Le renoncement aux subventions se confirme
Projet de loi de finances 2017
le 26.10.16 | 10h00
Amorcée l’année dernière à travers le budget 2016,Le renoncement progressif, par l’Etat, du système des subventions se précise
la rigueur budgétaire, passant par une baisse des
subventions, va se poursuivre dans les années à venir,
ce qui risque de nuire aux catégories fragiles mais
aussi aux classes moyennes si un système d’aides adéquat
n’est pas mis en place.
Le ministère des Finances
à travers le projet de loi de finances 2017 (PLF-2017). En attendant de finaliser
une formule d’aides directes aux catégories les plus fragiles, à travers un
recensement sur lequel planchent actuellement les ministères de la Solidarité
nationale et de l’Economie numérique, le gouvernement semble plus que jamais
prêt à se délester du poids que constituent les aides financières et autres transferts
visant à préserver le pouvoir d’achat des citoyens et garantir la paix sociale.Tant
que les prix du pétrole étaient au plus haut, le gouvernement, fort de l’aisance
financière du pays, se refusait à donner à sa politique budgétaire la rigueur
orthodoxe conseillée par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque
mondiale (BM) qui critiquaient le caractère social de la politique économique de
l’Etat algérien. Aujourd’hui, contraint par la détérioration de la situation
économique du pays, le gouvernement va dans le sens des institutions financières internationales, mais aussi dans celui de l’approche prônée par le Forum des chefs
d’entreprise (FCE) qui milite pour la baisse des subventions, estimant qu’elles ne
sont pas bien ciblées et profitent aux riches plus qu’aux pauvres. Amorcée l’année
dernière à travers le budget 2016, la rigueur budgétaire, passant par une baisse des
subventions, va se poursuivre dans les années à venir, ce qui risque de nuire aux
catégories fragiles mais aussi aux classes moyennes si un système d’aides adéquat
n’est pas mis en place.Quoi qu’il en soit, le PLF-2017 prévoit, selon ce qu’on peut
lire dans le texte qui sera soumis prochainement à l’examen du Parlement,
«le passage à un système de transfert d’argent (au profit des nécessiteux) afin de
compenser les augmentations de prix découlant de l’abandon par l’Etat du système
de subventions généralisé, induisant jusqu’à présent gaspillage, consommation
outrancière et aggravation des disparités sociales».
Baisse des salaires, gel des recrutements
Selon le PLF-2017, «dans le cadre de la maîtrise de certaines dépenses courantes,
une réflexion est en cours afin de limiter les systèmes actuels de subventions
généralisées afin de mettre en place une politique de ciblage des individus ayant un
revenu bas, et ce, en vue de concrétiser plus de justice dans l’affectation des
ressources de l’Etat aux catégories sociales les plus nécessiteuses et la baisse de la
dépense publique à un niveau durable».Il est à noter que les dépenses budgétaires
pour 2017 sont estimées à 6883,2 milliards de dinars, alors qu’elles étaient de 7000
milliards en 2016. Le rétrécissement du budget de fonctionnement prévu dans le
PLF-2017 passe également par une baisse des salaires des fonctionnaires une coupe
de 60 milliards de dinars par rapport à 2016. La dotation annuelle prévue se situera
donc à 2172 milliards de dinars l’année prochaine contre 2232 milliards en 2016.
Selon le texte portant projet de loi de finances 2017, ce rétrécissement des dépenses
salariales sera possible grâce notamment «au non-remplacement des fonctionnaires
partant en retraite, soit quelque 11 338 postes, l’élargissement de la période ouvrant
droit à la promotion des fonctionnaires et le gel des recrutements». Par ailleurs, la
contribution de l’Etat à l’économie accusera une contraction de 32% en 2017, en
raison notamment de la baisse de la contribution de l’Etat à l’Office algérien
interprofessionnel des céréales, fixée à 29 milliards de dinars, de la diminution des
subventions au budget de l’Office national interprofessionnel du lait de 11,7% et une
baisse de 5,7% des subventions allouées aux entreprises publiques à caractère
industriel et commercial destinées à la couverture du service public dans les secteurs
de la santé, de la communication, des transports, de la solidarité et des dispositifs de
promotion de l’emploi. Il est à savoir que le projet de budget pour 2017, qui a été
exposé lundi aux membres de la commission finances de l’APN, a donné lieu à un
certain nombre de critiques formulées par des députés, même si pour sa part, le
président de la commission, Bedda Mahdjoub, a justifié largement, face à la presse,
les hausses des taxes contenues dans le texte.
Zhor Hadjam




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