Algérie. Encore un scandale ! Le mouton mangé
par…… Chakib Khelil est mort ! Je sais qu’on n’en mourra pas, très certainement pas. Du moins de manière directe, mais tout de même. Se dire qu’il y a des Algériennes et des Algériens qui sont nés au moment où le problème de la pelouse du stade du 5-Juillet se… posait déjà, ont vécu avec ce problème toujours posé et mal posé et sont morts, enterrés, laissant la pelouse du stade du 5-Juillet en l’état, c’est-à-dire franchement détériorée. Plus crument, il y a des citoyens de ce pays, des contribuables qui, durant toute leur chienne de vie, ont payé des impôts, un IRG d’enfer, et qui n’ont jamais vu la pelouse du stade du 5-Juillet praticable ! Soub’hane Allah ! Encore une fois, je ne dis pas que la balance commerciale de l’Algérie va s’en trouver équilibrée et ses joues plus roses si cette question de la pelouse du 5-Juillet était enfin et définitivement réglée demain, mais quand même ! Pelouse, bark ! Un rectangle d’herbes plus ou moins folles que nous n’arrivons pas à dompter depuis la construction de ce stade, l’enlèvement du revêtement synthétique d’origine et son remplacement sous les «Law’lawi !» par une pelouse dite «naturelle». En gros, «jardina», un jardin, pas une forêt amazonienne dont il s’agirait de soigner l’herbage malade. Eh ben ce bout de gazon, nous n’y arrivons pas ! Ces quelques mètres carrés, nous calons dessus. Des vies durant. J’en viendrais presque à prier de voir un jour ce stade enfin pourvu correctement en revêtement et sur la durée. D’ailleurs, aussitôt le point final mis à cette chronique, je m’en vais rédiger une lettre. Une sorte de testament. Dans lequel j’implore Raouraoua ou son successeur de m’accorder une faveur. Que ma procession mortuaire, le fourgon dans lequel on aura fourré ma viande refroidie, puisse faire un crochet par le stade du 5-Juillet avant ma dernière halte, mon terminus au cimetière. Exaucez ce vœu, Président ! Je vous promets que sous mon linceul, discrètement, sans gêner personne, en guise de remerciement pour ce fantasme enfin assouvi, je fumerai voluptueusement du thé pour rester éveillé six pieds sous terre à ce cauchemar qui continue.
H. L. |