Abdekka félicite Muhammadu Buhari pour son élection à la
tête du Nigeria et se réjouit que ce scrutin se soit déroulé
dans des conditions de transparence, de légalité et de
démocratie exemplaires. Cette déclaration prouve que
Boutef’ n’a pas perdu toutes ses facultés. Il a, au moins,
gardé son…
… sens de l’humour noir ! Le ministre de l’intérieur du système est désormais à créditer d’une invention sublime. Devant les députés, il a qualifié la situation à In-Salah de «presque normale». Moi, pôvre ignare devant l’Eternel, je ne connaissais que deux états possibles à une situation : normale. Pas normale. Grâce au travail novateur du premier policier-inventeur du pays, je sais maintenant qu’il existe un troisième état. Le presque normal ! C’est une sorte de zone non encore répertoriée dans l’espace terrestre, mais pourtant étrangement présente et localisée dans une seule région du monde, l’Algérie. Partout ailleurs, il y a deux possibilités cartésiennes pour qualifier un état de fait. La normale. Et l’anormale. En zone DZ, non ! Nous sommes plus riches que tout le reste du monde. Nous avons le label unique «presque normale». Je suis fier d’être algérien ! Je serais même enclin à prendre un peu de haut le reste de l’humanité qui ne dispose pas de ce label. Les autres nations se morfondent dans les méandres de l’ignorance et de l’âge des glaces, se contentant de deux maigres alternatives, normal, pas normal, alors que nous, pays des lumières et des torchères, sanctuaire des inventions les plus désopilantes, nous nageons en pleine opulence avec cette troisième option, don de Dieu comme dirait Abdekka. Du coup, nous devons nous adapter. Prenez les journalistes. Dans une société à deux alternatives, un éditorial peut se suffire de dénoncer une gestion gouvernementale pas normale. Il peut aussi se féliciter d’un programme d’emploi mené de manière normale. Alors qu’ici, nous pouvons rédiger des éditos et des chroniques à foison sur le plan de relance presque normale, la politique de rigueur presque normale, la relance presque normale de nos investissements hors hydrocarbures ou encore l’exploitation presque normale du gaz de schiste. Oui ! Mes frères ! Prenons la pleine mesure, ou plus exactement la presque pleine mesure de la chance que nous avons, et des envies, ou plus exactement des presque envies que nous suscitons autour de nous. Alors, sans hésiter, tous ou… Presque fumons du thé et restons éveillés à ce cauchemar qui continue. Ou presque !
H. L.
P. S. : Désolé pour mon absence de deux jours en fin de semaine écoulée. Je vous dois une explication. J’ai été victime, moi aussi, comme des milliers d’Algériennes et d’Algériens, ainsi que de nombreux étrangers, de la grève surprise des personnels navigants d’Air Algérie. Coincé à l’aéroport de Zaventem en Belgique, je tenais tout de même à saluer le soutien, sans faille et permanent, durant 48 heures, de l’équipe d’Air Algérie à Bruxelles, à sa tête le chef d’escale Senouci Yacine. Ils ont sué sang et eau pour trouver une solution à notre retour au pays dans les délais les plus brefs. Jour et nuit, au complet, ils sont tous restés à nos côtés. Jusqu’à l’embarquement au pays. Qu’ils en soient ici remerciés.
Le fumeur de thé |