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zadhand
22/01/2016, 16h10
A la une/Actualité_Emploi,cherté de la vie,austérité...
le 22.01.16 | 10h00


La colère de la rue


Depuis le début de la semaine, la commune de Oued El Ma, à 40 km de Batna, vit de violents affrontement
entre les habitants et les forces antiémeute de la gendarmerie.

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Des jeunes en particulier ont manifesté leur mécontentement après avoir appris que l’usine de
fabrication de panneaux photovoltaïques qui devait être implantée dans leur commune de
30 000 habitants allait être délocalisée vers une autre wilaya.
Ils ont tenté de brûler le portail principal de la prison pour attirer l’attention des autorités
car depuis le début des émeutes, «aucun responsable n’ a été envoyé pour discuter avec nous», confie un émeutier à El Watan Week-end.La société chinoise chargée de réaliser les travaux a installé son matériel
et sa base de vie et a même commencé à réaliser les structures. Quelques mois plus tard,
les habitants de la région, en ce moment couverte de neige,
ont découvert que ce projet ne pouvait être réalisé sur le terrain en question.
Officiellement, il est impossible d’implanter l’usine sur le terrain «déjà désigné comme zone agricole». Les jeunes, qui comptaient sur cette usine pour obtenir un emploi près de chez eux, ne décolèrent pas. «Le taux de chômage dans notre région est très important. Cette usine pouvait vraiment être une solution pour éradiquer le chômage», regrette Mahmoud,
licencié en économie, qui n’arrive plus à trouver un travail.
Même si le wali déclarait au départ «ne pas être pas au courant du problème de cette usine et sa délocalisation» - maintenant, il a rencontré une délégation d’habitants et a promis que l’usine ne sera pas délocalisée - les habitants de Oued El Ma l’accusent d’être «derrière cette délocalisation». «C’est prémédité par les pouvoirs publics, car sinon comment peut-on délocaliser un projet d’une telle importance si facilement
et sans venir discuter avec la population ? Pourquoi l’administration locale
ne s’est-elle pas opposée à la réalisation de ce projet
auparavant si vraiment le terrain est agricole ?» s’interrogent les habitants.
Dédommagés
Les émeutes qui ont éclaté le 16 janvier ont fait plusieurs blessés du côté des habitants et des gendarmes. Une cinquantaine de personnes ont été arrêtées dont six ne sont pas encore libérées. Pour les habitants, le problème serait aussi lié au comportement des gendarmes qui «n’ont même pas respecté la propriété privée». «Certains d’entre eux sont entrés de force dans des commerces et ont pris tout ce qui se trouvait à l’intérieur»,
regrette Fayçal, photos et vidéo à l’appui. «Les gendarmes ont forcé les portes des maisons avec des madriers,
ils ont lancé des pierres pour casser les vitres des maisons», s’indignent plusieurs témoins directs.
Les affrontements se sont soldés par des dégâts matériels importants. Mercredi, les habitants et la Protection civile ont nettoyé la ville.
A Oued El Ma, on attend que les promesses se concrétisent, que les familles soient dédommagées et que les gendarmes
qui ont commis des dépassements fassent l’objet d’une enquête. Contacté par El Watan Week-end,
le chef du groupement de la gendarmerie de Batna affirme
«Nous avons agi dans le cadre de la loi et nous avons en notre possession des mandats de perquisition
signés par le procureur de la République près la wilaya de Batna.»

L. Gribissa et B. Ichalalène

zadhand
23/01/2016, 13h17
A la une/Actualité_Loi de finances et cherté de la vie
23 Janvier 2016


Les Algériens commencent à occuper la rue


Alors que toutes les dispositions de la loi de finances
ne sont pas entrées en vigueur, les Algériens commencent
à sortir dans la rue dans plusieurs régions du pays.

Et les manifestations deviennent de plus en plus violentes au fur et à mesure de l’intervention
des services de sécurité. Sans faire trop de bruit, ce sont les habitants de la ville côtière de
Tigzirt, dans la wilaya de Tizi Ouzou, qui ont été les premiers à battre le pavé de leur cité
pour protester contre «la vie chère».Les manifestants, qui ont sillonné l’artère principale
de la ville dans un calme exemplaire, ont brandi des banderoles dénoncent notamment
«la volonté de paupérisation» des populations par certaines dispositions de la loi de finances 2016.
Les éléments de la police antiémeute s’étant mis à l’écart, il n’y a pas eu d’escarmouche.
L’affrontement n’a par contre pas été évité lorsque des jeunes sont sortis, mardi, dans la localité
de Oued El Ma, à l’ouest de la wilaya de Batna. Profitant de la délocalisation d’un projet de fabrication
de panneaux photovoltaïques, censé procurer des emplois, des habitants ont vidé leur sac ;
ils ont exprimé le ressentiment qu’ils nourrissent envers les autorités : chômage, malvie,
absence d’infrastructures et de gaz de ville… autant d’arguments pour se rappeler que 2016
ne commence pas bien pour eux.Et les dispositions de la loi de finances ne sont en fait que la goutte
qui fait déborder le vase. La situation ne semble pas se calmer puisque les habitants réclament
désormais la libération des jeunes mis en détention. Une des revendications que vient d’exprimer
également le Front des forces socialistes (FFS) qui a diffusé un communiqué dénonçant la répression
des manifestants. Pour faire écho à ce qui s’est passé à Oued El Ma, les habitants de Béjaïa ont marché,
mercredi, pour dénoncer les dispositions de la loi de finances 2016. Les manifestants, qui répondaient
à l’appel de certains syndicats autonomes, demandent aux autorités de trouver d’autres solutions
que de «punir» les citoyens.Pour canaliser tous ces mouvements qui s’opposent à la politique du gouvernement
, un front national «contre la loi de finances 2016» est en gestation.
Il regroupe, jusque-là, plusieurs organisations et associations auxquelles s’ajoutent des personnalités nationales.
Ce mouvement va se réunir bientôt pour définir une politique à suivre
et des actions à mener pour dénoncer les dispositions de la loi de finances 2016.
Pour leur part, certains syndicats de fonctionnaires menacent de sortir dans la rue pour dénoncer la baisse
de leur pouvoir d’achat. C’est le cas du Syndicat des corps communs de l’éducation nationale dont
les membres ont menacé de recourir à la rue, eux dont le statut a plus de 20 ans d’âge.
Du côté du gouvernement, rien de concret. Les autorités campent sur leurs positions et estiment qu’il
n’y a pas d’autre issue que de poursuivre la politique d’austérité et la hausse graduelle des prix
des produits énergétiques, fortement subventionnés.


ali Boukhlef

zadhand
24/01/2016, 12h03
A la une/Actualité_Après la répression de mercredi dernier
le 24.01.16 | 10h00



Oued El ma sous le choc



La commune de Oued El Ma (40 km au nord-ouest de la ville de Batna)
n’oubliera pas de sitôt le cauchemar qu’elle a vécu mercredi dernier.


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D’aucuns parlent de la répression qui s’est abattue sur les villageois
sortis cette semaine pour dénoncer énergiquement l’annulation d’un projet
d’usine promis il y a cinq ans.La population est depuis sous le choc,
surtout à cause de la tournure qu’ont pris les événements. Des témoins
évoquent la violence dont auraient fait usage
les forces d’intervention de la Gendarmerie nationale.
La ville, qui garde les stigmates des affrontements, semble toujours
sous le choc des dépassements des forces de sécurité.
Dans les ruelles de Oued El Ma, on nous interpelle pour nous montrer
les dégâts.Le chef du groupement de gendarmerie a affirmé que les forces
de l’ordre sont intervenues dans le cadre de la loi et qu’elles avaient
des mandats de perquisition dûment signés par le procureur de la République.
Mais l’énigme est totale.Slimani Khemissi, doctorant en droit constitutionnel,
reste ferme : «Nous devons faire la différence entre perquisition et assaut.
Les maisons qui ont fait l’objet de perquisition portent encore les stigmates
d’une intervention musclée, telles les traces de rangers sur les meubles
et les portes.»Menzer Boudjemaâ, l’avocat qui s’est saisi du dossier des
détenus, nous a confié qu’un mandat de perquisition obéit à des règles
«On ne défonce pas la porte de la maison d’un citoyen sans établir un PV !»
Et d’ajouter : «Une fois à l’intérieur de la maison, les gendarmes n’ont à
aucun moment demandé aux habitants de décliner leur identité, puisque le mandat
de perquisition est nominatif.» Il déclare qu’il a même fait l’objet de menaces.
Deux autres personnes racontent qu’elles ont subi des exactions. La première,
Hammou Messaâdia, 49 ans, handicapé moteur, sur une chaise roulante
«Les gendarmes ont enjambé le mur et ont fait irruption chez moi, cassant
les vitres de la fenêtre de ma chambre.Ma mère, âgée de 78 ans, les suppliait
de craindre Dieu.» La deuxième, un berger, a été prise alors qu’elle revenait
du pâturage et est toujours en garde à vue.Approché par nos soins, le député
FLN Nouas Aziz, qui se trouvait sur les lieux, a déclaré avec beaucoup
d’hésitation que «cette intervention est entachée de dépassements».
Fayçal Azzouz, 34 ans, conducteur d’engin, est très en colère : «Ils ont cassé
la porte, ont giflé ma femme, lui ont arraché la chaîne qu’elle portait au cou,
lui ont pris ses bijoux et une somme d’argent que j’avais empruntée à mon employeur.»
Et d’ajouter : «Ils ont aussi pris 40 cartouches du fusil à pompe que je possède
de manière légale.»Un PV dressé par un huissier de justice, dont nous détenons
une copie, relate toutes ces déclarations. Il est important de noter que les portes
ont été défoncées à coups de pied et de troncs d’arbre en guise de bélier.
Les portes, parfois même des meubles, portent encore les traces de rangers.
Un autre avocat, Lamouri Ahmed, explose : «C’est une honte ! 30 fois une honte !
Ils ont fracassé la porte du hammam, défoncé une porte intérieure qui donne sur
le kiosque tenu par mon neveu et ils ont tout pris.»
Les témoignages que nous avons recueillis ne sont pas exhaustifs, il en reste beaucoup
d’autres sur lesquels nous reviendrons mardi, alors que cinq des détenus seront
jugés au tribunal de Oued El Ma ; trois autres le seront au tribunal de Batna mercredi.
La ville a retrouvé son calme et les habitants ont renoué avec leurs habitudes.
Les citoyens vaquent à leurs occupations et tous les commerces sont ouverts.
Les enfants surexcités par la présence de journalistes approchent de manière furtive
pour satisfaire leur curiosité. Dire que mercredi passé, ils étaient tous
armés de frondes et s’entraînaient au tir sur des cibles.
Les citoyens ont pris les choses en main,ont retroussé
les manches et ont tous participé au nettoyage.
Les engagements du wali
Cette opération a commencé dès que la délégation — composée d’une vingtaine
de personnes parmi les notables, les universitaires, les représentants de la
société civile et des élus locaux — dépêchée aux discussions avec le wali était
de retour et a rendu compte de la réunion.Le wali a pris acte des principales
revendications des citoyens de Oued El Ma : maintenir le projet de station
d’énergie solaire, ouvrir la route de Chlaâlaâ et libérer les détenus.Rassurés
par les réponses du premier responsable de la wilaya, les citoyens ont fait
preuve de sagesse et ont repris leurs activités après que leur ville ait été
paralysée par une grève générale durant 48 heures. Ils nourrissent tous l’espoir
que Aziz, l’un des blessés, hospitalisé au CHU de Batna, s’en sorte bien ;
il a, selon les témoignages de son frère, sept côtes fêlées et le poumon perforé.
A l’hôpital, il est sous surveillance de policiers et c’est grâce à l’intervention
du responsable de la police que ses parents ont pu lui rendre visite.
La commune de Oued El Ma, qui a compté de nombreux martyrs lors de la lutte pour
l’indépendance, a aussi le mérite d’avoir résisté aux hordes terroristes durant
la décennie noire. Un souvenir qui fait dire à un notable de la ville
«Les terroristes,nous les avions empêchés de pénétrer dans nos maisons…»


Lounes Gribissa

zadhand
13/10/2016, 18h00
Les Détails du Plan d’Austérité


Abandon progressif des subventions, gel des salaires et limitation des recrutements
13 Octobre 2016


Pour justifier ces mesures, le gouvernement admet qu’à partir de 2017, l’Algérie connaîtra une aggravation de sa situation économique.


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Le nouveau modèle économique, document dont Liberté détient une copie,
dévoile le plan d’austérité que compte mettre en œuvre le gouvernement
entre 2017 et 2019. Parmi les mesures les plus importantes de cette feuille
de route de l’Exécutif, on peut citer l’abandon progressif des subventions.
Ce qui veut dire que le gouvernement prévoit une libération des prix du pain,
du lait, de la semoule, de la farine, des carburants, de l’électricité et du gaz
dans son plan anticrise 2017-2019. Ces produits seront alors plus chers. Pour
protéger le pouvoir d’achat des couches démunies, le gouvernement prévoit
une aide financière.“Pour compléter ce processus de maîtrise et de rationalisation
de certaines dépenses courantes, lit-on dans le document, des réflexions sont
menées pour rompre graduellement avec les procédés actuels de subventions
généralisées pour parvenir à la mise en œuvre d’une politique de ciblage des
populations à faibles revenus permettant une meilleure équité dans l’allocation
des ressources de l’État aux franges de population les plus nécessiteuses et une
réduction de la dépense publique à un niveau soutenable.”Une véritable course
contre la montre est engagée. Car pour pouvoir appliquer cette mesure, il
convient de mettre en place un système de ciblage efficient des couches
démunies et une communication adéquate pour convaincre la population.Le
nouveau modèle économique, qui s’assimile, rappelons-le, principalement à un
cadrage budgétaire sur la période 2016-2019, prévoit des mesures drastiques en
matière de salaires et de recrutement dans la Fonction publique.“Les orientations
de cadrage pour la période 2016-2019 préconisent notamment : pour le budget
de fonctionnement, lit-on dans le texte, de maîtriser l’évolution de la masse
salariale à l’exception de la prise en charge de l’avancement statutaire du
personnel et de contenir les recrutements dans les limites nécessaires au bon
fonctionnement du service public.”Pour ne pas choquer, le gouvernement utilise
des euphémismes. Car en clair, maîtrise de l’évolution de la masse salariale veut
dire gel des salaires à l’exception des hausses de rémunérations au titre de
l’avancement. En outre, contenir les recrutements veut dire les limiter à des
besoins incompressibles dans la Fonction publique.En d’autres termes, il n’y aura
pas de gros recrutements en dehors de l’éducation, de la santé et des services de
sécurité. Concernant le budget d’équipement, cette feuille de route prévoit de
restreindre le lancement de nouveaux projets et de financer les projets
d’investissements publics à rentabilité avérée (ports, aéroports, voies rapides ou
autoroutes reliant les grandes villes) par des modes de financement extrabudgétaires.
Dans les projets, la priorité dans leur réalisation est accordée aux entreprises
algériennes. Dans les marchés publics, la préférence est accordée aux produits
fabriqués en Algérie. Pour le budget d’équipement, les orientations de cadrage,
mentionne le document, préconisent notamment “d’accorder la priorité au
parachèvement des projets en cours de réalisation déjà lancés dans les délais fixés
et aux coûts prévus, de définir les nouveaux projets dans le respect des plafonds
déjà arrêtés par les pouvoirs publics, de privilégier un financement total ou partiel
des projets à caractère marchand par le marché et/ou en partenariat en dehors de la
sphère budgétaire et de mobiliser les moyens de réalisation nationaux, en recourant
de manière systématique et prioritairement dans le cadre des marchés publics aux
produits de fabrication nationale”. Le gouvernement justifie cet ensemble de mesures
par l’aggravation de la situation financière du pays à partir de 2017 “Cette conjoncture
renforce la conviction que les prochaines années à partir de 2017 seront marquées par
une aggravation des équilibres macroéconomiques des pays exportateurs de pétrole.”


K. R.