Le jour où notre dinar chaussera des skis…
Le 09 Juillet 2016
Le jour où notre dinar
chaussera des skis… |
| http://www.lesoirdalgerie.com/articl.../09/pousse.jpg |
|
Accidents de la route. 2 morts dans le renversement
d’un camion frigorifique. En même temps, dans toute
situation, il faut voir le bon côté des choses. La…
… chambre froide est déjà là !Des miettes de makrout de l’Aïd encore collées à leur moustache, les experts financiers vous le confirmeront pourtant: le dinar continue sa glissade. Il glisse ! Il glisse ! Il glisse inexorablement. Ouvrez n’importe quel journal sérieux, ce qui ne devrait pas constituer une tâche ardue ni ne vous prendra trop de votre temps, et vous y lirez que «le dinar a encore glissé de façon spectaculaire ces dernières heures». Et c’est là que, moi, je me pose la seule question qui vaille à mes yeux de myope d’être posée : comment se fait-il qu’avec un dinar qui glisse aussi bien, aussi vite, aussi longtemps et avec autant d’abnégation, nous soyons parmi les pays les plus nuls de la planète en ski ? Après la RASD, bien sûr ! Plus crument, comment, avec une monnaie locale aussi forte en glisse, les sports de… glisse en Algérie en soient à ce point à la traîne, comme sur une luge sans
patins ? Des coachs qui ont ainsi appris au dinar à glisser d’aussi belle et constante manière devraient pourtant pouvoir promouvoir les disciplines de glisse auprès des jeunes et des moins jeunes chez nous. Descente aux enfers pour descente aux enfers, qu’est-ce qui nous empêche alors de triompher dans tous les concours de descente que comptent les circuits internationaux ? Je dirais même plus, nous devrions être craints par toutes les nations «skieuses» dès l’apparition de l’une ou de l’un des nôtres sur une piste. Les glissades de notre dinar sont en théorie une garantie de gloire dans tous les géants et autres critériums de coupe du monde de ski. Mais dans les faits, concrètement, le dinar n’est même pas arrivé à nous assurer un seul globe de cristal dans toute notre histoire toujours pas écrite de la glisse mondiale. Je le vis mal. Très mal. Et je dois bien l’avouer, je glisse même dans une forte déprime. Un seul truc pourrait m’aider à remonter la pente sans tire-fesses. Des assises nationales sur le dinar, sa glisse inexorable et les remèdes à cette situation glaçante. Des assises qui se tiendraient tout naturellement à Tikjda ou à Chréa, bien sûr ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue. H. L. |
Il faut tuer le soldat Benhadid !
Le 11 Juillet 2016
Il faut tuer le soldat Benhadid !
|
| http://www.lesoirdalgerie.com/articl.../11/pousse.jpg |
Par Hakim Laâlam
Email : [email protected] |
C’est ce jeudi que le nouveau coach des Verts, le
Serbe Milovan Rajevic, devrait animer sa 1re conférence
de presse. Que va-t-il dire d’important ?«Merci ! Merci beaucoup ! Merci très beaucoup !» Je ne vois pas pourquoi ils se compliquent la vie. Il y a pourtant moyen d’en finir plus rapidement avec le soldat Benhadid. Il y a même moyens. Au pluriel de ces moyens tellement nombreux dans la trousse à outils du Palais pour bricoler une fin à cette histoire sordide. Le soldat Benhadid peut se tirer deux balles dans le dos avec l’arme de son médecin militaire à qui il l’aurait subtilisée pendant une auscultation. Deux balles dans le dos, c’est une forme de suicide courante chez nous. Oh ! Ne dites pas non ! Quand on «boumaârafise» un Président en public, dans une salle de… théâtre, et devant les caméras, on peut aussi suicider de deux balles dans le dos ! Ou alors, la ceinture ! Oui ! La ceinture accrochée au lustre de la cellule. C’est bien ça, la ceinture du général Benhadid attachée au lustre de sa cellule. Bon, bien sûr qu’il y aura toujours des tatillons pour se demander ingénument par quel miracle la ceinture du soldat Benhadid aura refait son apparition en cellule alors qu’elle était censée lui avoir été retirée avant son enfermement. D’autres maniaques du mobilier carcéral feront sûrement remarquer que les cellules ne sont pas équipées de lustres. Mais avec tout ça, comme avec la promotion du théâtre à Bône, on peut toujours s’arranger. En groupe, ou en acte isolé. Alors, pourquoi ne pas en finir maintenant avec le soldat Benhadid ? Ça éviterait tellement de tracas administratifs. Une dixième, puis une onzième, puis une 3 890e demande de remise en liberté. Elles-mêmes et elles toutes suivies d’autant sinon plus de refus. Non, franchement, y a moyen d’abréger la vie du soldat Benhadid. A moins, bien sûr, que dans les murs du Palais, ou dans ceux d’une autre bâtisse se voulant elle aussi demeure royale et Palais encore plus fastueux que l’original, on tienne coûte que coûte à maintenir encore en vie, le plus longtemps possible, ce bon vieux soldat Benhadid. Auquel cas, ça devrait faire chaud au cœur à ce brave soldat Benhadid de savoir que quelqu’un, quelque part, tienne autant à le garder en l’état. En «vie». Ah ! Ces amis que l’on ignore ! Et qui se révèlent sur le tard. Au crépuscule des vautours.
Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L. |
L’homme que tout le monde savait tout de son épopée et que là, y a plus rien !
Le 13 Juillet 2016
L’homme que tout le monde savait tout
de son épopée et que là, y a plus rien !
|
| http://www.lesoirdalgerie.com/articl.../13/pousse.jpg |
Par Hakim Laâlam
Email : [email protected] |
Scandale ! Plus d’un demi-siècle après sa disparition,
l’Algérie n’a toujours pas exigé la restitution du crâne
de…… Cheb Khaled ! Quelqu’un peut me dire ce qu’il devient ? Ce qu’il fait ? Où il est en ce moment ? Il n’y a pas si longtemps, je savais tout de lui. Du moins, on m’informait à la minute près du moindre de ses déplacements. S’il passait une mauvaise nuit, on me le racontait au réveil, me précisant même la taille exacte des cernes autour de ses beaux yeux couleur «Vert-Benjamin-Franklin». S’il sortait en costume pour faire ses courses dans les zaouïas, on me bombardait de photos détaillant toutes les coutures du costume, les revers et les ourlets de sa vie tellement en souffrance depuis qu’il avait dû quitter précipitamment, tout à coup, soudain, sans préavis ni poste restante, sa belle ville d’Oran. La moindre incursion d’un nouveau burnous, d’une jolie kachabia dans son dressing m’était signalée aussitôt par des alertes sur mon téléphone portable. Une télé plus particulièrement me narrait avec force détails ses exploits au maquis, à un âge où Ali La Pointe, dégoûté par l’avenir en profilage de l’Algérie, avait préféré se faire exploser dans un grand éclat de rire, comme un pied-de-nez au hold-up en préparation, comme une nique au destin déjà confisqué. S’il buvait du lait pasteurisé et des dattes à peine décongelées et d’origine tunisienne contrôlée, je le savais. S’il amenait dans sa belle limousine présidentielle de location des mets délicats et des boissons doucereuses à partager avec de vieux gardiens de sectes oubliées, j’étais mis au courant. S’il parlait de cours du brut, des solutions pour accroître notre production de pétrole et de gaz et s’il analysait tout cela dans la cour d’une bâtisse en toub revisitée et rehaussée de tentures vertes recouvrant un fantôme fédérateur, le tout m’était retransmis en reportages en boucle. Et là, depuis quelques jours, plus rien ! Je ne sais plus rien de Chakib Khelil. On ne me dit plus un mot sur le meilleur revenant qu’ait connu l’Algérie depuis 1962. S’il vous
plaît, donnez-moi des nouvelles de Chakib le Magnifique. Dites-moi au moins que vous ne l’avez pas oublié, ou fait oublier dans une zone de transit express d’un aéroport du pays tourmenté. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L. |
Chadi ! Madi ! Ouvert ! Chadi ! Madi ! Fermé ! Jakadi apaisement !
Le 14 Juillet 2016
Chadi ! Madi ! Ouvert ! Chadi ! Madi !
Fermé ! Jakadi apaisement ! |
| http://www.lesoirdalgerie.com/articl.../14/pousse.jpg |
Par Hakim Laâlam
Email : [email protected] |
Selon une étude très sérieuse, les femmes se marient
moins en Algérie. En même temps, faut les comprendre. T’as vu la gueule des mecs ? Surprenante position que celle-là ! Se poster devant les portes d’un pénitencier, d’une prison, et évaluer le «niveau de détente» dans le pays à travers un prisme. Un seul. Ah ! Ils viennent d’entrebâiller le portail et je vois une mince silhouette en sortir. Ça veut sûrement dire que les choses s’apaisent, n’est-ce pas ? Ah ! Zut ! Le portail vient de se rouvrir, et on vient d’y engouffrer trois nouvelles silhouettes aux contours un peu flous. Je pense que cela traduit un raidissement certain là-haut. Tiens ! Regarde aux étages de la prison. Y a des détenus qui nous font signe et agitent même des serviettes de plage en signe de bienvenue à l’été. Ça ne peut vouloir dire qu’une chose, que le régime lâche du lest. Oh ! Zut ! Y a des matons qui fouillent les cellules et qui confisquent toutes les serviettes de plage. Et le conseil de discipline du pénitencier vient de condamner tous ceux qui ont agité des serviettes de plage par leurs fenêtres à la corvée de… sable. Je ne peux en tirer qu’une seule conclusion : les choses vont mal là-haut, et la succession ne se fera pas sans heurts majeurs ! En gros, nous frémissons au moindre grincement de gonds d’une lourde porte de prison. Et nous sommes devenus experts, maîtres ès-lectures et interprétations du langage des portails de prisons. C’était prévisible ! C’est ce qui arrive généralement dans un pays où, déjà, les acteurs politiques de premier plan doutent de l’identité de celui qui s’adresse à eux en signant ses adresses de la griffe présidentielle. Schizophrénie galopante. Le Président ne parle plus. Il écrit. Il fait lire. Et nous nous demandons ensuite en boucle s’il a bien écrit lui-même ce qui a été lu par un autre. Ou alors, fatalistes, nous nous disons que c’est juste une voix cachée derrière un rideau qui dicte à tout le monde le menu du jour. En bas de cette échelle branlante de l’interprétation de l’avenir de l’Algérie, il y a donc cette nouvelle posture, cette niche d’observation qui vient «enrichir» notre grille d’interprétation : le portail de prison et les mouvements de ses battants. Fermés ! Ouverts ! Ouverts ! Fermés ! Il est tout de même dommage que dans un pays baignant dans une aussi belle lumière, bénéficiant d’un tel ciel azur, en cette période plus particulièrement, nous n’ayons rien d’autre à observer au cours de nos journées moroses que le portail capricieux d’un pénitencier. Chadi ! Madi ! Ouvert ! Chadi ! Madi ! Fermé. Jakadi Apaisement ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
|
La 5e colonne ? La prochaine à droite, au tournant de la 4e !
Le 17 Juillet 2016
La 5e colonne ? La prochaine
à droite, au tournant de la 4e !
|
| http://www.lesoirdalgerie.com/articl.../17/pousse.jpg |
Par Hakim Laâlam
Email : [email protected] |
Coup d’Etat militaire manqué en Turquie. Pfutt !
Quelle…… bande d’amateurs ! Je me gratte la tête. Ne m’en voulez pas ! J’ai pris la première formule pratique que j’avais sous le coude pour vous exprimer ma profonde perplexité. Donc, je me gratte fort la tête depuis que j’ai lu cette déclaration du Premier ministre. Selon Sellal, nous sommes un pays stable, mais notre problème, c’est la… 5e colonne ! Je ne comprends pas ! Si nous sommes réellement un pays stable, logiquement, nous ne devrions pas nous plaindre d’avoir à disposition une 5e colonne. Une 5e, c’est tout de même mieux que 4 colonnes seulement. Pour la stabilité, y a rien de mieux qu’une 5e colonne qui viendrait renforcer l’édifice. D’ailleurs, un simple sondage avec cette encore plus simple et unique question permettrait de s’en rendre compte. Nous demanderions à un pays instable, traversé par les vents de la turbulence et de l’agitation quel serait son vœu, son rêve le plus fou, et je suis sûr que la réponse serait édifiante : je souhaiterais avoir un pilier. Ou deux. Voire, dans la perspective la plus enthousiasmante, trois piliers. Que dire alors d’une nation comme l’Algérie qui dispose déjà de cinq colonnes. Cinq belles, grandes et larges colonnes. Même si je sens que Si Abdelmalek regarde d’une drôle de manière cette 5e colonne. Comme s’il ne l’appréciait pas vraiment. Ou qu’il doutât de sa fiabilité. Moi, je ne m’y connais pas trop en architecture, ni en physique des corps. Mais je suis chevillé à mon bon sens paysan. A tout prendre, une 5e colonne, je ne vais pas cracher dessus. D’abord, parce qu’il est totalement ridicule, voire incongru de cracher sur une colonne. Je ne vois pas pourquoi quelqu’un cracherait sur une colonne qui ne lui a rien fait. N’est-ce pas ? Ensuite, parce que je me dis qu’un esprit équilibré ne doit pas engager des conflits improbables. Voire qui le stigmatiserait à vie, sur la durée. Tu t’imagines pointé du doigt là où tu irais. Les gens en te croisant chuchoteraient entre eux : «C’est le mec qui a un problème grave avec les colonnes. Notamment avec la 5e !». Dur ! Dur à porter ! Je dirais même plus, déstabilisant ! Je fume du thé et
je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
|
Eh ! Oh ! Réveille-toi ! La lampe s’est allumée !
Le 20 Juillet 2016
Eh ! Oh ! Réveille-toi ! La lampe
s’est allumée ! |
| http://www.lesoirdalgerie.com/articl.../20/pousse.jpg |
Par Hakim Laâlam
Email : [email protected] |
L’autopsie du terroriste de Nice est formelle. Avant de
grimper dans le camion, il avait avalé un…… sandwich jambon-beurre ! C’est une petite lumière. Petite, parce qu’elle est diffusée par une lampe minuscule. Toi, tu ne la vois pas ! Normal ! La lumière en question, c’est pas pour toi ! C’est pour des gens «élus», choisis pour leur réactivité à ce genre de lumières. Des gens comme Belkhadem. Toi, quidam sans importance, tu auras beau écarquiller les yeux dans l’espoir de percevoir des miettes de cette lumière-là, rien ! Par contre, la tribu des élus est éduquée dès le départ à cette sensibilité voltaïque. D’ailleurs, c’est ce qui fait que toi, pôvre grue t’es toujours dans le noir, même en plein jour. Et que la tribu des élus peut toujours compter sur cette lampe, même en pleine et longue traversée du tunnel noir. En gros, et pour me répéter, y a le troupeau qui n’a pas accès à la lampe. Et y a la poignée de veinards pour qui, elle s’allume et s’éteint au gré du disjoncteur central. Et là, la petite lumière s’est donc rallumée pour Abdelaziz II. D’abord, il faut le féliciter ! Et taire pour une fois notre côté foncièrement jaloux et envieux à nous, les gueux, peuple sans lumière et sans éclats. Bravo Abdelaziz Second du nom ! La lampe s’est allumée. Et tu peux donc sortir. Aucune crainte à avoir une fois dehors. Parce que, dès lors que la lampe est allumée au-dessus de ta tête, tout le réseau électrique a été averti, mis au parfum. Mis au courant ! Tu as le feu vert Khouya l’empastillé ! Toi-même, tu l’auras sûrement remarqué, depuis que ta lampe brille à nouveau au milieu de ton Front, et que tu t’es pointé dehors, les gens te regardent autrement. Et oui ! Ils savent forcément. Ils savent que la lampe veille sur toi et guide tes pas. Alors, Monsieur Belkhadem,
va ! Va où la lumière te dit d’aller.Pendant ce temps-là, le peuple sans lampe ni lumière,
la longue procession des victimes du délestage permanent pourra toujours ronger son
frein dans le noir, tout en fumant du thé pour rester éveillé à son cauchemar qui continue.
H. L. |