Le commerce informel sévit toujours à Souk Ahras
Chaussée et trottoirs squattés


le 02.11.16|10h00
Lors de la dernière session de l’APW, des voix se sont élevées pour
dénoncer le phénomène des parkings sauvages et des chaussées squattées
par les vendeurs ambulants à Souk Ahras.

Des mois après, les efforts consentis par les autorités publiques n’ont pas atteint
leurs objectifs. Aux rues Ouarti Abderrahmane et H’rireche Abdellatif, les
commerçants imposent leur diktat et transforment, chaque jour que Dieu fait, les
chaussées en espaces bien achalandés où l’on propose effets vestimentaires,
ustensiles et produits cosmétiques dans une quiétude qui n’augure aucunement la
restitution de la voie publique au profit de la municipalité.
«Ce sont les marchands
de gros et les commerçants domiciliés dans ces deux rues qui sont les premiers
responsables de cette situation, car ils avaient pris le pli de déposer à même le sol
leur marchandise, invitant, de cette manière d’autres à agir de la même manière»,
a déclaré un épicier du quartier qui prédit, en l’absence d’une rigueur dans
l’application des textes, d’un retour imminent de ces commerçants ambulants qui
cache mal, estime-t-il, d’autres maux qui collent à ces commerces de façade. Même

décor et même impression à la rue Ibn Khaldoun où tout est informel, à commencer
par les camions stationnés à longueur de journée le long de cette artère et
l’importante quantité des fruits et légumes qui tiennent lieu de plaques de signalisation
pour les automobilistes en provenance des quartiers populeux de Ghelloussi, la rue
des Jardins et autres.«La chaussée est littéralement occupée par des étals de fortune et

l’espace minuscule cédé aux piétons et aux automobilistes doit être scrupuleusement
respecté sous peine de subir la colère de ces groupes d’agresseurs potentiels», a indiqué
Salim T, un habitant de la rue des écoles. Point n’est besoin de rappeler que dans ces lieux

où le moindre espace est disputé à coups de sabre, prolifèrent également des parkings
sauvages. La voie publique se trouve ainsi transformée en une véritable machine à sous
pour des marginaux. Aux alentours des sièges de l’APC, de la daïra et du musée Mohamed Boudiaf, tout conducteur de véhicule doit payer une dîme en contrepartie de la
«protection» de son véhicule par un groupe autoproclamé maître des lieux. Un membre de

l’exécutif a été récemment menacé à l’arme blanche non loin de la salle des fêtes pour
avoir rappelé au «propriétaire» du parking sauvage que ladite dîme de 50 DA a été payée à
l’avance. «J’ai changé d’avis pour exiger 200 DA de plus», a rétorqué le sinistre quidam
après la remarque de la victime. Si la pression exercée quotidiennement par les services de
l’ordre au niveau de la rue Victor Hugo, celle des fidayine et encore celle de l’ALN a
produit les effets escomptés. Il n’en est pas de même pour les autres artères principales de
Souk Ahras, où prolifèrent encore commerce illicite et d’autres vices que favorisent la
promiscuité et l’enchevêtrement des foules.
Échauffourées entre maquignons et «parkingueurs»
Hier, jour de marché au lieu-dit Errahba, des échauffourées entre maquignons et visiteurs,
d’un côté, et des «parkingueurs», de l’autre, ont failli dégénérer en bataille rangée, quand
un vendeur de bétail a été provoqué par des jeunes, qui imposaient aux propriétaires de
véhicules stationnés aux abords du marché le paiement de «droits de stationnement». En
voulant insister sur le libre stationnement sur la voie publique, le même homme sera
bousculé par des repris de justice appelés à la rescousse par leurs compères. La victime
fera de même en faisant appel à ses compagnons. Venus en surnombre par rapport aux «parkingueurs», les maquignons ont pu dissuader les «parkingueurs» par la logique du
gourdin. Toutes les rues et routes qui mènent vers le marché à bestiaux et qui s’étendent
jusqu’à la cité Skanska sont, chaque mardi, transformées en parkings, a-t-on constaté
sur les lieux.
Abderrahmane Djafri