Football. Une bonne et une mauvaise nouvelle pour les
Verts. Belkalem forfait pour la CAN.
Et la mauvaise nouvelle ?C’est en travaillant avec l’équipe du journal sur la page Periscoop et cette info sur la prochaine cérémonie de remise de la médaille du mérite Al Athir à Annie Steiner que nous sommes tombés sur ces autres infos. En fait d’infos, il s’agissait plus de faits passés presque inaperçus, enregistrés, puis oubliés. La combattante, la moudjahida Annie Steiner, principale rédactrice d’une foultitude de textes de lois de l’Algérie indépendante, œil de rapace qui a veillé toute sa vie sur la tenue, la correction et l’«in altérité» de ces documents sacrés va être «enfin» distinguée en… 2015. Zinedine Zidane, footballeur d’origine algérienne, de nationalité française et ayant joué toute sa carrière en équipe de France a été décoré de la médaille Al Athir par Bouteflika en décembre 2006. Mohamed El-Baradeï, ex-patron de l’Agence internationale de l’énergie atomique, de nationalité égyptienne, aussi proche de la Maison-Blanche que peut l’être l’index du majeur a été récipiendaire de la même médaille Al Athir en janvier 2007. Bien sûr que Zizou aime le pays dont sont originaires ses parents. Bien sûr que El-Baradeï a été prix Nobel de la paix. Mais Annie ? Oui, mon Dieu, Annie Steiner ? Il fallait donc que ma petite Annie attende 2015, un footballeur certes de génie, mais un footballeur et un agent des Américains, pour pouvoir enfin accéder à cette médaille ? A la suite seulement de ces illustrissimes distingués de la RADP ? Beaucoup de ceux qui paradent en ce moment au Palais, qui y font encore les coqs malgré leur grand âge, qui pérorent dans la langue de Voltaire se sont fait taper sur les doigts un jour ou l’autre par Annie lorsqu’ils massacraient allègrement les règles des deux verbes qui se suivent et du second qui se met à l’infinitif. Beaucoup de ceux qui arborent aujourd’hui, jusqu’à vous aveugler, des rosettes et des médailles sur les revers de leurs jolies vestes coupées chez des couturiers anglais n’osaient pas lever les yeux sur Annie du temps où Annie transcrivait, avec d’autres justes, les fondements de la législation algérienne. Mais je sais aussi que dans un instant, peut-être cette matinée, ou en après-midi, Annie va m’appeler pour m’engueuler, me tirer les oreilles de l’avoir ainsi «mise en avant», d’avoir évoqué ces épisodes. Elle n’aime pas les lumières artificielles des salons clinquants, ma grande Annie. Mais elle sait aussi, Annie que je suis une tête de cochon. Excuse-moi alors Annie d’avoir enfreint ta sacro-sainte règle de la discrétion. Mais que veux-tu ! Il m’insupporte au plus haut point d’apprendre que toi, Annie, mon Algérie aux yeux d’émeraude, tu vas avoir ta médaille Al Athir après Zizou. Et il m’insupporte encore plus fort de savoir que El-Baradeï l’a eue, lui aussi, avant toi. Aïe ! Aïe ! Doucement, mon Annie, avec mes oreilles. Tire, mais pas trop fort. Elles ont encore besoin de t’écouter me conter l’Algérie confisquée. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L. |