Black-out à un mois de la clôture de l’opération
EMPRUNT OBLIGATAIRE
Lyas Hallas - Alger (Le Soir) -17 septembre 2016
A un mois de la clôture de l’emprunt national pour la croissance
économique, le gouvernement ne fait plus rien pour séduire les
souscripteurs. La communication officielle s’est pratiquement arrêtée
avec l’éviction de Benkhalfa en juin dernier.Le Forum des chefs
d’entreprises (FCE) fait le forcing auprès de ses membres pour
les amener à respecter les engagements pris lors de la fameuse
soirée du 28 juin dernier et qui a vu l’organisation d’annoncer la
collecte de 152 milliards de DA (1,5 milliard de dollars). Or, jusque-là
les membres qui se sont engagés à souscrire à cet emprunt n’ont
toujours pas concrétisé leurs engagements ou n’ont souscrit que
pour de petits montants. Tout l’intérêt de l’opinion publique porte,
désormais, sur le résultat de cette opération de séduction lancée
par le FCE et le débat tourne autour des bribes d’informations
qui filtrent de la proximité immédiate de l’organisation.Or, officiellement,
la campagne non-stop de promotion qui a accompagné cette opération
depuis son lancement au mois d’avril s’est arrêtée net pratiquement
avec l’éviction de l’ancien ministre des Finances Abderrahmane
Benkhalfa à l’issue du remaniement ministériel du 11 juin. Entourée
déjà du secret le gouvernement s’est jusque-là réservé de révéler
le montant qu’il s’est fixé comme objectif , l’opération, qui a bénéficié
d’une véritable campagne de publicité, ne fait même plus l’objet de
communication officielle. Et, on est loin du battage médiatique qui
l’a entourée au début où l’ancien ministre des Finances ne rate
aucune occasion pour appeler les épargnants à contribuer à sa réussite.
En effet, à défaut de pouvoir convaincre les souscripteurs et susciter
l’engouement populaire pour cet emprunt, le gouvernement a laissé la
place au FCE qui s’est chargé de collecter l’épargne dans une tentative
de sauver l’opération. Mais, l’organisation patronale qui a rameuté
ses adhérents pour réussir l’opération n’a pas pu non plus les amener
à mettre la main à la poche. Passée l’excitation suscitée par de
la soirée de mobilisation organisée à l’hôtel El Aurassi le 28 juin
et qui a vu les membres de l’organisation ainsi que les entreprises
publiques et l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA)
s’engager à miser 152 milliards de DA dans la cagnotte, le résultat
de cette quête tarde à être communiqué. Et pour cause, beaucoup
parmi ceux qui se sont engagés à souscrire ont fait machine arrière.
D’autres ont souscrit pour des montants nettement inférieurs à leurs
engagements initiaux. L’on susurre du côté de FCE où les membres de
l’organisation sont relancés quasi-quotidiennement par rapport à leurs
engagements, que ce qui a été réellement collecté à ce jour, soit deux
mois et demi après «la soirée de mobilisation», n’ont pas dépassé
les 15% du montant annoncé. Sachant que les privés agglomérés au
sein du FCE se sont engagés à souscrire à peine pour 27 milliards de
DA. Le gros des souscriptions annoncées en ce 28 juin étant
constitué des souscriptions des entreprises publiques, des établissements
financiers publics et de l’UGTA qui ont misé respectivement 55, 45 et
25 milliards de DA.En tout cas, si on n’a jamais communiqué le
montant qu’il souhaite lever pour ne pas avoir à justifier un échec
il s’élève à l’équivalent de quelque dix milliards de dollars selon
certaines sources , son refroidissement du gouvernement ne dissiperait pas
le scepticisme déjà perceptible chez les épargnants qui n’ont jamais vraiment
adhéré à la démarche.
L. H.