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    Post Pousse avec eux By Hakim Laâlam

    Dimanche 02 Aout 2015

    Reculer, c’est mourir, et pas qu’un peu !



    Par Hakim Laâlam
    Email : [email protected]
    pousse.jpg

    Justice. Vers la réduction de la durée de la garde à
    vue. Il est vrai que ça devenait intenable…
    … 40 millions de prisonniers en
    détention depuis 1962 !

    Il y a pire que de perdre une bataille. Il y a ce fait détestable de s’excuser d’avoir eu une bonne idée. Et la ministre de l’Education est presque en train de s’excuser d’avoir eu cette bonne, très bonne idée d’injecter dans le primaire des segments de derja, le parler algérien. Les implications de cette marche arrière sont colossales. On imagine qu’il ne s’agit que de petits entrechats, de positionnements stratégiques et de tactique. Erreur fatale. Chez les islamistes, le compteur de points est en surchauffe. L’islamisme se nourrit de ce genre de renoncements. Il en fait son tableau de chasse. Son mur des «têtes de sangliers abattus». Attention à confondre campagne islamiste orchestrée, manœuvrée et exécutée dans un «parfait» tempo avec un chahut de gamins. Tous ceux qui ont eu recours à ce «concept» de chahut de gamins, qui ont tenté de le bricoler, de le bidouiller se sont cassés la figure, se sont plantés sur l’âge des chahuteurs, sur leur identité politique, sur leurs réseaux, sur les moyens qu’«on» leur a fournis et sur la marge de manœuvre impressionnante dont ils disposent. J’espère me tromper, mais il me semble que Nouria Benghebrit vient de commettre le premier gros accroc dans sa mandature exemplaire de ministre de l’Education. Cela me coûte de l’écrire, car, par principe républicain, par subjectivité passionnelle envers le travail et les compétences des femmes de mon pays, j’aurais tant aimé gommer, effacer, dissoudre ce moment de reculade, de repli vers les «valeurs» consensuelles. Je ne le peux pas ! Lorsqu’on veut apporter la voix de la modernité dans la vieille maison miteuse et bouchée par les poils de l’éducation nationale, on saute par-dessus les barricades et on monte à l’assaut des lignes ennemies. On ne retourne pas en arrière. On ne fait pas sonner la retraite par le clairon des démentis balbutiés. Oui ! La derja à l’école, et je t’emmerde ! Pourquoi devrais-je craindre d’avancer, de faire avancer la famille algérienne si j’étais convaincu d’être épaulé, soutenu, derrière moi ? Y a pas de raison, non ? Ou alors, c’est que dans mes rangs mêmes, dans mon état-major, on me tire par la manche de la veste en me murmurant «Madame la Générale, il nous faut nous replier. Nos troupes se sont aventurées trop loin des lignes sûres. Et le général-major vous demande de regagner la base.» Ah ! Ces lignes que le touriste Amar Ghoul, le mauvais touriste, s’est aussitôt empressé de tracer à sa collègue de l’éducation en lui rappelant que l’arabe classique ne pouvait souffrir de quelque cohabitation que ce soit avec la derja à l’école. Il a raison, le bougre. Il fait le boulot. Son boulot de ministre islamiste. De militant islamiste. De Frère de la Cause. Lui, à la limite, est dans son job ! Mais nous ? Vous ? Vous, donc nous Madame la Ministre qui voulons que nos enfants ne sortent pas de l’école primaire avec une barbe qui traîne déjà jusqu’à leurs pieds savatés, avons-nous encore le droit de revenir en arrière, de faire pire que perdre une bataille ? De nous excuser d’avoir failli en gagner une, majeure ?
    Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.

    Dernière modification par zadhand ; 02/08/2015 à 12h37. Motif: Pousse avec eux By Hakim Laâlam
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    Lundi 03 Aout 2015

    Ministre bidon nommé et reconduit à la laque !

    Par Hakim Laâlam
    Email :
    [email protected]
    Selon Ghoul, «des complots se trameraient contre
    l’Algérie.» Selon moi, que Amar se…

    … taise juste un chouia, et le niveau
    de complots baissera sensiblement !
    En voulant tracer une ligne rouge à sa «collègue» Benghebrit de l’éducation, ligne rouge qu’il lui a conseillée de ne surtout pas franchir en matière de langues à enseigner à l’école, Amar Ghoul s’est montré tel qu’il est : un individu muni d’un bidon de peinture rouge et d’un pinceau dégoulinant de laque vermeille. Ne pas aller, ne surtout pas aller au-delà de cette dimension- là. Un bidon. Un pinceau. Et des mains tachées de… rouge ! Ghoul est là, tout entier. Magnifique syncrétisme du dilemme algérien. Prendre la voie de la recherche, du savoir, du laboratoire permanent à idées, de la centrifugeuse à neurones. Ou alors, emprunter l’impasse, en face, celle des mauvais peintres traceurs de lignes rouges. Je ne veux ni n’ai le pouvoir d’imposer un quelconque choix. Mais il est là. Posé devant nous tous. Le peintre bricoleur. La chercheuse, l’universitaire inscrite dans la modernité et la réflexion. Il faut absolument refuser d’entrer dans des débats académiques avec Ghoul. C’est un principe de base, salvateur. A Ghoul qui voudrait défendre des «constantes nationales et des valeurs intouchables», il faut juste lui rappeler qu’un jour, il devra répondre de tous les morts de l’autoroute Est-Ouest, des marchés passés pour réaliser ce vaste cimetière qui relie – pas encore du reste – El Tarf à Maghnia. Rester à ce niveau de dialogue ! Bark ! Ne pas penser une seconde – que dis-je ? – une tierce de seconde à discutailler avec lui de linguistique et de sociologie du langage. Décemment, Allah yerham babakoum, vous parleriez, vous, de Ferdinand de Saussure à un bidon de laque rouge ? Non, évidemment ! A moins de vouloir passer pour un fou, ou plus grave encore, pour un désœuvré. Comment, d’ailleurs, dialoguer avec un gars qui peut passer des travaux publics, aux transports, puis au tourisme sans ciller d’un poil, tous sourires de la prolongation de son mandat au râtelier, et qui peut échafauder en cinq minutes une stratégie hôtelière comme on creuserait un tunnel dans une colline argileuse, instable, sans études préalables ? Non ! On ne peut pas ! Alors, inlassablement, pour ne pas faire insulte à la chercheuse, à Benghebrit, souligner, souligner et souligner encore la stricte dimension de Ghoul. Son exact volume : un mauvais peintre muni d’un bidon de laque rouge périmée et d’un pinceau aux poils revêches à force d’avoir été promenés sur les parois les plus douteuses, voire les plus crasses de ce pays livré par Abdekka à la secte du vinyle carmin !
    Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.
    Dernière modification par zadhand ; 03/08/2015 à 12h34. Motif: Pousse avec eux By Hakim Laâlam
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    Mardi 04 Aout 2015

    Le syndrome Lacheraf !

    Par Hakim Laâlam
    Email :
    [email protected]
    Djaballah échoue dans sa tentative pour créer un
    nouveau pôle islamiste.
    Oh ! Zut ! Je suis un poil déçu !
    Désolé, mais j'y reviens aujourd'hui. Et s'il faudra y revenir demain et les jours suivants, je le ferai. Inlassablement. Parce qu'il ne peut pas y avoir de lassitude pour tous ceux de ma génération victimes de ce que j'appelle le «syndrome Lacheraf». Combien d'années après son départ du ministère de l'Education et de l'exécutif «commandé» par Boumediène, nous étions nous mordu la lèvre en admettant que nous n'avions pas été assez nombreux, assez forts, assez grognards, assez hurleurs pour soutenir cet immense homme qui voulait déjà à l'époque poser les jalons d'une société ancrée sur le long cours dans le savoir ? Un tas d'années, aujourd'hui encore, à nous lamenter et à nous dire «Ah! Si nous avions su que derrière Lacheraf et ses réformes, il y avait autant d'enjeux !» Je n'ai plus envie de passer mon temps à me lamenter ni à pleurer Si Mostefa. Je veux aujourd'hui, maintenant et demain, grogner, crier et hurler tout mon soutien à la ministre Benghebrit. Et ne me sortez surtout pas les histoires de la neutralité journalistique, du devoir de distance et de l'équité dans le traitement des positions et des idées. Tant que j'occuperai cet espace, tant que le Soir d'Algérie continuera de m'en confier les clés, il n'y aura pas de place ici à l'islamisme, au baâthisme et à la négation de l'algérianité. Demain, ma main sur la figure de tous ceux qui viendront me chanter qu'ils n'ont pas assez soutenu Benghebrit et qui se déclareront, des trémolos dans la voix, désolés de la voir éjectée du poste. Trop tard ! Trop facile ! C'est maintenant qu'il faut faire haies, barrages, herses et coupe-feu face aux aboyeurs à poils. C'est précisément maintenant que mes «amis» de la CNLTD doivent juste un chouia arrêter de faire mumuse avec Guemmazi, Mokri et Djaballah et inscrire la prochaine rentrée scolaire au premier rang de leurs priorités. C'est maintenant, surtout maintenant que les émules de Guemmazi, Mokri, Djaballah et Ghoul ont juré que cette dame ne fera pas la rentrée. Qu'elle la «regardera en spectatrice à la télé» pour reprendre la formule de l'un d'eux. Le syndrome Lacheraf. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

    H. L.
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    Mercredi 05 Août 2015
    Lettres de mon moulin à vent !

    Par Hakim Laâlam
    Email :
    [email protected]
    Le pétrole sous la barre des 50 dollars pour les six prochains
    mois. Quand tu lis ça en français ou en arabe classique. C’est
    déjà terrible. Mais en plus, si on te l’annonce en…

    … Derja, c’est carrément flippant !Mais ! Oh ! Arrêtez de me déranger ! Je lis ma lettre. Celle que vient de m’envoyer Gaïd-Salah ! Non, pas celle de Abdekka postée, elle, il y a une semaine et déjà lue, déjà rangée dans mon immense armoire à lettres officielles. Ils nous écrivent les Frères du Palais et de ses dépendances ! Nous sommes peut-être le peuple au monde à qui le pouvoir local écrit le plus. Une sorte de république populaire épistolaire et postière. C’est d’ailleurs pour ça qu’ils ont nommé une ministre jeune et hyper-dynamique au poste des… postes. Parce qu’il faut être en pleine forme pour gérer toutes ces lettres ! Au final, ça donne des scènes tout à fait normales en Algérie, complètement incompréhensibles à l’étranger. Les rues des villes et villages du pays sont peuplées de citoyennes et de citoyens qui déambulent, vont et viennent et se croisent une lettre à la main. Parfois, ils s’interpellent, surtout lorsqu’ils se connaissent : «C’est la lettre de Gaïd ?» «Non ! Celle-là, je l’ai lue hier soir. Par contre, là, je lis celle de Ghoul sur la langue arabe.» «Ah ! Oui ! Je l’ai reçue un peu en retard. Ce matin seulement, le facteur dans notre quartier étant en congé. Je la lirai ce soir, en rentrant. Mais là, je relis celle de la CNLTD. Puis, comme j’étais absent, je vais ensuite m’attabler à la terrasse d’un café pour lire celle de Ksentini, des droits de l’Homme. Je culpabilise un peu. Son courrier, je l’ai reçu la semaine dernière, mais je n’ai pas eu un moment à moi pour l’ouvrir.» Devant cette révolution dans nos rues, ces pratiques nouvelles de lecture et ce qu’elles induisent comme effets collatéraux, les services communaux ont bien été obligés de suivre, de s’adapter très vite. Eh oui ! Au début, les rues étaient jonchées d’enveloppes vides, froissées, jetées par terre. Ça faisait vraiment grand bazar. Les gens, tout contents de recevoir enfin du courrier, s’empressaient de décacheter leurs lettres, de balancer les enveloppes et de lire goulument les missives. Du coup, pour éviter que nos espaces ne se transforment en vaste dépotoir – ce qu’ils n’ont jamais été, bien sûr ! – les communes ont placé des poubelles à enveloppes. Les citoyens savent maintenant qu’ils peuvent lire les remerciements de Gaïd-Salah sans porter atteinte à l’environnement. C’est une avancée formidable ! D’un point de vue sécuritaire, les autorités se sont également rendu compte d’une augmentation du nombre d’accidents dus à cette lecture de masse. Les collisions entre citoyens absorbés par le contenu des lettres ont connu un bond statistique spectaculaire. Du coup, des plaques signalétiques nouvelles ont fait leur apparition. De belles plaques, ma foi ! Circulaires, fond blanc, elles représentent de manière stylisée un passant lisant une lettre avec une croix tracée dessus. Pour signifier que dans la zone de la plaque, la lecture de tout document par un piéton est strictement interdite. Lorsque le fond est bleu, et que le personnage n’est pas barré d’une croix, la lecture est autorisée. C’est formidable ! Et je ne vous dis pas l’autre bond accompli par la société algérienne depuis que le peuple reçoit sans arrêt des lettres de ses dirigeants. Les Algériens lisent plus ! Et donc, forcément, le niveau de lecture et d’apprentissage de la population s’est très nettement amélioré. Il faudrait juste que les gens du Palais arrêtent de nous écrire tout le temps dans la même langue. Qu’ils innovent là aussi, en nous envoyant des lettres en derja, en tamazight, en anglais, en espagnol, en allemand. Un peuple cultivé et polyglotte. La révolution à la lettre ! Le Che en a rêvé. Abdekka l’a fait !
    Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.

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    Jeudi 06 Août 2015

    La derja pour atténuer la profondeur
    du trou de la sécu !

    Par Hakim Laâlam
    Email :
    [email protected]
    Le roi d’Arabie Saoudite quitte la France pour le Maroc.
    Normal ! Pourquoi se contenter d’une simple plage privée
    lorsqu’on peut avoir à sa disposition…
    … Tout un pays privatisé !
    S’il était venu me le dire dans une langue que je comprends, passe encore ! Mais là, il déboule, se plante devant moi, sûr de son fait et de l’effet qu’il va produire sur moi et m’annonce dans un arabe classique, châtié, châtié jusqu’au sang : «Dans quelques mois, si ça continue comme ça, la sécurité sociale sera en cessation de paiement !» Voilà aussi pourquoi je plaide pour une rapide introduction de la derja. Je suis convaincu que si cette banqueroute de la sécu m’avait été balancée à la figure dans ma langue maternelle — et paternelle du reste — je l’aurais mieux encaissée. Mais en arabe académique, mon Dieu ! J’ai tout de suite eu l’impression d’être très pauvre, et j’entendais presque les percepteurs toquant à ma porte pour les premières saisies. Plus d’argent pour la sécu, plus d’argent pour les retraites, c’est encore jouable en derja. Même si t’zaggat, tu peux encore t’navigui. Mais en arabe de licoule, c’est foutu. C’est la guerre civile, des morts qui agonisent à chaque coin de rue en lâchant, en guise de dernières paroles, des vers d’El-Mutanabbi. Bon Dieu ! J’ai toujours rêvé de clamser en chantant du Hasni pur jus. Et là, on me dit tout bonnement, en arabe barreaudé, que mon rêve ne se réalisera jamais, et que mes enfants ne se pencheront même pas sur mes lèvres tremblotantes pour essayer d’y déchiffrer mon dernier souffle. Et encore ! Là, je n’évoque que le scénario «soft» celui d’une mort rapide, qui me libérerait de toutes ces souffrances. Je n’ose imaginer que je survive au trou de la sécu, et que, vieux, ratatiné, complètement rabougri, j’aille au début de chaque mois à la poste de mon village pour m’inquiéter du versement ou pas de la pension. Avec en face de moi, de l’autre côté du guichet, la même préposée qui me répondrait en arabe blindé «Allah inoub !» Moi, je deviens tout de suite, là, maintenant, sur-le-champ adepte acharné de l’euthanasie, du droit au départ volontaire. Le suicide comme clé à la faillite de la sécurité sociale ! Là, voilà la solution. Me mettre dans le trou, avant de voir s’ouvrir encore plus grand, l’autre trou, celui de la sécu. J’étais presque heureux d’avoir trouvé cette issue radicale lorsque s’est immiscée dans ma tête cette autre angoisse, elle-même enduite d’une couche épaisse de terreur non feinte : et s’ils gravaient ma pierre tombale d’un couplet de Hasni traduit de la derja à l’arabe classique ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.
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    Samedi 08 Août 2015

    La dernière tentation du mufti,
    ou l’avant-dernière, je ne compte plus !

    Par Hakim Laâlam
    Email :
    [email protected]
    Gaïd-Salah remet un prix récompensant une œuvre
    scientifique. Je suppose qu’il doit s’agir d’une thèse
    sur la…

    … longévité ! Gros tapage autour de la visite en Algérie du grand mufti de Syrie. Guest-star, rencontres en rafale et déclaration en mode staccato ! En fond, un message unique que ce saint homme nous a transmis en surlignage fluo visible de loin : «Il faut contrôler vos mosquées et scanner en permanence vos minbars.» Merci pour la grosse découverte ! Mais il me semble que nos chercheurs ont un p’tit chouia devancé leurs confrères des labos syriens. Ici, sur cette portion de terre gorgée de sang depuis des «décennies», nous avions déjà compris que sous le pavé de certaines mosquées, se cachait l’enfer vert. Si j’osais, je nous décernerais le premier dépôt légal de propriété intellectuelle en la matière, celle de ce genre de découvertes. Le Grand Mufti syrien est gentil, adorable tout plein, mais le problème chez nous n’est déjà plus celui des mosquées. Depuis 1999 et jusqu’au jour d’aujourd’hui, la «mouch’kila» ya sidi cheïkh, c’est le Palais. Le Palais régénérateur de mosquées salafistes et subversives. Et puis au-delà de ce strict aspect de porte ouverte défoncée par le Grand Mufti bisounours de Damas, il y a cette maudite méthodologie algérienne du règlement des questions de terrorisme par le recours à l’arme religieuse homologuée, celle des bons imams, des imams conformes aux normes, des imams orthonormés. Tant qu’on ne comprendra pas, ou que l’on fera semblant de ne pas comprendre que les affaires de la cité ne se règlent pas à travers les imams, aussi sympas et guimauves qu’ils puissent être, nous reproduirons les mêmes erreurs mortifères. La religion laissée à sa place, sur les quelques centimètres carrés du prieur, en dimension individuelle, aux portes du palais et des institutions de l’Etat. Voilà ! C’est l’axiome de base pour la récupération urgente des prérogatives de l’Etat abandonnées dans, sur et sous les minbars. Associer la fatwa, fût-elle jugée positive, progressiste, à la gestion de la cité mène tout droit à un mélange des genres fatal. Nous l’avons essayé. Dois-je rappeler cet autre imam, El Karadaoui ? Dois-je rappeler cet autre imam, Al-Ghazali ? Non ! Pas la peine. Les cimetières algériens sont encore tapissés des dommages directs et collatéraux que ces prédicateurs appelés par l’Etat algérien en auxiliaires, en alibi de gestion ont provoqués. Qui aura alors le courage de venir annoncer aujourd’hui aux Algériens la séparation de la mosquée et de l’Etat ? Personne en l’état actuel de nos institutions. Personne en l’ETAT actuel qui nous dirige. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.
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    Dimanche 09 Août 2015

    L’OMC, combien avant J.-C. ?

    Par Hakim Laâlam
    Email :
    [email protected]
    Hollande l’a juré ! La France n’a pas payé de rançon
    pour faire libérer son dernier otage retenu au Yémen.
    Oui ! François l’a juré ! Sur la tête de…

    … Valérie Trierweiler !Le document existe ! Si ! Si ! Je vous jure qu’il existe. Je tiens l’information d’une source infaillible, bourrée de calcium et d’oligoéléments. Un mémo signé de l’émir Abdelkader parle du degré d’avancement des négociations entre l’Algérie et… l’OMC ! Il évoque clairement les difficultés à finaliser notre adhésion à cette Organisation mondiale du commerce. J’ai abordé le sujet avec un ami anthropologue et historien des civilisations, spécialisé dans l’ancien bassin de Numidie. Et il s’est aussitôt mis en colère, évoquant le peu de crédibilité de cette thèse d’un émir Abdelkader qui aurait mené, à travers une délégation choisie par ses soins, les premières négociations avec l’OMC. Selon mon ami, l’Emir n’a fait qu’hériter d’un dossier déjà ancien. Et les vraies prémices de discussions entre l’Algérie et l’OMC remonteraient en fait à l’époque des rois numides. Sauf qu’à la question légitime que j’ai posée à mon ami érudit de savoir quel roi numide précisément est derrière ces premiers contacts avec l’Organisation mondiale du commerce, là, il a semblé hésiter, caler même. Puis, un peu penaud, il a reconnu qu’au jour d’aujourd’hui, au vu des documents en possession des chercheurs et du DRS section «Histoires anciennes» rien ne permet d’affirmer que c’est Juba I, Juba II ou Ptolémée qui a mené les négos ! Donc, on sait plus ou moins que l’OMC et l’Algérie, c’est une romance qui remonte aux Numides, mais quelle époque numide, mystère et boule de gomme. Un mystère déjà bien épais, que je pensais impossible à épaissir encore plus lorsqu’est intervenue Béatrice. Qui est Béatrice ? allez-vous me demander. Voilà ! Vous venez de me le demander, même si je vous ai un peu forcé la main pour le faire. Mais qu’importe, l’essentiel étant que je réponde vite à votre curiosité taraudée et taraudante. Béatrice est une paléontologue de réputation mondiale travaillant dans une unité de recherche suisse. Je l’ai connue lors d’un déplacement en terre helvète pour le centenaire d’Hergé. Et tout benoîtement, alors que nous devisions à la pause-café, elle a appris que je m’intéressais de près à la question de la relation unique, privilégiée et si longue de mon pays, l’Algérie avec l’OMC. Sans se démonter, le plus sérieusement du monde, Béatrice m’a alors révélé que des clichés pris par une équipe de chercheurs en fouilles dans la région du Bas-Tlemcen – à ne surtout pas confondre avec le Haut-Tlemcen, encore moins avec le Tlemcen septentrional — montrent clairement des gravures rupestres dans une grotte, des gravures datant du paléolithique premier et représentant une scène de chasse figurant la mise à mort d’un jeune mammouth nedromi par un chasseur à la chevelure légère et flottant au vent. Et tenez-vous bien, Béa (oui, j’ai fini par l’appeler ainsi, vu une certaine intimité qui s’était installée entre nous) m’a juré que cette gravure rupestre était signée en bas, à droite de trois lettres : OMC ! Alors ? Vous comprenez maintenant que j’en sois historiquement et même préhistoriquement réduit, condamné même à vivre avec ce lourd secret ? Et que je ne tiens finalement qu’en fumant du thé pour espérer rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
    H. L.
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    Lundi 10 Août 2015
    Que mes enfants me pardonnent !

    Par Hakim Laâlam
    Email :
    [email protected]
    Quel est le comble chez Hollande ? C’est d’affirmer qu’il n’a
    pas payé de rançon pour libérer une otage française qui
    s’appelle Isabelle…
    … Prime !
    J’ai sous les yeux un placard publicitaire signé d’une banque privée et invitant les gens ayant des sacs d’argent à venir les mettre en coffre conformément à «l’ordonnance n°15-01 portant loi de finances complémentaire pour 2015». Le reste du texte précise l’entière disponibilité des collaborateurs de cette banque sur l’ensemble du réseau d’agences pour prendre en charge les opérations de versements et d’ouverture de comptes des clients. Le meilleur accueil… et autres gentillesses bancaires du genre clôturent protocolairement ce texte «mémorable». D’autres placards pubs du même calibre câlin signés d’autres banques tout aussi injonctionnées vont très certainement s’afficher dans les heures qui viennent dans les journaux et autres supports. Et j’ai beau me dire que l’amnistie fiscale se veut un moyen de capter les flux informels, de les intégrer dans le circuit de la traçabilité, ça ne passe pas ! Ce dialogue «officiel» entre Etat et fraudeurs fiscaux, cette passerelle de blanchiment montée à la hâte est pire que l’échec des réformes successives du système scolaire dans mon pays. Pourquoi ? Parce que là, tout de suite, immédiatement, en lisant et relisant cette invite à la blanchisserie bancaire, c’est les visages de mes enfants qui me viennent à l’esprit. Ai-je eu raison de leur inculquer, parfois en faisant les gros yeux, voire même en criant les valeurs de la droiture, de l’honnêteté et du respect des règles que la République s’est elle-même édictées ? Finalement, truquer, bidouiller, trafiquer, dissimuler à l’autorité et à la loi, ce n’est pas aussi grave que ce que leur racontait et leur ressassait leur papa gâteux ! De quel foutu droit paternel ou devoir filial pourrais-je me prévaloir pour les avoir ainsi stigmatisés, mis à la marge d’un système qui finit par admettre que la dissimulation et le vol ne mènent pas à la sanction, mais à l’absolution totale, pleine avec ouverture d’un compte en banque nickel au bout, en prime à l’arnaque ? En vérité, ce placard pub, à mes yeux, est en lien direct avec la fraude aux examens de 5e année primaire, du BEM et du baccalauréat. Il est l’alibi collatéral de la nécessité de truander pour s’en sortir dans ce pays. C’est tordu comme cheminement de pensée, mais tout se tient. De la grosse, de la très grosse ch’kara à l’oreillette Bluetooth, c’est exactement le même «code d’accès» à la réussite dans ce pays qui est en marche. Alors, toutes mes excuses. A mes enfants. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

    H. L.
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    Post Pousse avec eux By Hakim Laâlam

    Mardi 11 Août 2015
    Même les dieux de l’Olympe en ont rêvé !

    Par Hakim Laâlam
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    Vaste mouvement à la tête des télévisions d’Etat. De
    nouveaux patrons bientôt désignés pour redynamiser
    l’ENTV, A3, A4, TV Coran, Canal Algérie, …

    … Ennahar TVAu-delà de la suffocation. Au-delà du scandale. Au-delà de la légitime dénonciation, parfois lourde et pleine de slogans, ici même au demeurant. Au-delà des montées aux barricades, poing levé et bave aux lèvres, ici même au demeurant. Au-delà de tout ça, il me reste une fascination. Oui ! Parce qu’un jour, avec du recul, une fois la bave séchée, le poing rangé dans son fourreau et le regard un peu plus adouci, il faudra bien revenir se pencher sur ce qui se passe en ce mois d’août 2015. Un patron des patrons privés, un homme sorti d’une brouette oubliée sur le bitume mal séché d’une route menant à l’impasse, revendique publiquement, sans chercher à maquiller quoi que ce soit, l’effacement des dettes des privés. Un autre homme nous vend comme seule sortie de crise le blanchiment industriel de l’argent de la fraude généralisée. Et pardessus tous ces hommes, un être sans voix, sans existence réelle et prouvée sauf à travers un micro-casque et un bouquet de roses piégées, joue au bowling avec les «restes» du bouclier sécuritaire du pays. Alors oui ! Aujourd’hui, on peut s’offusquer de cet été algérien. Mais demain, faudra revenir colloquer, s’interroger entre gens savants – donc sans moi – sur ce formidable pouvoir donné à cet extraordinaire aréopage de faire ce qu’il fait en ce moment. No limit ! Pas de check-point républicain. Aucune barrière de conscience. Pas trace d’un guichet de contrôle de la qualité de gestion. Seules sont là, au centre de notre monde-village, des herses de l’impensable que le Palais et ses douves adjacentes font reculer jour après jour, guettant d’une oreille presque distraite si la rumeur en bas enfle, puis les reculant plus loin, plus fort lorsqu’ils se rendent à cette évidence qu’il n’y a rien qui enfle en bas, sinon l’ennui d’un pays mort 100 fois en 60 ans ! Ce régime me fascine ! Appelez-ça de la dépravation. Du masochisme. De la chair à psy. Qu’importe ! Il me reste assez de lucidité pour assumer cette fascination. Nous sommes en train de vivre – sans même parfois en prendre conscience – le rêve de tous les dictateurs qui ont traversé l’Histoire sur un tas d’hémoglobine : «dictaturer» sans limites, sans verser de sang, ou presque. Faire tout, sans retenue, et sans rendre des comptes. L’absolue chimère du dictateur ! Les dieux de l’Olympe eux-mêmes en ont rêvé, mais ils ont échoué à y arriver pleinement, Zeus en tête. Alors oui, fascination pour cette «possibilité algérienne ». Le système, par un cheminement que les spécialistes – donc toujours pas moi – devront décortiquer, est arrivé à se créer un «climat des affaires de la cité» qui l’autorise à régner sans présence physique du régnant, sans signature génétique de sa cour, encore moins de celle de son successeur. La dictature virtuelle ! Et vous voudriez que je ne sois pas fasciné ? Que je me contente de gronder et de dénoncer ? Que nenni ! Non ! Rendez-vous plutôt au colloque de 2050 sur «Les mystères de la gouvernance micro-casque».
    En attendant, je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.
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    Post Pousse avec eux By Hakim Laâlam

    Mercredi 12 Août 2015

    Non à la double peine contre nos frères !
    Solidarité avec zawaliya !

    Par Hakim Laâlam
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    Le joueur de foot Slimani arrosé avec du
    champagne à l’issue d’un match. C’est une honte !
    Un scandale ! A-t-on idée de…
    … gaspiller ainsi ce breuvage !
    Arrêtez de vous plaindre, de gémir et de vous lamenter sur le fait que vous allez bientôt raquer, cracher dans le bassinet avec cette histoire de taxe d’habitation généralisée. C’est de l’égoïsme citoyen ! Vous ne pensez qu’à votre petite pomme et à cette feuille brun-roux sur laquelle figure une modeste somme en dinars. Avezvous songé une seconde à vos compatriotes qui, en plus de la lourde charge de vous gouverner, doivent payer deux taxes d’habitation ? Ici et là-bas ? Et là-bas, je vous le signale, ils paient en devises, les pôvres ! Non ! Il faut absolument vous départir de cette position victimaire et sortir de ce cercle nombriliste. Nous comptons parmi nous des malheureux «nommés» aux postes de commande de ce pays et aujourd’hui frappés par la double peine, la double imposition par taxe d’habitation interposée. C’est une profonde injustice ! La LFC, la loi de finances complémentaire, montre là clairement ses carences, ses incohérences et son manque de «professionnalisme ». Comment le législateur financier qui l’a conçue, cette LFC, n’a-t-il pas pensé au cas de figure de Ammar Saâdani obligé, contraint au corps de payer deux taxes d’habitation dans deux monnaies ? Enfin… dans deux monnaies, façon de parler, bien sûr ! Allonsnous rester ainsi, les bras croisés face à cette situation injuste ? Ne sommes-nous pas algériens, que diable ? Ne nous connaît-on pas partout dans le monde pour notre sens de la solidarité ? De la solidarité agissante ? Alors, agissons frères et sœurs ! Et venons en aide à nos compatriotes frappés par la double taxe d’habitation. Lançons à tous les niveaux, dans nos villes et villages, dans les douars les plus reculés, des souscriptions pour ramasser le plus d’argent et aider nos frères de là-haut à régler leurs taxes d’habitation. Surtout celle en euros, en dollars ou en pounds. Et si ça ne suffit pas, n’hésitons pas ! Refaisons le coup de Ben Bella. Exhortons nos femmes, nos sœurs, nos mères, nos compagnes, toutes les femmes valeureuses et solidaires que compte ce pays à hypothéquer leurs bijoux au profit d’une caisse entièrement dédiée au paiement des taxes d’habitation de Ammar El Drabki et de ses compagnons d’infortune. Montrons que dans les moments difficiles, dans les temps de crise et d’injustice fiscale, l’Algérienne et l’Algérien savent être à la hauteur des enjeux. Et surtout, j’insiste là-dessus, n’oublions pas une chose, dans notre élan de solidarité formidable
    prenons le soin, parce qu’en plus, ce n’est pas imposable, de fumer du thé et de rester éveillé à ce cauchemar qui continue.

    H. L.
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