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Discussion: Kafala

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    Post Kafala

    Les demandes de Kafala explosent
    Des bébés non inscrits à l’état civil happés par des circuits informels


    le 03.11.16 | 10h00
    - Un enfant à tout prix !
    «J’ai accouché il y a un an et demi et on m’a volé ma fille. Je n’étais pas
    mariée quand elle est née, je l’ai confiée à la DAS pour trois mois, le
    temps de me stabiliser. On a refusé de me la rendre.» Karima Dahmani,
    30 ans, est la seule personne rencontrée dans le cadre de cette enquête à
    avoir accepté que son nom et prénom figurent sur le journal. Et pour
    cause, elle souhaite que son histoire fasse de l’écho dans l’espoir de
    récupérer sa fille.
    Karima, originaire de Djelfa et vivant à Ghardaïa, a mis
    au monde le 5 décembre 2015 à l’hôpital Mustapha d’Alger une fillette
    qu’elle n’a plus revue depuis. «N’étant pas légalement mariée à son père,
    j’ai décidé de confier ma fille à la DAS pour une durée de trois mois, j’ai
    refusé de signer l’abandon, j’ai clairement dit à l’assistante sociale que je
    ne pouvais pas garder ma fille dans l’immédiat mais que je viendrai la
    chercher en mars. On m’a remis son extrait de naissance. J’avais beaucoup
    de choses à régler, notamment avec son père, avant de la reprendre.
    Quand
    je me suis présentée à la DAS de Birkhadem, on m’a très mal reçue et on a
    refusé de me la donner prétextant au départ que je n’étais pas apte à m’en
    occuper seule.» Karima en parle, en larmes : «Hagrouni (on m’a maltraitée)
    parce que j’ai un handicap à l’œil et que mon apparence ne paye pas de mine.
    Ils ont dit au départ que je n’avais rien à offrir à cet enfant, puis ils m’ont
    chassée en disant qu’ils ne retrouvaient aucune fillette correspondant à mon
    nom.» Depuis, à chaque fois que Karima se présente à la DAS, on lui répond
    que sa fille n’existe pas dans les fichiers ou, pire, on refuse de la recevoir.

    - Des enfants sortis de nulle part
    «C’est grave et inadmissible», commente sans tarder la directrice de la DAS,
    en prenant connaissance de l’histoire de Karima. «Si l’assistante sociale qu’elle
    a vue à la DAS lui a dit que cet enfant n’était pas dans nos fichiers, cela veut
    dire qu’il n’est pas entré dans l’un de nos établissements. Cette femme doit
    prendre attache avec l’hôpital Mustapha pour retracer le parcours de son enfant
    et elle doit impérativement déposer une plainte», ajoute la directrice, jointe par téléphone. Karima entame à peine ces procédures. Elle compte déposer une
    plainte dans les jours qui viennent.
    En attendant, une question l’obsède où est
    sa fille ? Si la petite est réellement introuvable sur les fichiers de la DAS, il y a de
    fortes chances qu’elle ait été happée par les réseaux parallèles d’adoption. Car ils existent ! Des circuits informels où les enfants sont placés moyennant des
    sommes d’argent au profit des mères célibataires et de passeurs. «Un scandale a
    éclaté il y a deux ans. Un agent et une action sociale avaient magouillé et perçu
    de l’argent pour donner des enfants nés sous X à des gens qui n’ont pas réussi à
    en obtenir par la voie officielle.
    Une enquête a été ouverte en interne, mais on
    n’en connaît pas les conclusions», raconte un médecin qui a requis l’anonymat.
    En poste dans un service de gynécologie obstétrique d’un grand hôpital d’Alger,
    ce médecin précise que l’affaire a vite été étouffée par l’administration par peur
    des conséquences. Pour fuir le système procédurier et lourd de la kafala, certains préfèrent adopter des enfants sans passer par la DAS. Ils prennent contact avec
    des femmes enceintes et recueillent l’enfant sans le déclarer.
    Quand l’enfant
    atteint l’âge d’être scolarisé, 5 ou 6 ans, les parents adoptifs se présentent à la
    DAS pour tenter de le régulariser et obtenir un extrait de naissance qui lui
    permette d’être inscrit à l’école. Des enfants sortis de nulle part, à la DAS, on en
    reçoit souvent. «C’est malheureusement très courant», indique Saliha Mayouche. «Beaucoup de personnes se présentent accompagnés d’enfants en bas âge, qui
    n’ont aucune existence aux yeux de la loi, pour les déclarer. Cette pratique nous inquiète», précise-t-elle.

    - Adoptions au black
    Les explications données par ces personnes sont souvent les mêmes, ils disent
    avoir recueilli des jeunes filles enceintes hors mariage en état de détresse, les
    avoir aidées et prises en charge. Ils gardent «naturellement» l’enfant quand
    «ces jeunes filles s’évanouissent dans la nature».
    Pour éviter de banaliser cette
    pratique, la DAS refuse formellement de leur délivrer un extrait de naissance.
    Ce refus ne menace-t-il pas le bien-être de l’enfant qui doit toujours primer sur
    toute autre considération ? «Non, répond Saliha Mayouche, puisque ces
    personnes se rapprochent des juges des mineurs qui régularisent de fait la
    situation de l’enfant.»
    Il y a six mois, une femme qui s’est vu refuser la
    régularisation de «sa» fille de six ans a même déposé une plainte contre la DAS. «L’affaire est en cours», révèle la directrice qui suspecte des réseaux informels
    brassant beaucoup de jeunes filles enceintes. «On s’inquiète et on se demande naturellement où atterrissent ces enfants, comment et qui les prend en charge»,
    ajoute Mme Mayouche.
    Outre ces circuits parallèles, un autre procédé, cette fois
    légal, inquiète également : le placement direct. Il s’agit d’enfants placés par leurs
    mères biologiques dans des familles d’accueil de leur choix.Ces mères biologiques désirant faire adopter leur enfant recourent aux juges des mineurs sans que la
    DAS n’ait de droit de regard ou de contrôle sur les adoptants. Là encore, on se demande si l’adoption n’est pas monnayée…



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    Re : Kafala

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