Les Détails du Plan d’Austérité

Abandon progressif des subventions, gel des salaires et limitation des recrutements
13 Octobre 2016


Pour justifier ces mesures, le gouvernement admet qu’à partir de 2017, l’Algérie connaîtra une aggravation de sa situation économique.

Le nouveau modèle économique, document dont Liberté détient une copie,
dévoile le plan d’austérité que compte mettre en œuvre le gouvernement
entre 2017 et 2019. Parmi les mesures les plus importantes de cette feuille
de route de l’Exécutif, on peut citer l’abandon progressif des subventions.
Ce qui veut dire que le gouvernement prévoit une libération des prix du pain,
du lait, de la semoule, de la farine, des carburants, de l’électricité et du gaz
dans son plan anticrise 2017-2019. Ces produits seront alors plus chers. Pour
protéger le pouvoir d’achat des couches démunies, le gouvernement prévoit
une aide financière.“Pour compléter ce processus de maîtrise et de rationalisation
de certaines dépenses courantes, lit-on dans le document, des réflexions sont
menées pour rompre graduellement avec les procédés actuels de subventions
généralisées pour parvenir à la mise en œuvre d’une politique de ciblage des
populations à faibles revenus permettant une meilleure équité dans l’allocation
des ressources de l’État aux franges de population les plus nécessiteuses et une
réduction de la dépense publique à un niveau soutenable.”Une véritable course
contre la montre est engagée. Car pour pouvoir appliquer cette mesure, il
convient de mettre en place un système de ciblage efficient des couches
démunies et une communication adéquate pour convaincre la population.Le
nouveau modèle économique, qui s’assimile, rappelons-le, principalement à un
cadrage budgétaire sur la période 2016-2019, prévoit des mesures drastiques en
matière de salaires et de recrutement dans la Fonction publique.“Les orientations
de cadrage pour la période 2016-2019 préconisent notamment : pour le budget
de fonctionnement, lit-on dans le texte, de maîtriser l’évolution de la masse
salariale à l’exception de la prise en charge de l’avancement statutaire du
personnel et de contenir les recrutements dans les limites nécessaires au bon
fonctionnement du service public.”Pour ne pas choquer, le gouvernement utilise
des euphémismes. Car en clair, maîtrise de l’évolution de la masse salariale veut
dire gel des salaires à l’exception des hausses de rémunérations au titre de
l’avancement. En outre, contenir les recrutements veut dire les limiter à des
besoins incompressibles dans la Fonction publique.En d’autres termes, il n’y aura
pas de gros recrutements en dehors de l’éducation, de la santé et des services de
sécurité. Concernant le budget d’équipement, cette feuille de route prévoit de
restreindre le lancement de nouveaux projets et de financer les projets
d’investissements publics à rentabilité avérée (ports, aéroports, voies rapides ou
autoroutes reliant les grandes villes) par des modes de financement extrabudgétaires.
Dans les projets, la priorité dans leur réalisation est accordée aux entreprises
algériennes. Dans les marchés publics, la préférence est accordée aux produits
fabriqués en Algérie. Pour le budget d’équipement, les orientations de cadrage,
mentionne le document, préconisent notamment “d’accorder la priorité au
parachèvement des projets en cours de réalisation déjà lancés dans les délais fixés
et aux coûts prévus, de définir les nouveaux projets dans le respect des plafonds
déjà arrêtés par les pouvoirs publics, de privilégier un financement total ou partiel
des projets à caractère marchand par le marché et/ou en partenariat en dehors de la
sphère budgétaire et de mobiliser les moyens de réalisation nationaux, en recourant
de manière systématique et prioritairement dans le cadre des marchés publics aux
produits de fabrication nationale”. Le gouvernement justifie cet ensemble de mesures
par l’aggravation de la situation financière du pays à partir de 2017 “Cette conjoncture
renforce la conviction que les prochaines années à partir de 2017 seront marquées par
une aggravation des équilibres macroéconomiques des pays exportateurs de pétrole.”


K. R.