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Vue hybride

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    Post Pousse avec eux By Hakim Laâlam

    29 Décembre 2014

    La ceinture ! Lehzam ! Essebta !

    Par Hakim Laâlam
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    Mesures d’austérité sans précédent en Algérie. Parce
    qu’il la juge trop coûteuse, Abdekka annule purement
    et simplement la procédure…
    … d’extradition de Chakib Khelil !
    Les deux hommes sont en bas de chez moi. Les mêmes que les jours précédents. Du moins, je le suppose. Lunettes noires. Costumes noirs. Cheveux noirs pour l’un. Pas de cheveux pour l’autre. Ils sont postés aux grilles béantes qui marquent l’entrée de ma cité. De vieilles grilles rouillées qui ne protègent plus de rien depuis longtemps, mais qui délimitent encore symboliquement la zone de nos barres d’immeubles avec le champ de choux-fleurs voisin. Je remets discrètement en place le rideau de la fenêtre du salon, mon poste d’observation. Mon nid d’aigle qui me sert à repérer les «Contrôleurs». Je ne me rappelle plus précisément quand le Palais a mis en place les brigades des Contrôleurs. En 2014, je crois. Oui, ça me revient ! C’était en décembre de cette année maudite de 2014. Fin décembre plus exactement. Sans prévenir, des patrouilles de deux hommes avaient fait leur apparition aux entrées des domiciles le matin très tôt, et en fin de journée, vers 17 heures. Les binômes vous accostaient dès votre sortie de l’immeuble ou à votre retour chez vous. Au début, les premiers jours de ces contrôles inopinés, je me souviens de la surprise des gens ainsi abordés. Une surprise qui avait d’ailleurs viré à la colère. Et dans certains cas, fort nombreux au cours du premier trimestre 2015, au drame, puisque des morts et des blessés avaient été enregistrés. Des associations de défense des droits de l’Homme s’étaient bien fendues de communiqués de protestation, mais la diffusion de ces communiqués était restée anecdotique, le papier ayant cessé d’être importé officiellement la nuit du 31 décembre 2014. Puis, de morts en enterrements, d’emprisonnements en bannissements après des jugements expéditifs et des condamnations en désobéissance civile et en rébellion à l’ordre nouveau, les gens avaient fini par céder. Ils s’étaient habitués à rester près d’une heure, parfois plus, dans la queue occasionnée par les Contrôleurs. Des députés avaient tenté lors d’une cession historique du Parlement de proposer un texte de loi qui doublerait les brigades ou qui instituerait des quatuors de Contrôleurs à la place des binômes afin d’alléger les séances de fouilles au corps. Mais entre-temps, à l’intersession, l’APN, devenue trop coûteuse, avait été dissoute. Et les députés, privés alors de leur immunité, ont dû, eux aussi, à leur tour se plier aux Contrôles. «On s’habitue à tout, finalement !» me suis-je dit en remontant mon pull de quelques centimètres et en tâtant la boucle de mon ceinturon. L’agrafe était à la bonne encoche. Le trou numéro 5 décrété officiellement la veille, lors du journal télévisé comme celui en cours de validité jusqu’à nouveau décret. J’avais mis un temps fou ce matin tôt à serrer ma ceinture afin de l’ajuster aux recommandations du Maître des Ceintures. Mais j’y étais arrivé, finalement ! Je pouvais maintenant sortir, quitter mon immeuble et me prêter à la fouille. En priant tout de même secrètement pour que les Contrôleurs ne sentent pas dans mon haleine que j’avais, juste auparavant, chez moi, après le petit-déjeuner virtuel, fumé du thé pour tenter de rester éveillé à ce cauchemar qui continuait.
    H. L.
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    Post Pousse avec eux By Hakim Laâlam

    30 Décembre 2014
    Après vous, chers walis !

    Par Hakim Laâlam
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    L’Algérie appelle l’Opep à baisser la production. Un
    appel en…
    … PCV !
    Tout le monde demande une enquête sur les conditions du malaise, puis du décès du wali de Annaba. Tout le monde sauf… les walis. J’ai entendu des femmes et des hommes politiques exiger cette enquête. J’ai entendu des avocats exprimer la même exigence. J’ai entendu des associations de droits de l’Homme dire la même chose. Je n’ai pas encore entendu un seul wali en exercice balbutier qu’il fallait enquêter sur ce drame pour en finir avec les pressions insupportables que ce corps de métier subit des potentats locaux. Et puisque la mode est à s’extasier devant le modèle tunisien, je rappelle que lorsque les conditions des plaidoiries ont été touchées, rognées sur les derniers jours du règne de Ben Ali, les robes noires n’ont pas hésité à sortir des prétoires et à aller faire sit-in, se salir un peu les semelles des mocassins et braver la soldatesque et la flicaille avenue Habib-Bourguiba. Chez nous, tout le monde affirme que les walis vivent un enfer de pressions. Encore une fois, je le répète, tout le monde sauf les principaux concernés, les walis eux-mêmes. La presse ne va pas déposer plainte à la place des walis ! Ce n’est pas son rôle. Par contre, la presse peut tenter d’informer l’opinion sur la volonté ou non de la famille du défunt de demander une enquête. Et les walis en exercice ? Vont-ils attendre de se voir débarqués, d’être mis d’office à la retraite ou dans un garage chauffé par la rente pour se l’ouvrir enfin, parler, révéler qu’ils ont subi des pressions inimaginables, humainement horribles ? Pourtant, s’il y a pressions aussi atroces, et pas seulement à Annaba, c’est maintenant qu’il faut le dire. En Tunisie – encore ce pays – les commis de l’Etat ne se sont pas cachés derrière l’obligation de réserve et les interdictions de manifester. Ils ont bravé cette barrière psychologique et pseudo-légale pour dire en bloc leur mal-être. Alors oui ! La seule question qui me semble mériter d’être posée aujourd’hui chez nous est celle-là : puisque tout le monde s’accorde sur la stature exceptionnelle du défunt wali de Annaba, sur son combat contre les lobbys maffieux, sa mémoire et son parcours ne méritent-ils pas que le corps des walis en exercice fasse enfin bouger les lignes de la corruption en levant un pan de ce voile de la honte qui les enserre comme un linceul ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.
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    31 Décembre 2014
    Bonne année, hachakoum !

    Par Hakim Laâlam
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    C’est quoi ce pays où l’on retire de la circulation les
    vieux billets de 200 dinars, mais pas les…
    … très très très vieux Présidents !
    Réagir à la crise, c’est bien ! Organiser un comité restreint autour de la chute des cours du brut et de la cata à venir, c’est très bien. Mais organiser deux réunions de crise en moins d’une semaine, ça commence à poser des problèmes, messieurs du château ! Je vous rappelle que l’objectif, c’est de faire très vite des économies, de mettre en place des mesures d’austérité très austères. Si vous nous organisez tous les jours ou presque un comité de crise, et même s’il est restreint, c’est de la dépense ! Les mecs et les nanas que vous convoquez en votre Palais pour «criser » avec vous, il faut toute une logistique pour les réunir. Il y a les voitures qu’ils utilisent. Les bons d’essence qu’il faut «brûler» pour les transporter jusqu’au lieu de réunion. Et bien avant d’arriver à bon port, il y a les désagréments qu’occasionnent leurs cortèges officiels et hurlants sur les routes. Des retards pour les quidams qui vont au boulot et qui se retrouvent bloqués. Donc, une perte de productivité. Donc, un manque à gagner. Donc, plus d’argent puisé dans les réserves pour compenser les pertes. Donc, du flouss gaspillé. Une fois autour de la table de crise, et je l’ai bien vu sur les images, ce n’est pas des plateaux repas du Croissant-Rouge qui leur sont servis aux «criseurs» ! Eau. Café. Thé. Jus. Gâteaux. Que du must, dans chaque catégorie de produit. J’ai une télé en HD, et j’ai vu, de mes yeux vu les pulpes de vraie orange surnageant dans les carafes. Une orange à près de 150 dinars le kilo, je le rappelle. J’ai même cru sentir un peu l’odeur du café à travers mon écran, et c’est du bon, du corsé. S’il n’y avait que ça ! Bien sûr que non ! Y a le surplus de travail auquel on oblige le châtelain adoré et chéri. Plus ils le contraignent à organiser des comités de crise, plus il va se fatiguer, solliciter son cœur déjà fort malmené et — **Dieu l’en préserve — devoir être à nouveau évacué vers Paris, Grenoble ou Genève. C’est donc des dépenses, encore des dépenses engendrées — le comble — par des réunions censées nous faire économiser de l’argent. De qui se fout-on, je vous le demande ? En fait, non ! Je ne vous le demande même pas. Parce que si je vous le demande, vous allez prendre sur votre temps de travail pour me répondre. Provoquant ainsi une baisse de la productivité notable, puisque vous êtes tellement, tellement nombreux à me lire tous les jours. Et du coup, je serais moi aussi accusé d’aggraver la crise. Alors, non ! Je me contente juste de vous souhaiter une bonne année. Un souhait-mensonge comme celui-là, ça ne devrait pas trop grever le budget national, mais juste vous rappeler le geste qui sauve, même en 2015 : fumer du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
    H. L.
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    03 Janvier 2015
    53 ans de navigation droit
    dans l’iceberg !

    Par Hakim Laâlam
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    [email protected]
    Vous êtes bien passés en 2015 ! Et celui qui vous gouverne
    était déjà ministre de la Jeunesse, des Sports et du Tourisme
    en 1962. Non, ne me remerciez surtout pas.



    C’est mon cadeau pour
    la nouvelle année !
    On a dû leur dire que leur apparition lors du mini-comité de crise a foutu les chocottes à tout le monde. Que la mine qu’ils affichaient tous, autour de cette table a dû emplir les foyers des Algériens de profonde terreur. Il est vrai que lorsque j’ai vu la tronche du châtelain, entouré des tronches des «ministres restreints» et du gouverneur de la Banque d’Algérie, j’ai eu peur. Ils m’ont foutu les foins, les bougres, et je m’attendais à voir les brigades du FMI frapper à ma porte pour me ponctionner ma dernière paie dissimulée dans mon bas de laine troué. Depuis, et face à l’effet désastreux de cette com’, il semble que le mot d’ordre nouveau soit au «rassurage». Conseil des ministres un peu plus élargi. Pour respirer un chouia, donner du volume. Et Boutef’ qui dit en gros : «Nous avons les moyens de nous en sortir. Cette crise peut être une aubaine pour nous employer à construire une économie plus diversifiée.» Stop ! Vous arrêtez là la lecture de la chronique en elle-même, vous remontez vos mirettes tout en haut. Non ! Pas le titre ! Juste en dessous. L’épigraphe. La petite phrase d’entame. Oui ! C’est cela ! Vous l’avez relue ? Ce n’est pas assez rappelé. C’est parfois oublié. Et c’est même totalement inconnu chez beaucoup de nos jeunes. Le gars qui affirme sans rougir que l’Algérie, malgré la chute vertigineuse des cours du pétrole peut s’en sortir en diversifiant son économie, ce gars-là, pas un sosie, pas un clone, pas un homonyme, non, ce gars-là à l’identique était déjà ministre de la Jeunesse, des Sports et du Tourisme en 1962, dans le premier gouvernement de Ahmed Ben Bella. Maintenant, vous pouvez reprendre le fil de la chronique. En ayant tout de même fait le calcul : 2015 moins 1962. ça donne 53 ! 53 ans dont plus de la moitié passés au pouvoir, au pouvoir direct, aux commandes du bateau ivre pour celui qui, aujourd’hui, nous susurre dans son micro-ampli qu’il «faut diversifier notre économie, privilégier d’autres pistes que les hydrocarbures, et ainsi, nous passerons sans encombres cette crise». Je ne sais pas pour vous, mais moi, j’ai un problème avec ce genre de promesses, de prophétie ayant traversé le siècle. Un problème très simple. Pas compliqué pour un sou dévalué : je n’arrive pas à croire un mec qui me dit que l’iceberg en face n’est pas aussi dangereux qu’on le pense, alors que c’est lui le capitaine qui a navigué droit dans l’iceberg ! Et qui aura sûrement quitté le rafiot avant qu’il ne coule. Avec nous, au fond de la cale. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.
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    04 Janvier 2015
    L’ordre du mérite bafoué !

    Par Hakim Laâlam
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    [email protected]
    Football. Une bonne et une mauvaise nouvelle pour les
    Verts. Belkalem forfait pour la CAN.

    Et la mauvaise nouvelle ?C’est en travaillant avec l’équipe du journal sur la page Periscoop et cette info sur la prochaine cérémonie de remise de la médaille du mérite Al Athir à Annie Steiner que nous sommes tombés sur ces autres infos. En fait d’infos, il s’agissait plus de faits passés presque inaperçus, enregistrés, puis oubliés. La combattante, la moudjahida Annie Steiner, principale rédactrice d’une foultitude de textes de lois de l’Algérie indépendante, œil de rapace qui a veillé toute sa vie sur la tenue, la correction et l’«in altérité» de ces documents sacrés va être «enfin» distinguée en… 2015. Zinedine Zidane, footballeur d’origine algérienne, de nationalité française et ayant joué toute sa carrière en équipe de France a été décoré de la médaille Al Athir par Bouteflika en décembre 2006. Mohamed El-Baradeï, ex-patron de l’Agence internationale de l’énergie atomique, de nationalité égyptienne, aussi proche de la Maison-Blanche que peut l’être l’index du majeur a été récipiendaire de la même médaille Al Athir en janvier 2007. Bien sûr que Zizou aime le pays dont sont originaires ses parents. Bien sûr que El-Baradeï a été prix Nobel de la paix. Mais Annie ? Oui, mon Dieu, Annie Steiner ? Il fallait donc que ma petite Annie attende 2015, un footballeur certes de génie, mais un footballeur et un agent des Américains, pour pouvoir enfin accéder à cette médaille ? A la suite seulement de ces illustrissimes distingués de la RADP ? Beaucoup de ceux qui paradent en ce moment au Palais, qui y font encore les coqs malgré leur grand âge, qui pérorent dans la langue de Voltaire se sont fait taper sur les doigts un jour ou l’autre par Annie lorsqu’ils massacraient allègrement les règles des deux verbes qui se suivent et du second qui se met à l’infinitif. Beaucoup de ceux qui arborent aujourd’hui, jusqu’à vous aveugler, des rosettes et des médailles sur les revers de leurs jolies vestes coupées chez des couturiers anglais n’osaient pas lever les yeux sur Annie du temps où Annie transcrivait, avec d’autres justes, les fondements de la législation algérienne. Mais je sais aussi que dans un instant, peut-être cette matinée, ou en après-midi, Annie va m’appeler pour m’engueuler, me tirer les oreilles de l’avoir ainsi «mise en avant», d’avoir évoqué ces épisodes. Elle n’aime pas les lumières artificielles des salons clinquants, ma grande Annie. Mais elle sait aussi, Annie que je suis une tête de cochon. Excuse-moi alors Annie d’avoir enfreint ta sacro-sainte règle de la discrétion. Mais que veux-tu ! Il m’insupporte au plus haut point d’apprendre que toi, Annie, mon Algérie aux yeux d’émeraude, tu vas avoir ta médaille Al Athir après Zizou. Et il m’insupporte encore plus fort de savoir que El-Baradeï l’a eue, lui aussi, avant toi. Aïe ! Aïe ! Doucement, mon Annie, avec mes oreilles. Tire, mais pas trop fort. Elles ont encore besoin de t’écouter me conter l’Algérie confisquée. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.
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    Post Pousse avec eux By Hakim Laâlam

    05 Janvier 2015
    Wakha Moulay !


    Par Hakim Laâlam
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    [email protected]
    C’est tout de même intrigant de ne pas avoir droit à une
    fatwa contre les pétards au Mouloud Ennabawi de la part
    de…
    … Hamadache et de Chemsou
    Mohamed Nebbou, premier secrétaire tournant du FFS vient de le déclarer : «l’armée doit rester à l’écart du jeu politique». Avant lui, d’autres leaders ont au contraire appelé au retour de l’ANP dans le jeu politique. Entre les deux, d’autres personnalités ont suggéré aux bidasses de revenir dans le jeu politique, mais pas trop. C’est l’occasion pour moi d’un coup d’un gueule que je retiens depuis quelque temps déjà et dont je suis obligé de me débarrasser aujourd’hui si je ne veux pas terminer avec des aphtes plein la bouche. Oui ! Un coup de gueule, et surtout une pensée solidaire pour ce militaire que l’on malmène comme un vieux torchon de cuisine. Un coup, on lui demande de sortir de sa caserne, on le harnache avec barda et armement et on l’envoie musarder dans le champ politique, batifoler dans les prairies civiles. Un autre coup, on l’interpelle en pleine cueillette des baies sauvages et des fraises des bois et on lui crie dans l’oreille qu’il est temps qu’il quitte tout çà, qu’il regagne sa caserne. Une fois revenu dans son cantonnement, il s’apprête enfin à déguster ses fraises cueillies plus tôt et à faire des confitures avec ses baies sauvages lorsque sous son balcon vert reviennent encore d’autres «demandeurs». Et que lui demandent cette fois-ci les demandeurs ? De ressortir, et d’investir à nouveau les prairies grasses ! M’enfin ! C’est pas fini de jouer avec les nerfs de ce pôv’ bidasse ? Vous ne voyez pas qu’il n’en peut plus de mettre sa tenue, de l’enlever, de charger son fusil, de le décharger et de le démonter, de déplier sa tente, de la replier, de sortir de sa caserne, d’y rentrer aussitôt ? Vous allez finir par me l’énerver. Et il va poser son sac à mi-chemin. Entre le portail de la garnison et la clôture de la prairie civile. Juste assis sur son sac à dos. Sourd à ceux qui l’invitent à les rejoindre. Sourd à ceux qui l’implorent de rentrer chez lui. Dans le gué ! Bien au milieu. Précisément au milieu, les calculs de l’équipe du Génie faisant foi. Et oui ! Il est bien obligé de faire ça, le bidasse, d’adopter cette attitude. Parce que s’il cédait à toutes les sollicitations contraires, s’il se rendait à cette tournante, il finirait par s’épuiser, par s’effondrer de fatigue. Essayez, vous, de sortir, de rentrer, de rentrer, puis de sortir de chez vous, sans arrêt. Sans arrêt du processus électoral ! Au bout de quelques allers et retours, vous vous retrouveriez avec la langue pendante à terre. J’en connais qui se frotteraient alors les mains de voir notre bidasse sans jus, vidé, essoré, crevé de sortir et de rentrer. Wakha Moulay ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.

    Nombre de lecture : 1695
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    Par Hakim Laâlam L’usine à gaz ! Email : [email protected] Pour faire face à la crise et dans le cadre des mesures d’austérité, Le Palais exclut totalement l’éventualité d’une… … Présidentielle anticipée. Trop coûteuse ! On avance ! On avance ! Je suis content ! Nous avançons enfin dans le dossier des restrictions à mettre en œuvre pour faire face à la Crise. La majuscule est de mise, tellement la Panique au Palais est grande. Oui ! Panique aussi garde sa majuscule. Pourquoi j’affirme avec enthousiasme que nous avançons ? Parce que j’apprends que deux commissions viennent d’être installées officiellement pour dresser la liste des restrictions à l’import. C’est un bon début ! Un début conforme à tous les débuts de processus en Algérie. Car à l’origine de l’Algérie, il y a la commission ! Et là, comble du bonheur nous en avons deux de commissions. Maintenant, une fois la joie enregistrée, il faut passer à la phase deux. Trouver un siège aux deux commissions. Ou plutôt deux sièges. Deux commissions, deux sièges, c’est beaucoup mieux ! Ensuite, il faut absolument doter les deux commissions de sous-commissions. Une commission sans sous-commission, c’est comme un couscous sans cardes, comme Laurel sans Hardy, comme Ghoul sans boîte noire à bercer et à cajoler ! Une fois les deux commissions dotées de plusieurs sous-commissions multisectorielles, il faut une instance de coordination inter-commissions. C’est bien beau d’avoir deux commissions installées dans deux sièges différents, mais qui va faire jonction entre les deux, hein ? Une coordination, bien sûr. Un siège pour la coordination ne serait pas de refus ! Parce que je veux bien que l’on me dise que les gens de la coordination vont passer le plus clair de leur temps à aller et venir entre les deux sièges des deux commissions, mais à un moment ou à un autre, il faut bien qu’ils se reposent, qu’ils marquent une pause, qu’ils se… posent quelque part, les coordinateurs, n’est-ce pas ? Non ! Là par contre, il n’est pas franchement nécessaire de doter l’instance de coordination de sous-commissions. Ça serait de la gabegie ! Des dépenses inutiles. Et un contresens terrible. Car je vous rappelle que l’objectif des deux commissions officiellement installées, c’est de dresser une liste des produits à ne plus importer. Si ! Si ! Je vous assure. Relisez le début de la chronique et vous verrez. En même temps, si vous avez perdu le fil, c’est un peu de ma faute. J’aurais dû penser à mettre en place une sous-commission de rappel des faits. Elle siègerait… disons… en milieu de chronique. Ainsi, vous seriez informés, à mi-chemin, de l’objet initial du propos d’ensemble. Ce qui ne m’exonère pas cependant de la mise sur pied d’une commission d’évaluation du thème du jour. Celle-ci interviendrait en fin de chronique. Pour la synthèse. Bon, ben là, je crois que nous sommes complètement parés pour faire face à la crise. Ne nous reste qu’à fumer du thé pour espérer rester éveillés à ce cauchemar qui continue. H. L Nombre de lecture : 1695
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    07 Janvier 2015

    Des secrets du bois et de ses dérivés, dont le parquet !

    Par Hakim Laâlam
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    Messali, héros ou traître ? Je serais curieux de savoir ce
    qu’en pense…

    … Chakib Khelil !
    Avant, lorsque mon chemin croisait celui d’un morceau de bois, je m’en foutais un peu. Je ne me demandais même pas par quel miracle un morceau de bois pouvait marcher et me croiser. «Mais ça, c’était avant» pour paraphraser la pub. Aujourd’hui, je sais que le bois est une matière vivante. Il est animé, quoi qu’on puisse penser de son apparence inerte. C’est d’ailleurs pour ça que la plupart des produits dérivés du bois étonnent parfois ceux qui les utilisent ou qui vivent dedans ou qui marchent dessus. Prenez le parquet ! Et demandez à n’importe quel quidam qui a un revêtement parquet bois chez lui. Bon, d’accord, je vous l’accorde, n’importe quel quidam ne dispose pas de parquet bois à la maison. Parce que le bois est cher. Il a un prix, et c’est souvent le prix fort. Mais ne chicanons pas. Vous finirez bien par tomber sur une connaissance qui foule du parquet bois chez lui tous les jours. Peut-être vous-même, si vous en avez les moyens. Avez-vous remarqué ce phénomène étrange ? Le parquet peut observer de longues, de très longues périodes d’inertie totale. Rien ! Vous aurez beau marcher dessus, et même sautiller fort, le piétiner sur le mode sumo, pas un bruit, pas l’ombre d’un craquement. Du bois mort ! Du moins, le croyez-vous. Si vous tentez cette expérience en été ou en automne, recommencez-là en hiver. Disons en janvier. Au début du mois de janvier. Et là, Oh ! Surprise ! Dès vos premiers pas un peu appuyés sur le bois, dès que vous vous essayez à quelques entrechats, le parquet réagit. Il grince. Ces lattes pourtant serrées se distendent et laissent échapper entre leurs rais des couinements clairement perceptibles. Le parquet parle, ma parole ! Miracle de la matière ! Magie du bois, de son langage et de sa langue tellement complexe et capricieuse. Pourquoi le parquet parle-t-il en certaines périodes et se tait-il en d’autres ? Quelle est la saison préférée pour les bavardages du parquet ? Qui décide quand le parquet doit parler et quand il lui est enjoint de se taire, de ne pas bouger d’une écharde ? De bonnes questions pour qui veut comprendre les phénomènes étranges qui régissent dame nature, pour qui se donne la peine de traquer l’âme des bois, leur essence profonde, celle qui les fait carburer un temps et hiberner un autre temps. De là à conclure de manière hâtive en affirmant, comme le font certains, avec une légèreté déconcertante que le «bois est une matière noble», je ne le ferais pas. Il m’est arrivé d’entendre certains parquets bavarder, et je puis vous assurer qu’il n’y avait rien de noble dans leurs diatribes. Que dire alors du langage encore plus vert de ceux qui commandent la parole des parquets ? Rien ! Je ne dirais rien ! Car des yeux d’enfants parcourent souvent l’espace de cette chronique. Et il est de notoriété publique qu’il ne faut jamais laisser un enfant seul dans les bois. Il pourrait finir en lattes de parquet ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.
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