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le 18.02.16 | 10h00
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Djezzy au centre d’une polémique
Le propriétaire de Djezzy financerait Israël, selon des révélations
de la chaîne Beur TV. L’information a fait le buzz sur
les réseaux sociaux et pris de l’ampleur. Intox, manipulation
ou information amplifiée ? Un hashtag pour boycotter l’opérateur
a été créé. En plus des centaines de pages et autres posts sur
les réseaux sociaux hostiles à l’opérateur de téléphonie mobile,
des photos montrant des magasins boycotter la vente des puces
et autres flexy circulent sur le Net. D’autres internautes prennent
un peu de recul et s’interrogent : «A qui profite cette campagne ?
N’y a-t-il pas manipulation des citoyens pour déstabiliser un opérateur
qui multiplie les initiatives louables ?» En fait, tout a commencé
lors d’une conférence de presse organisée lundi dernier par l’opérateur
à l’occasion de son 14e anniversaire. Deux journalistes de cette chaîne
de télévision privée accusent le propriétaire de l’opérateur téléphonique
de «soutenir Israël et de financer la guerre contre les Palestiniens».
Une vidéo de l’intervention des deux journalistes — qui ont été priés
de quitter la salle — a d’ailleurs été postée sur YouTube. Beur TV voulait
sans doute accréditer la thèse du scandale. Mais en guise de preuves,
la chaîne n’apporte que des informations qu’on trouve sur le Net
et qui affirment que Mikhail M. Fridman, patron de Vimpelcom,
fait partie d’un groupe nommé les oligarques, des milliardaires russes
d’origine juive à l’influence démesurée qui rejettent un plan de paix
au Moyen-Orient.Contacté par El Watan, le coordinateur de la rédaction
de Beur TV, Adelène Mellah confirme que sa rédaction détient des preuves
qui accablent le propriétaire de Djezzy. «Nous avons des documents qui
prouvent que Vimpelcom a fait don de 14 millions de dollars au ministère
israélien de la Guerre et 10 millions de dollars au ministère israélien
de l’Habitat pour l’aider à construire des colonies dans les Territoires
palestiniens», dit-il. A la question de savoir si la chaîne continuera
de diffuser des sujets sur cette affaire, le jeune dirigeant répond par
l’affirmative. «Oui, malgré les pressions des autorités et de Djezzy,
nous allons continuer à parler de cette affaire», promet-il.
Pour sa part, Salim Tamani, responsable des relations publiques
et médias de Djezzy ne fait pas dans la nuance : «Je tiens à rappeler
que nous sommes une entreprise algérienne avec 51% de capitaux détenus
par le Fonds national d’investissement (FNI). Djezzy est une
entreprise ancrée dans le cœur des Algériens depuis 14 ans et partage ainsi
les mêmes positions que l’Etat algérien, dont la cause palestinienne.»
Il poursuit : «Nous dénonçons une campagne abjecte qui est basée sur
le chantage de la part d’une télévision sans agrément et dénonçons
également ces accusations infondées et diffamatoires qui ne respectent pas
la déontologie et encore moins l’éthique.» Comment explique-t-il le fort
impact de ces informations sur les réseaux sociaux ? Il répond
«Sur les réseaux sociaux, il ne faut pas regarder que ceux qui nous attaquent.
Il y a beaucoup d’internautes qui posent la question : à quel objectif répond
cette campagne de chantage ?Et surtout ils se demandent pourquoi s’attaque-t-on
à une entreprise qui a participé à la démocratisation de la téléphonie mobile
en Algérie et qui est à présent sur la voie du changement afin de devenir
l’opérateur numérique de référence ? Elle semble alimentée par ceux qui
n’ont pas pu être partie prenante du partenariat et qui veulent tenter
de parasiter le processus de développement de Djezzy
depuis les accords de janvier 2015.»
Kamel Benelkadi