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zadhand
19/04/2015, 11h27
A LA UNE/ACTUALITE
19 AVRIL 2015

L’historien Daho Djerbal lors d’une rencontre sur Messali Hadj
«Les messalistes ont été les premiers à mener des actions à Alger»

L’histoire officielle n’a pas rendu justice à tous les combattants de la guerre de la Libération. Daho Djerbal a dénoncé le discours qui colle aux messalistes le qualificatif infamant de «traîtres à la nation». «Au tout début de la guerre, le premier groupe à avoir déclenché la guerre est messaliste (…).
Certains de ces fidayin de Belcourt ont été arrêtés, condamnés à mort
et certains ont même été exécutés.


Ces militants sont-ils des traîtres ? Ont-ils collaboré avec la France ? Le pouvoir a attendu jusqu’à 1984 pour inscrire leurs noms sur la plaque commémorative de la prison de Serkadji», révèle Djerbal, qui s’exprimait lors de la journée d’étude organisée par l’Organisation nationale de la continuité des générations (ONCG) à Hussein Dey (Alger) pour commémorer la mise en résidence surveillée de Messali Hadj à Ksar Chellala (Médéa).
L’historien, qui a publié un livre sur l’OS de la Fédération de France (Chihab Edition), a évoqué l’engagement «oublié» des messalistes en métropole. «J’ai trouvé dans les archives un dossier du FLN que je présenterai un jour. Ce dossier contient les noms de messalistes emprisonnés en France.
Le paquet est composé de 87 dossiers, dont chaque page contient 200 noms, soit 1600 prisonniers politiques en France. Ces prisonniers, dont personne ne se rappelle les noms, sont-ils des traîtres», s’interroge le directeur de la revue Naqd. L’implication de certains hommes politiques dans l’écriture de cette partie de l’histoire du pays «compliquerait» davantage la compréhension de l’implication des acteurs.
Djerbal, citant Noureddine Aït Hamouda qui a accusé Messali d’être un «traître», met au défi les contradicteurs du zaïm de présenter un document compromettant sur son implication aux côtés de la France et contre l’indépendance de l’Algérie. «Messali est le premier à avoir appelé à l’indépendance, le 29 février, lors de la conférence pour la lutte anti-impérialiste à Bruxelles», rappelle Djerbal.
Prenant à rebrousse-poil, lui aussi, le discours officiel sur la guerre de Libération, Arezki Basta, acteur de cette guerre, a rappelé les déboires rencontrés pour la publication de son livre où il rappelle des «vérités» cachées sur la guerre de Libération. L’intervenant réfute l’idée selon laquelle des militants messalistes auraient tabassé, à la veille de la guerre, Mohamed Boudiaf, futur coordinateur du FLN.
Un intervenant s’est interrogé sur la lettre qu’aurait envoyée Krim Belkacem avant son assassinat à Messali El Hadj en exil. Selon Ali Agouni, compagnon du vieux zaïm et président du PPA non agréé, Messali a fait lecture de cette lettre en sa présence. Krim Belkacem aurait exprimé le vœu de rencontrer le leader. Ali Agouni n’en dit pas plus sur le contenu du document, dont les historiens n’arrivent pas à trouver trace. Messali Hadj a été placé, le 4 janvier 1944, en résidence surveillée à Ksar Chellala (Médéa).
Les autorités françaises ont été contraintes de le transférer à nouveau à El Goléa à la suite de troubles ayant suivi l’organisation d’une rencontre annuelle des éleveurs (El Achaba), où des représentants de l’administration coloniale ont été humiliés par la population qui réclamaient la libération de Messali, signale Touaguine Ahmed, historien. D’El Goléa, le leader nationaliste a fini par être déporté à Bakouma, un bagne du Congo-Brazzaville où il séjourna jusqu’en août 1946.
«La décision de son transfert a été prise par De Gaulle en personne», précise Oubetroune Mountassar, journaliste et chercheur en histoire, qui signale le contexte de l’époque : émergence des Amis du manifeste et de liberté (AML) de Ferhat Abbas en mars, rencontres des Alliés et révolte du 8 Mai 1945. Intervenant lors de la rencontre, le secrétaire général de l’ONCG, M. Lahouel, aappelé à une «réconciliation totale» de tous les militants de l’indépendance du pays.

Nadir Iddir

jim63
19/04/2015, 17h25
salam
l indépendance ! depuis ce pays semble marché sur une patte mais on l aime quand même !

zadhand
16/05/2016, 20h12
Naissance de مصالي الحاج

23709

Le 16 mai 1898 : naissance de Messali Hadj, un militant nationaliste algérien
messali Il est l’un des premiers militants nationalistes à avoir formulé
la revendication de l’indépendance de l’Algérie dès 1927. Messali Hadj,
père du nationalisme algérien est né le 16 mai 1898.
Messali Hadj, de son vrai nom Ahmed Messali nait à Tlemcen, dans une famille
très pieuse. Son père, Hadj Ahmed Messali, cordonnier, est koulougli. Sa mère,
Fatéma Sari Ali Hadj-Edinne est d’origine andalouse. Son grand-père maternel
est cadi et membre de la confrérie des Derkaoua. La famille Messali vit dans
une pièce unique sans fenêtre, à Bab El Djiyad, près du Bastion français.
Les revenus de la famille proviennent d’une propriété de quatre hectares sise à
Saf Saf, appartenant à plusieurs familles. Le jeune Ahmed travaille la terre dès
son jeune âge. A sept ans, son père l’inscrit dans une école primaire française
afin qu’il puisse, adulte, se défendre et demander ses droits face aux français.
A 10 ans, il est élève à la médersa de la zaouïa derkaouia du Cheikh Benyelles.
C’est là qu’il s’imprègne de la philosophie de la confrérie qui le guidera durant
toute sa vie. En 1918, il part à Bordeaux pour passer son service militaire.
Il y passe trois années et s’éveille à la politique durant cette période.
De retour à Tlemcen en 1923, il joue la provocation dans un café fréquenté par
des officiers français. Il monte sur une table et crie haut et fort
« Vive Mustapha Kemal Pacha ! ». Atatürk est à cette époque l’idole des musulmans.
Cette réaction lui vaut une convocation au commissariat de police.
Deux années plus tard, Ahmed Messali s’installe à Pari. Il y rencontre celle qui
sera sa compagne pour la vie, Emilie Busquant. Il travaille comme ouvrier et
entame un long réquisitoire contre la colonisation.
Alors qu’il est président de l’Etoile nord-africaine (l’ENA) qu’il a fondé
avec d’autres compatriotes, il tient un discours radical pour ce qui est du sort
de l’Algérie colonisée. Cela se passe le 27 février 1927, alors qu’il se trouve
à Bruxelles pour assister au Congrès pour la lutte anti-impérialiste et pour
l’indépendance des peuples opprimés, organisé par la Ligue contre l’oppression
coloniale. Des délégations de grandes personnalités représentent les cinq continents.
Messali fait un discours et expose le programme politique de l’ENA et se prononce pour l’indépendance totale de l’Algérie.Son parti dissous, continue à exister. En 1934,
le 5 août, l’assemblée générale de l’ENA accueille plus de 800 algériens. Le drapeau
algérien y fait sa première apparition. Le 1er novembre 1934, Messali est accusé de
reconstitution de ligue dissoute, arrêté et incarcéré à la prison de la Santé.
Après quelques rebondissements, il entre en clandestinité l’année suivante.
Arrestations, emprisonnements, clandestinités, création d’autres partis
(PPA, MTLD, MNA)…Ahmed Messali, devenu Messali Hadj, ne connait pourtant pas
le doute. Pour lui,cette terre, l’Algérie, « n’est pas à vendre ».
Dans un discours prononcé le 02 août 1936,au stade de Ruisseau (Alger), il déclare
« Cette terre bénie qui est la nôtre,cette terre de baraka, n’est pas à vendre,
ni à marchander, ni à rattacher à personne.Cette terre a ses enfants, ses héritiers,
ils sont là vivants et ne veulent la donner à personne. (…) ».Pour beaucoup d’algériens
à l’époque, Messali est un prophète.Avec les scouts, son Parti du Peuple Algérien
(PPA) aura formé politiquement une multitude de jeunes qui prendront le maquis pour
libérer le pays de la colonisation française.Et même s’il a été exclu du mouvement
de libération, même si beaucoup le qualifie de traitre,et même si on l’a longtemps
délibérément effacé de l’histoire, Messali Hadj sera toujours
le père du nationalisme algérien. Il sera toujours le premier à avoir réclamé haut
et fortl’indépendance totale de l’Algérie. On lui reproche encore son culte de
la personnalité et son pouvoir excessif, et il est certain qu’il avait bien d’autres
défauts,mais il restera l’une des figures les plus importantes de notre histoire
contemporaine.Messali Hadj n’obtiendra la nationalité algérienne qu’en 1965.
Il mourra sans avoir pu revoir son pays natal. Décédé à Gouvieux le 3 juin 1974,
il est inhumé le 7 juin à Tlemcen.

Z. M.

Sources

Benjamin Stora, Messali Hadj, L’Harmattan, Paris, 1986.
Messali Hadj, Mémoires 1898-1938, Jean-Claude Lattès,
Paris, 1982 ; éd. ANEP, Alger 2006.
Khaled Merzouk, Messali Hadj, Éditions El Dar Othmania,Alger, 2008