«Les responsables doivent rendre des comptes»

L’ancien DTN et entraîneur national de boxe, Abdelhadi Djellab, juge que la sélection algérienne avait un potentiel pour monter sur le podium. Mais vu la mauvaise gestion de la Fédération algérienne de boxe, nos représentants à Rio sont passés à côté...


En qualité d’ancien DTN et entraîneur national, quel bilan faites-vous de la participation des boxeurs algériens aux JO de Rio ?
C’était juste une participation qui s’est soldée par un échec. On avait des boxeurs en mesure de décrocher des médailles. Malheureusement, la boxe est passée à côté de son sujet en raison de la médiocrité du président de la Fédération algérienne de boxe et des membres du bureau.
Pouvez-vous être plus explicite ?
L’équipe nationale de boxe n’a pas fait une préparation digne de ce nom. Des stages organisés ça et là en Algérie n’obéissaient guère à la préparation de haut niveau. A titre d’exemple, une semaine de stage à Tikjda. C’est du jamais vu, tout le monde sait que le bénéfice de la préparation en altitude doit être au-delà d’un mois. Il faut respecter la phase d’acquisition de modification physiologique. Cela confirme la déroute de nos boxeurs qui ont payé cash les lacunes de la préparation.

La Fédération de boxe assume-t-elle seule cette déroute ?
La FAB est la première responsable de cette déroute. Elle a bénéficié d’un budget avoisinant les 20 milliards de centimes pour mettre les boxeurs dans les meilleures conditions.
C’est tout le contraire qui s’est produit. Non seulement il y a eu une préparation inadéquate, mais en plus il n’y avait aucun dialogue entre les responsables de la Fédération algérienne, l’entraîneur national et l’élite de la boxe. C’est grave au point où les boxeurs avaient décrété une grève avant les Olympiades de Rio pour faire entendre leur ras le bol.
En tant que coach au GSP des boxeurs Flissi, Chadi et Kheddache, avez-vous tenté de remédier à cette situation auprès de la FAB ?
Quand on ne reconnaît pas la médiocrité et les erreurs au sein de la FAB, on ne peut intervenir auprès d’elle pour changer quoi que ce soit. En revanche, j’ai tiré la sonnette d’alarme concernant la mauvaise gestion de notre élite. Avant le rendez-vous de Rio, j’avais attiré l’attention du COA et du MJS sur l’intérêt de la sélection algérienne de boxe.

Donc le ratage de la boxe algérienne n’est pas lié au problème financier ?
Non, pas du tout. Je rappelle que la médaille d’or décrochée par le regretté Hocine Soltani aux JO d’Atlanta en 1996 n’avait coûté que deux milliards à l’Algérie. Qu’on cesse d’évoquer le problème financier à chaque contreperformance. Le président de la Fédération et les membres du bureau doivent rendre des comptes.


Chafik Boukabes