«Il faut aller vers un véritable dispositif de protection de l’enfant»
«Il faut aller vers un véritable dispositif de protection de l’enfant»
Abderrahmane Arar. président du réseau algérien pour la défense des droits de l’enfant Nada
le 06.08.16|10h00
Nous sommes aujourd’hui sous le choc d’un énième crime contre l’enfance.
Quelle est la position du réseau Nada ?
En effet ! Malheureusement, la petite Nihal est une nouvelle victime qui s’inscrit
dans le listing des enfants kidnappés et assassinés depuis 2012 en Algérie.
Cette main qui frappe à tout moment n’a pas de couleur ni de sens, mais elle est
liée à la criminalité qui prend de l’ampleur dans notre pays. Aujourd’hui, la position
du réseau Nada est claire : il ne faut pas se contenter de dénoncer ces actes
barbares qui nous rappellent les années de braise. Il faut aller vers un véritable
dispositif de protection de l’enfant. Il est vrai qu’un travail se fait sur le plan
sécuritaire, mais sur le plan social, très peu d’actions sont engagées. Il faut aller
vers des mesures d’urgence pour faire face à ce drame.
A défaut, d’autres victimes suivront Nihal.
Cet assassinat remet-il en question tout ce qui a été fait pour
la protection de l’enfant ?
Bien évidemment ! Tout ce qui est en train de se faire pour protéger les enfants
et leur droits les plus élémentaires, à savoir le droit à la vie, marche à la vitesse administrative... Or, pour faire face à ce phénomène, il faut agir vite. La lutte
contre la criminalité exige un rythme plus dynamique et une durabilité dans la
vigilance et le signalement. Malheureusement, le citoyen n’est pas impliqué dans
cette démarche de protection.Un effort considérable a été fait en matière de
législation, à savoir la révision du code pénal et l’introduction des crimes contre
les enfants et les peines qui doivent être prononcées. Malheureusement, elles ne
sont pas appliquées. J’insiste dans ce sens sur la peine de mort qui est inscrite
dans le code pénal, mais qui reste gelée. Nous demandons au président de la
République de lever ce gel et d’appliquer la peine maximale à ces criminels de
l’innocence. L’expérience internationale a démontré que l’application de cette peine maximale est seule à même de mettre un frein à cette tragédie.
Qu’y a-t-il lieu de faire concrètement ?
Nous sommes aujourd’hui obligés d’aller vers une feuille de route d’urgence, qui
suit le plan d’urgence relatif aux enlèvements d’enfants. Elle devra obligatoirement englober le volet social. L’implication de la société civile est aujourd’hui plus
qu’importante. Il faut renforcer la société civile et la sensibiliser pour qu’elle soit
partie prenante dans tout ce qui se fait pour protéger les enfants. Il faut également
un plan national de lutte contre la délinquance chez les jeunes et les adolescents
au niveau des quartiers et des villes. Cette action est importante étant donné que
ces criminels sont des Algériens qui vivent parmi nous, mais qui doivent sûrement
souffrir de troubles psychiques et mentaux.Il faut absolument lancer une véritable campagne de sensibilisation sur les enlèvements d’enfants. Aujourd’hui, nous n’avons
plus le droit d’attendre une nouvelle victime pour réviser les procédures mises en
place, encore moins attendre le rythme administratif pour agir. Nous devons aller en
force sur le terrain et sauver nos enfants.
Asma Bersali
Atlas-HD-200 B102 B118
Icone I-5000
ZsFa