans ! Ce régime me fascine ! Appelez-ça de la dépravation. Du masochisme. De la chair à psy. Qu’importe ! Il me reste assez de lucidité pour assumer cette fascination. Nous sommes en train de vivre – sans même parfois en prendre conscience – le rêve de tous les dictateurs qui ont traversé l’Histoire sur un tas d’hémoglobine : «dictaturer» sans limites, sans verser de sang, ou presque. Faire tout, sans retenue, et sans rendre des comptes. L’absolue chimère du dictateur ! Les dieux de l’Olympe eux-mêmes en ont rêvé, mais ils ont échoué à y arriver pleinement, Zeus en tête. Alors oui, fascination pour cette «possibilité algérienne ». Le système, par un cheminement que les spécialistes – donc toujours pas moi – devront décortiquer, est arrivé à se créer un «climat des affaires de la cité» qui l’autorise à régner sans présence physique du régnant, sans signature génétique de sa cour, encore moins de celle de son successeur. La dictature virtuelle ! Et vous voudriez que je ne sois pas fasciné ? Que je me contente de gronder et de dénoncer ? Que nenni ! Non ! Rendez-vous plutôt au colloque de 2050 sur «Les mystères de la gouvernance micro-casque».
En attendant, je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L. |