Selon Mediapart, Vincent Bolloré cherche à se débarrasser de la trop coûteuse chaîne info du groupe Canal+.
Elle était laissée à l'abandon depuis plusieurs mois. iTELE, la plus ancienne chaîne d'information de la TNT, est à vendre, révèle Mediapart ce soir. Patrick Drahi serait en discussions avec Vivendi pour son rachat et son intégration dans SFR Médias. Mais détenant déjà une participation dans NextRadioTV, propriétaire de BFMTV, l'opération, risquée, devrait être soumise aux autorités de la concurrence. D'autres acteurs comme le duo Niel/Pigasse, qui n'a jamais caché son intérêt pour LCI à l'époque où elle était menacée, pourraient entrer dans la course.
Depuis plusieurs mois, les journalistes d'iTELE attendaient le plan de Vincent Bolloré pour relancer leur chaîne en difficutés face à la puissante BFM. Il a d'abord décapité la direction, pour nommer ses proches, dont les profils ont été très contestés en interne. Un changement de nom a été annoncé (CNews) mais depuis, aucun projet n'a été présenté ou dévoilé. Lors de la présentation des derniers résultats de Vivendi, Vincent Bolloré a insisté sur les pertes de la chaîne, de 16 millions d'euros en 2014, 20 en 2015 et 24 millions prévus en 2016. Des chiffrescontestés par la presse économique. L'arrivée de deux nouvelles chaînes sur ce marché, LCI en avril dernier et France Info TV en septembre, ne devrait pas arranger la situation. "Nous devons regarder comment ramener iTELE dans des résultats positifs", avait lancé le président du groupe devant les actionnaires, sans grande conviction.
1% d'audience
Ce soir, la direction de Canal+ ne confirme pas les informations de Mediapart. Tous les journalistes de la chaîne ont pourtant en tête ce scénario depuis plusieurs mois. "Une chaîne d'info, c'est beaucoup d'emmerdes et cela ne rapporte pas d'argent, analyse un observateur peu surpris. Sans oublier une chose, Vincent Bolloré déteste les journalistes !". Des journalistes qui depuis plusieurs mois réclament une charte d'indépendance après ses nombreuses interventions dans la ligne éditoriale de Canal+. Malgré ces nombreuses secousses, l'audience d'iTELE n'a pas vacillé ces derniers mois, affichant même un bon 1% de part d'audience en avril.
La précédente direction ne s'était jamais vraiment intéressée à iTELE, malgré les nombreux plans de relance et les changements de patrons. Elle l'a financée de nombreuses années à perte, les résultats étant absorbés par Canal+. Mais avoir cette chaîne dans le giron de Canal+ était pour elle un formidable outil d'influence et une fabrique à journaux pour l'ensemble des chaînes du groupe. Si le clair de Canal+ disparaît la saison prochaine, Vincent Bolloré n'aura plus besoin des services d'iTELE...
Mise à jour 23h : Le groupe Canal+ dément "formellement" les informations de Mediapart.
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Gérard Holtz confirme qu'il quitte France Télévisions
Gérard Holtz présentera une dernière fois le Tour de France en juillet avant de quitter France Télévisions pour partir à la retraite.
"Oui, je quitte France Télévisions". C'est ce que confirme Gérard Holtz dans une interview publiée aujourd'hui par "Paris Match". Le journaliste, qui a fêté ses 69 ans le 8 décembre dernier, va faire valoir ses droits à la retraite d'ici la fin de l'année. Un départ évoqué ce week-end par Daniel Bilalian. "Gérard Holtz va couvrir le Tour de France pour nous mais il nous quittera à la fin de cette année parce que l'âge est là", a expliqué le patron des sports de France Télévisionsdimanche dans "Les Dessous de l'ecran" sur RTL."Cette décision m'appartient et je l'ai prise en grande partie par amour. Depuis longtemps, je m'étais dit qu'après l'ère des études et de la jeunesse, puis celle de la télévision à laquelle j'ai donné quarante ans de ma vie, je me consacrerais à ces choses qui me passionnent que sont la fiction, le documentaire, le théâtre et la mise en scène. La nomination à la tête de la Villa Médicis en septembre dernier de Muriel Mayette, mon épouse, a tout accéléré. Ma vie maintenant est en Italie, alors je vais sortir de l'écran comme d'autres sortent de scène", explique le journaliste, qui indique que sa décision a été prise à la rentrée dernière, dans une "bonne entente" avec sa direction.
Un dernier Tour et puis s'en va
Gérard Holtz, figure du service public, a commenté de nombreux évènements sportifs, comme le Tour de France, bien sûr, le Dakar, et les Jeux Olympiques. Il a également présenté "Stade 2", le magazine "Tout le sport", mais aussi plusieurs éditions du "Téléthon" et même le journal de 13 Heures de France 2 pendant la saison 2000/2001. Il aura marqué le groupe de sa passion pour le sport et sa décontraction légendaire à l'antenne.Avant de quitter France Télévisions, Gérard Holtz bouclera en juillet son dernier Tour de France. Pendant toute la compétition, il présentera une dernière fois son "Vélo club", le magazine qui démarre après l'arrivée de chaque étape. En revanche, contrairement aux éditions 2012 et 2014, il ne figurera pas dans le dispositif de Rio 2016. On le lui a proposé assure-t-il, mais il a refusé. "Je trouve normal que la direction veuille renouveler les programmes et lancer une nouvelle génération d'animateurs", lance-t-il.Gérard Holtz ne va totalement disparaître des écrans. Il prépare un documentaire sur l'histoire du maillot jaune qui sera diffusé lors du Tour 2017. Il a également plusieurs projets de pièces de théâtre, sa nouvelle passion.
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iTELE, quel gâchis !
Edito. La chaîne d'information n'a pas su s'adapter à la concurrence, malgré les nombreuses relances depuis plusieurs années.
Edito. Qu'iTELE soit à vendre ou pas, là n'est pas la question. Comment cette chaîne d'information, lancée bien avant BFMTV dans l'univers du payant, en est-elle arrivée là ? C'est l'histoire de plusieurs relances ratées et d'un désintérêt constant de son actionnaire, qui ne l'a jamais considérée comme un actif stratégique. Beaucoup ont savonné sa planche à son lancement en 1999, moquant son modèle, avec ses célèbres véhicules satellite sillonnant la France et capables de retransmettre un événement en direct. C'était la belle époque : malgré la fusion des rédactions avec Canal+ ayant entraîné un plan social, iTELE n'avait qu'une seule concurrente, LCI. Le PAF historique ne comptait que six chaînes, son audience était confidentielle. Le "sat", à l'agonie aujourd'hui, avait le vent en poupe.Un virage raté sur la TNT
Tout va évidemment changer en 2005, quand iTELE bascule de CanalSat vers la TNT gratuite. Elle n'est plus seule sur le marché de l'info gratuite avec l'arrivée d'une petite nouvelle, BFMTV. La chaîne ne prend pas le train du breaking news en marche, persuadée que ses magazines de décryptage feront la différence. On en compte dix-huit différents à l'époque ! Un modèle défendu aujourd'hui par LCI. "Le recentrage sur l'information" sera annoncé par la plupart de ses patrons. A chaque fois, iTELE donne l'impression de courir après sa jeune concurrente qui s'inspire, sans se cacher, des modèles américains du tout info.
iTELE est estampillée Canal+, l'emballage doit briller. Tour à tour, les différents directions auront donc à coeur de recruter quelques stars des grandes chaînes pour incarner l'antenne. En 2013, elle sort l'artillerie lourde et le chéquier : Toussaint le matin, Ferrari en fin d'après-midi, Galzi et Pulvar ce soir. Des têtes connues pour une chaîne qui aimerait le devenir un peu plus. Les soubresauts sur la courbe d'audience ne seront jamais suffisants pour rattraper BFMTGV, lancée à grande vitesse et désormais irrattrapable. La chaîne de NextRadioTV fait le plein de téléspectateurs, voit ses audiences s'envoler, ses recettes pub s'accroître et ses moyens sur le terrain se démultiplier. Derrière la caméra, BFMTV forme une jeune génération de journalistes qui a la gnaque, quand iTELE voit ses effectifs vieillir, rincés par les nombreuses relances.Valse des dirigeants
iTELE aura connu depuis sa création six présidents et directeurs généraux et sept patrons de la rédaction. Tous les grands groupes médias ont un jour voulu racheter iTELE, signe de sa grande fragilité. On ne compte plus le nombre de nouvelles formules, nouveaux plateaux, nouveaux habillages depuis sa création ! Les errements de son identité visuelle - six logos - ont été symptomatiques d'un modèle qui se cherche quand, depuis dix ans, BFMTV fait du marketing éditorial l'un des piliers de sa stratégie. Le web est délaissé, BFMTV s'y fait une place et devient très vite l'un des premiers acteurs de la vidéo en France. Encore un virage raté.Comme Canal à la grande époque, iTELE a quand même créé quelques pépites dont beaucoup de médias se sont inspirés depuis : "N'ayons pas peur des mots", l'actualité scientifique avec "i comme I>CARE", "Ca se dispute" avec Zemmour et Domenach, "i>MEDIAS", sur les coulisses du PAF. iTELE a aussi été un formidable incubateur de talents : Marie Drucker, Léa Salamé, Maya Lauqué, Samuel Etienne, Thomas Thouroude, Julian Bugier, Patricia Loison ou encore Jean-Baptiste Boursier. Tous doivent beaucoup à cette chaîne.L'information, Vincent Bolloré s'en est toujours moqué. Trop coûteuse. Source d'ennuis politiques. La précédente direction n'y croyait pas beaucoup plus mais pensait, à juste titre, qu'un grand groupe média devait avoir sa chaîne d'information pour exister et compter. D'autres partagent encore cet avis, comme le trio Bergé/Niel/Pigasse, qui n'a jamais caché son envie de se lancer sur ce marché saturé. Si sa mise en vente se confirme, iTELE aura là une formidable occasion de ressusciter, loin de ceux qui n'ont jamais cru en elle.
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