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Vue hybride

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    Post Pousse avec eux By Hakim Laâlam

    22 Décembre 2014

    Personne ne s’est parlé, c’est juste
    nous qui entendons des voix !

    Par Hakim Laâlam
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    [email protected]
    Quel bilan tirer de la journée «Sans achat» ? Je
    n’en sais rien !
    Je n’ai pas acheté le journal !
    Mouloud Hamrouche est catégorique : je ne me suis pas adressé à l’armée. L’armée est catégorique : le nom de Hamrouche n’a pas été cité une seule fois dans l’éditorial. C’est bien ! Grâce à ces éclaircissements, je vois déjà la lueur blanche au bout du couloir. Nous ne sommes plus très loin de la sortie du tunnel de la crise. Si Mouloud n’a pas adressé la parole à l’ANP. Et Si Edito n’a pas contraint au corps l’encre d’El Djeïch à coucher de force sur papier docile et discipliné le nom de Hamrouche. C’est capital de le savoir ! Le fait que les deux parties ne s’adressent pas la parole, ça va influer directement sur le quotidien des Algériens. Imagine que tu te sois réveillé en ne sachant pas vraiment si Hamrouche avait parlé en dirigeant sa bouche directement vers le bâtiment du MDN, ou bien si l’armée avait répondu encore plus directement à cette bouche tournée vers elle, en postillonnant dedans, par
    exemple ? Tu n’aurais pas été bien, n’est-ce pas ? Tu aurais passé une mauvaise journée, yek ? On ne peut pas être frais, dispos et de bonne humeur si l’on ne connaît pas exactement la nature des échanges entre les deux. Là, maintenant, ma tartine grillée avec un peu de beurre dessus aura meilleur goût, car je sais. Je sais, vous savez, ils savent ! Nous savons tous qui a parlé à qui. Et surtout qui n’a pas parlé à qui. Ce qui nous change tout de même de la période où, paraît-il, nous ne savions pas qui tue qui. Aujourd’hui, il y a une évolution notable qu’il serait irresponsable de bouder, d’ignorer. Et puis, par-dessus tout, il faut surmonter ses propres croyances. Prenez les miennes ! Oui, je sais qu’il y a abus de position dominante, puisque j’évoque ici mes croyances. Mais les privilèges du chroniqueur étant de plus en plus rares, de plus en plus discutés et disputés, je profite de ce qui m’en reste, avant de ne plus en avoir. Et donc, entre autres croyances, celle-là : je pensais réellement, mordicus, que Si Mouloud s’était adressé à l’ANP. J’ai cru, grand bêta que je suis, que Hamrouche avait posté un message aux bonhommes verts. Et encore plus idiot de ma part, j’ai cru lire une réponse des bonhommes verts à l’homme plus très vert, que Dieu lui accorde encore longue vie. Eh ben j’avais tout faux ! Comme quoi, tout de même ! Avec l’âge, la baisse de l’acuité, celle du capital neurones, les premiers gros symptômes de fatigue mémorielle, on pense avoir lu ou entendu un truc. Et on se rend compte que non ! Mais ce n’est pas grave, au fond. Ce qui compte, c’est que les deux nous aient confirmé ne pas s’être adressé la parole mutuellement. Quelqu’un pourrait m’indiquer l’adresse d’un bon ORL. Voire même d’un psy ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.
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    Actualités

    Afin de parer à la baisse des prix du pétrole
    Limiter les subventions des importations, comme première solution

    Malgré un taux de participation moyen
    Une élection présidentielle qui confirme l’exception

    Après plus de trois mois de mobilisation
    Les intendants obtiennent gain de cause et gèlent leur grève

    IL PORTE LA DÉNOMINATION D’«AVANT-GARDES DES LIBERTÉS»
    Benflis dépose, «enfin», le dossier d’agrément de son parti

    Après ceux de l’est, du sud et de l’ouest
    Sidi-Saïd plébiscité par les congressistes de la région du Centre

    Fatwa contre l’écrivain Kamel Daoud
    Le café littéraire de Béjaïa exige le jugement du semeur de la mort

    Communiqué
    Offre super promotionnelle au départ d’Alger

    Service national
    L’engouement des jeunes est assez important

    RÉUNION D’URGENCE CHEZ BOUTEFLIKA CE MARDI
    5 mesures pour affronter la crise

    Périscoop
    La déroute de la SNCM
    Qui a acheté les avions réformés ?
    Retard
    Régions
    Le Soir de l’Ouest
    TLEMCEN
    Sept milliards de dinars pour les Hauts-Plateaux

    Le Soir de l’Est
    Santé
    Le 6e forum paramédical international se tient à Sétif

    Le Soir du Centre
    Clôture du 10e salon automobile de Béjaïa
    Entre satisfaction et grincements de dents

    Sports
    Portugal
    Ronaldo inaugure une statue à son effigie sur son île natale

    Coupe d’Algérie seniors (32es de finale)
    MOC-ESS repoussé au 24 décembre

    CA Bordj Bou-Arréridj
    Hadj Mansour claque la porte

    Geiger nie tout contact avec la JSK
    Moh-Chérif Hannachi (président de la JSK) :
    «Ciccolini n'ira nulle part»

    JS Kabylie
    François Ciccolini : partira, partira pas ?

    Dans une déclaration faite au journal L’équipe
    Feghouli encourage Fékir à opter pour les «Verts»

    Supercoupe d'Italie : ce soir (18h30) à Doha, Juventus Turin-Naples
    Ghoulam vise son deuxième titre avec les Napolitains

    Le «Ballon d’or Algérien» lui sera décerné ce soir à Alger
    Brahimi, cette étoile algérienne !

    Basket-ball : coupe d’Afrique des clubs champions messieurs
    Le CRD Libolo (Angola) sacré

    Championnat d'Algérie (cadets)
    133 pugilistes en course pour les titres à Boumerdès

    En prévision des échéances internationales de 2015
    Les équipes nationales algériennes se préparent

    AIBA pro boxing (3e Journée)
    Chadi (64 kg) battu de justesse par l'Allemand Harutyunyan Artmen

    Chronique du jour

    DIGOUTAGE
    BHL et Kamel Daoud

    Corruptions
    La Banque africaine de développement exclut une entreprise chinoise de tous marchés publics
    LUTTE CONTRE LA CORRUPTION AU «PAYS DES HOMMES INTÈGRES»
    Préparer les journalistes dès la base

    Transparence dans les industries extractives
    Ce qui va changer au 1er janvier 2015 en France avec la nouvelle loi

    BURKINA FASSO
    Vers la traque des biens mal acquis

    Culture
    ACTUCULT
    Le coup de bill’art du Soir
    Marx et nous

    Oran
    Parution d’un ouvrage sur l’expérience d’écriture collective dans le 4e art national

    Film Loubia hamra de Narimane Mari
    Télescopage insolent entre libération et liberté !

    Cahier cubain d’un retour de mémoire (1)
    Femme magazine
    Gâteau moelleux aux noix
    Croustade en pommes d’or
    Côté cuisine : le poivre noir
    Bon à savoir
    Une cuisine en toute sécurité

    Ces petits «plus» beauté
    Arrêter de se ronger les ongles, c’est possible


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    Post Pousse avec eux By Hakim Laâlam

    23 Décembre 2014

    La gérontocratie ou l’intégrisme, le choix mortifère !

    Par Hakim Laâlam
    Email :
    [email protected]
    Abdekka réunit un cabinet restreint autour de la
    question de la chute des cours du pétrole. A quoi
    doit-on s’attendre ? Je n’en sais rien ! Je ne me…
    … mêle jamais des questions de budget familial !
    On a beau me dire que Béji Caïd Essebsi, c’est l’anti-Ennahda, c’est l’échec aux islamistes en Tunisie, c’est la chance donnée à ce pays de rester dans le giron démocratique, de ne pas céder au diktat des frères barbus, je n’y arrive pas ! Un mec de près de 90 ans, le plus vieux Président en exercice dans le monde, ça ne passe pas ! Cette Tunisie magnifique de jeunesse n’a pu nous sortir de la boîte que ce vieux monsieur ? La Tunisie et avec elle son voisin algérien sont-ils condamnés à la «stabilité gérontocratique» ? Pour ne pas sombrer dans le chaos, peuples du Maghreb, donnez-vous des chefs centenaires ! Slogan terrible d’une destinée pavée de couches, de seringues, de potences à perfusions, de pyjamas, de pantoufles, de mains tremblotantes, de regards hagards, d’avions médicalisés, d’évacuations urgentes qui alternent avec des urgences évacuées, tues et censurées. A 88 ans passés, tu ne gouvernes plus un pays. Tu t’excuses plutôt auprès de tes enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants de leur faire endurer le calvaire quotidien de ta décrépitude. A près de 90 ans, tu rêves de monter, de t’élever. Pour te soulager. Et soulager ceux qui souffrent de t’accompagner quotidiennement. A quelques encablures du siècle, tu fais ce que font les gens sages, c’est-à-dire tout, sauf gouverner un pays de jeunes. Et c’est à travers cet angle, justement, que je refuse comme anormal ce deal présenté en seule alternative, celui du «vieillard progressiste» qui vaut mieux que le «quinquagénaire intégriste». Je pensais cette révolution assez belle, assez forte, assez créatrice et assez unique pour déboucher sur un tabou enfin cassé : ni le vieux ni le barbu ! Le vendeur à la sauvette valait au moins cette issue-là. Et pas un vénérable octogénaire qui ne donne pas envie. Aucune envie, sauf celle d’ouvrir les fenêtres pour éviter d’étouffer, celle de tomber le costume, d’enfiler le jean vite fait et de danser de façon endiablée sur l’avenue Bourguiba pour dire avec son corps qu’un peuple jeune n’a pas besoin d’un patriarche à soigner, mais d’un leader apte à sillonner le pays tout le temps pour en tâter le pouls et en ressentir la température. Non ! Décidément, Béji Caïd Essebsi, ça ne passe pas. Avec lui, j’ai cette désagréable impression que les poussières ont mal été faites, ou pas du tout. Que les meubles ont été juste déplacés de quelques centimètres, alors que la rue demandait le changement du mobilier de fond en comble. Mais bon, il paraît que c’est cela, la démocratie au Maghreb. Des jeunes qui meurent pour que d’autres jeunes élisent un centenaire aux yeux déjà vitreux et aux rêves enfouis sous les ruines de Carthage. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.
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    Post Pousse avec eux By Hakim Laâlam

    24 Décembre 2014

    Même avec toute la bonne volonté du monde !

    Par Hakim Laâlam
    Email :
    [email protected]
    Algérie-Tunisie. Tête-à-tête Boutef’-Béji Caïd Essebsi. Une
    rencontre sponsorisée par…
    … Audika, Widex, Starkey, ReSound,
    Oticon, Bernafon…
    Y a des matins comme ça, tu te dis «wallah qu’aujourd’hui, après la douche, après le petit-déjeuner, je sors, mais en laissant chez moi mon éternel pessimisme, mon côté grincheux rémunéré et j’affronte l’extérieur avec un esprit dopé à l’hormone positive». Une fois au bureau, une fois ton deuxième café avalé et les brumes encombrant ton cerveau partiellement levées, tu tombes sur quoi ? Sur le régime qui se… défroque face aux importateurs de voitures. Sur le Palais incapable de faire passer une loi régissant mieux le commerce de guimbardes. Et là, tu es obligé de faire le constat : en sortant de chez toi, tu as du mal à vider tes poches de tout ton capital «mauvaise humeur et cynisme». Il t’en reste encore des miettes, des pièces de petite monnaie. Alors, autant les utiliser, n’est-ce pas ? Comment faire confiance en des dirigeants incapables d’édicter leurs lois à des vendeurs de bagnoles ? Comment voulez-vous que demain, apprenant qu’une haute délégation de mon pays va négocier encore une fois les intérêts algériens dans le cadre de l’OMC, je puisse réellement prendre la démarche au sérieux ? C’est impossible ! Concessionnaires autos, berk, et ils ont reculé en quatrième vitesse ! Que dire alors lorsqu’ils auront en face d’eux des voltigeurs du commerce et de la finance internationale autrement plus et mieux outillés que des gestionnaires de show-rooms et de cartons jaunes ? Et cet exemple vaut pour tous les autres secteurs. Comment nommer à la tête de l’ensemble des transports algériens, surtout aériens et maritimes, quelqu’un qui n’a même pas pu terminer une route, qui tenait une boîte noire comme on maternerait un mioche ou qui est allé inaugurer une barque de
    promenade ? Bon Dieu de bonsoir ! C’est tout de même un comble cette Dawla qui s’agenouille devant des vendeurs d’autos ! Que l’on me dise «l’Algérie est en négociations serrées et difficiles avec l’ONU sur les procédures de vote au Conseil de sécurité, sur le pouvoir exorbitant des membres permanents de ce Conseil et sur l’aberration du processus de veto qui bloque la planète entière et accroît les zones de tension, je comprendrais aisément que le sujet soit tellement sensible que mon pays peine un peu, bataille, s’accroche, parfois recule, mais tienne bon dans cette noble cause. Mais face à un garagiste, yal' khawa ? Tounoubil ! Karroussa ! H’dida ! El loto, c’est tout ! C’est pas un plan national de développement de nos futures explorations spatiales, ni notre programme nucléaire pour les cinquante prochaines années. Juste une affaire de concessionnaires de voitures. Et même là, ils ont abdiqué. Alors, excusez-moi de me montrer vachement sceptique, de redevenir ce que je suis, ce que ne peux pas être, autrement : GRINCHEUX ! Tout en fumant du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
    H. L.
    Nombre de lecture : 2565
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    Post Pousse avec eux By Hakim Laâlam

    25 Décembre 2014

    Réunions hyper-restreintes
    pour intérêts ultra-particuliers !

    Par Hakim Laâlam
    Email :
    [email protected]
    Ce cri du cœur lancé hier soir, lors du réveillon de la Saint
    Sylvestre par un Algérien résidant à Neuilly :

    «Le père Noël existe !»
    Maintenant, nous savons de manière documentée et précise ce qui peut les faire bouger, ce qui leur fait peur au point de sortir le patriarche de son tête-à-tête avec son fauteuil et l’amener à travailler quelques minutes, images à l’appui. La terre peut trembler des dizaines de fois, des murs s’effondrer, des blessés s’entasser dans des polycliniques, rien. La pomme de terre peut tutoyer les stars et revendiquer d’avoir son nom composé gravé sur le trottoir en granit rose-gris d’Hollywood, rien ! Un cinéaste, un écrivain ou une universitaire peuvent être menacés de mort, rien ! Mais il suffit que le prix du pétrole chute pour que la trompette retentisse du haut du pic du Donjon, que le Roi soit vite entouré de ses plus proches sujets et que l’on fasse déclarer par les hérauts que «la République est en danger !». A quoi ça tient tout de même le degré de conscience du danger chez nos dirigeants. A l’odeur des derricks ! Et rien qu’à ça. Plus l’odeur s’éloigne, se raréfie, plus nos chers, très chers, trop chers dirigeants font des découvertes «stupéfiantes». Il s’en trouve qui découvrent enfin l’agriculture. Si ! Si ! Je vous assure ! J’ai écouté, éberlué, un ministre affirmer, sans honte aucune, qu’il «fallait rendre à la terre sa vocation première, la production agricole». Il est vrai que jusqu’à ce choc pétrolier, la terre agricole algérienne était la seule terre au monde à produire de drôles de fruits et de légumes : des cités-dortoirs ! Un autre ministre, encore sous le coup de l’émotion, nous a appris que le Président Bouteflika avait appelé son comité vachement restreint à réduire le train de l’Etat. D’abord, une précision : je n’ai jamais vu l’Etat dans un train, fût-il luxueux ! Et même après cet appel du châtelain à réduire le train de vie de l’Etat, j’ai, de mes yeux, vu le même Etat et ses démembrements innombrables quitter et regagner le Club-des-Pins en limousines menant grand… train, sirènes de protection hurlantes ! Petite parenthèse : celui qui dirige l’Etat-Forage en comité hyper-restreint devrait commencer par s’appliquer à lui-même les réductions et économies ordonnées à ses ministères. Je ne l’ai pas entendu, ni lui directement ni son lecteur officiel de communiqués annoncer que le mégaprojet de Mosquée d’Alger avait été abandonné. Rien ! Pour une raison toute bête, au fond. L’Etat-Forage nous bourre le mou, encore une fois. Paniqué, certes, il se réunit en comité ultrarestreint, mais c’est juste pour étudier les mesures extra-restreintes qui l’aideront lui – et pas nous – à tenir jusqu’à la remontée des cours du pétrole. C’est prévu à partir de janvier 2015. Je prends le pari. L’année prochaine, les terres agricoles retrouveront comme par miracle leur «vocation naturelle», les barres d’immeubles, les commerces et les usines des potes et des cousins ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.
    Nombre de lecture : 2390

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    Post Pousse avec eux By Hakim Laâlam

    27 Décembre 2014

    Bougez, toubib, bougez loin !

    Par Hakim Laâlam
    Email :
    [email protected]
    Chute des prix du pétrole. Première mesure specta-
    culaire de réduction des dépenses prise par
    Abdekka. Au lieu de 155…
    … mètres de hauteur, le minaret de la Grande
    Mosquée d’Alger sera ramené à 154 mètres.
    Bravo !
    C’est son médecin français qui le dit, pas moi ! Selon le professeur Jacques Monségu, cardiologue qui soigne Abdekka depuis ses premières évacuations au Val-de-Grâce, et maintenant dans la clinique de Grenoble, notre raïs chéri lui aurait fait cette déclaration enflammée : «Partout où vous serez, j’irai !» Je lis cette révélation, et je la relis. Et au bout de la 2 547e lecture, j’ai une demande à faire, une supplique à transmettre au docteur Monségu : s’il vous plaît toubib, allez loin ! Bougez tout le temps, avec une seule contrainte que nous vous demandons de respecter, bouger le plus loin possible. La terre est vaste ! On pense la connaître, l’avoir parcourue, mais on se trompe. Il y a toujours des coins merveilleux à découvrir, ya t’bib ! Sortez des sentiers battus. Quittez les endroits standardisés. Ne vous fiez pas aux prospectus qui vous vendent des séjours clés en main en Espagne, en Italie, en Grèce ou à Malte. Clichés et stéréotypes ! Quand on veut réellement bouger, changer d’air, il ne faut pas hésiter à aligner les kilomètres, à allonger les distances. Et puis, là, je n’aborde que le volet «bougeage d’agrément », séjours de vacances et de repos. Imaginez ce que serait bouger dans un cadre professionnel pour un cardiologue de votre trempe. En Amazonie, au fin fond de l’Amazonie, et pas seulement aux portes de l’Amazonie, des tribus entières, inconnues parfois de la civilisation, même pas recensées attendent de voir pour la première fois un médecin. N’est-ce pas là une perspective exaltante pour quelqu’un qui a juré sur la tête d’Hippocrate de soigner là où se trouve le mal ? Qui sait ? Peut-être qu’en allant au bout du monde de l’opposé de chez nous, y rencontrerez-vous une nouvelle vocation. Le professeur Monségu qui intégrerait Médecins du monde, ça en jetterait, vous ne trouvez pas ? Moi, je trouve ! Je trouve tellement que si l’Amazonie ne vous tente pas vraiment, j’ai à votre disposition toute une liste de zones de la planète qui seraient ravies d’accueillir un médecin de votre envergure. Les deux pôles ! Le Nord. Ou le Sud ! Moi, je n’ai pas de préférence. A vous de voir ! Là-bas, les Esquimaux inuits souffrent souvent du cœur, à cause de fléaux comme l’alcoolisme. Ça serait pour vous un terrain idéal de travail et d’opérations. Bougez toubib, bougez ! Plus vous bougerez, plus il vous suivra partout, et plus nos cœurs à nous ne s’en porteront que mieux. Nous pourrons alors sans grand danger fumer du thé pour rester éveillés à ce cauchemar qui continue.
    H. L.
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    28 Décembre 2014


    Plus fort ! Et dans le cornet, SVP !

    Par Hakim Laâlam
    Email :
    [email protected]
    Sellal : «En 2015, les recrutements seront gelés.»
    Et après, là-haut, ils se demandent pourquoi le
    peuple est en…

    … froid avec ses dirigeants !
    C’est gentil, ça ! Béji Caïd Essebsi, le tout «frais» Président tunisien qui nous réserve sa première sortie à l’étranger. En même temps, je comprends son geste. A 88 ans, il ne pouvait prendre le risque de voyager trop loin de son Palais, de rester longtemps dans un avion suspendu. L’Algérie comme première destination, c’est prudent. Une fois qu’il se sera testé sur une courte distance, ses médecins pourront alors aviser pour la suite. Pousser plus loin. En France, par exemple. Avec cette assurance qu’en France, en cas de pépin, il y aura toujours moyen de parer à une urgence. Reste que pour cette visite de BCE chez nous, il y a tout de même un minimum de choses à préparer. Et vite ! Il faut une nouvelle équipe de traducteurs. Que viennent faire les traducteurs dans un tête-tête entre deux chefs d’Etat parlant la même langue ou presque ? Je sais, ça semble bizarre, mais à partir de 80 ans et plus, l’expérience a montré qu’il est nécessaire de faire appel à des traducteurs de… silence, de blancs interminables et de regards perdus dans le vide hagard des yeux de l’interlocuteur. Et ce genre de traducteurs existe. C’est rare, mais ça existe. Il faut aussi des coussins. Des coussins hyper-rembourrés. Ceux qui servent habituellement au Palais d’Alger ne suffiront pas, parce que prévus pour le seul cas de figure de notre octogénaire à nous. Sauf qu’avec BCE, on passe à 88 fois deux, ce qui fait 176 ans. Donc, obligation de doubler là aussi l’épaisseur des coussins pour atténuer la douleur des escarres due à un entretien forcément plus long. Ah ! Oui ! Autre chose ! Les piles. Bien sûr, les piles. Prévoir double ration de piles. Entretien plus long, piles qui s’usent plus, donc, là aussi double ration de piles. Faudrait surtout pas que l’on se retrouve avec le micro-ampli de Abdekka et l’aide auditive de BCE qui tomberaient en panne au même moment ! La catastrophe ! Et ce qui serait encore plus catastrophique, ça serait de ne pas prévoir un second lit dans l’avion médicalisé ! Tant que ce n’est qu’une question de traducteurs de silence, de coussins à rembourrer ou de stock de piles à recharger, ça va. Mais si les deux Octos ont un malaise au même moment, comment on fait ? On ne va tout de même pas les coucher dans le même lit ! Et donc, dernière précaution, rajouter un lit dans l’avion-ambulance. Pour le reste, y a plus qu’à prier. Tout en souhaitant la bienvenue à BCE et à la Tunisie renaissante dans leur deuxième pays, l’Algérie éternelle. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.
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    Post Pousse avec eux By Hakim Laâlam

    29 Décembre 2014

    La ceinture ! Lehzam ! Essebta !

    Par Hakim Laâlam
    Email :
    [email protected]
    Mesures d’austérité sans précédent en Algérie. Parce
    qu’il la juge trop coûteuse, Abdekka annule purement
    et simplement la procédure…
    … d’extradition de Chakib Khelil !
    Les deux hommes sont en bas de chez moi. Les mêmes que les jours précédents. Du moins, je le suppose. Lunettes noires. Costumes noirs. Cheveux noirs pour l’un. Pas de cheveux pour l’autre. Ils sont postés aux grilles béantes qui marquent l’entrée de ma cité. De vieilles grilles rouillées qui ne protègent plus de rien depuis longtemps, mais qui délimitent encore symboliquement la zone de nos barres d’immeubles avec le champ de choux-fleurs voisin. Je remets discrètement en place le rideau de la fenêtre du salon, mon poste d’observation. Mon nid d’aigle qui me sert à repérer les «Contrôleurs». Je ne me rappelle plus précisément quand le Palais a mis en place les brigades des Contrôleurs. En 2014, je crois. Oui, ça me revient ! C’était en décembre de cette année maudite de 2014. Fin décembre plus exactement. Sans prévenir, des patrouilles de deux hommes avaient fait leur apparition aux entrées des domiciles le matin très tôt, et en fin de journée, vers 17 heures. Les binômes vous accostaient dès votre sortie de l’immeuble ou à votre retour chez vous. Au début, les premiers jours de ces contrôles inopinés, je me souviens de la surprise des gens ainsi abordés. Une surprise qui avait d’ailleurs viré à la colère. Et dans certains cas, fort nombreux au cours du premier trimestre 2015, au drame, puisque des morts et des blessés avaient été enregistrés. Des associations de défense des droits de l’Homme s’étaient bien fendues de communiqués de protestation, mais la diffusion de ces communiqués était restée anecdotique, le papier ayant cessé d’être importé officiellement la nuit du 31 décembre 2014. Puis, de morts en enterrements, d’emprisonnements en bannissements après des jugements expéditifs et des condamnations en désobéissance civile et en rébellion à l’ordre nouveau, les gens avaient fini par céder. Ils s’étaient habitués à rester près d’une heure, parfois plus, dans la queue occasionnée par les Contrôleurs. Des députés avaient tenté lors d’une cession historique du Parlement de proposer un texte de loi qui doublerait les brigades ou qui instituerait des quatuors de Contrôleurs à la place des binômes afin d’alléger les séances de fouilles au corps. Mais entre-temps, à l’intersession, l’APN, devenue trop coûteuse, avait été dissoute. Et les députés, privés alors de leur immunité, ont dû, eux aussi, à leur tour se plier aux Contrôles. «On s’habitue à tout, finalement !» me suis-je dit en remontant mon pull de quelques centimètres et en tâtant la boucle de mon ceinturon. L’agrafe était à la bonne encoche. Le trou numéro 5 décrété officiellement la veille, lors du journal télévisé comme celui en cours de validité jusqu’à nouveau décret. J’avais mis un temps fou ce matin tôt à serrer ma ceinture afin de l’ajuster aux recommandations du Maître des Ceintures. Mais j’y étais arrivé, finalement ! Je pouvais maintenant sortir, quitter mon immeuble et me prêter à la fouille. En priant tout de même secrètement pour que les Contrôleurs ne sentent pas dans mon haleine que j’avais, juste auparavant, chez moi, après le petit-déjeuner virtuel, fumé du thé pour tenter de rester éveillé à ce cauchemar qui continuait.
    H. L.
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