Au sein de l’IETF – L’Internet Engineering Task Force-, un groupe de travail a élaboré le code d’erreur 451, qui a été validé par l’IESG (Internet Engineering Steering Group)- pour signaler les sites Web censurés, qui reste à valider. Erreur 451, voilà un code que des associations de défense de la liberté d’expression comme Amnesty International ou Reporters sans frontières vont détester. Le groupe de travail IETF HTTP, qui a vocation à stabiliser et développer le protocole HTTP essentiel pour surfer sur le Web, a adopté un nouveau système d’alerte qui devrait faire tilt dans l’esprit des internautes. Ces derniers connaissent bien l’erreur 404 (« Page not found ») sur leur navigateur : un site Web ne s’affiche en raison de son indisponibilité (problème de serveur ou de réseau, blocage par décision judiciaire ou fin de bail chez un hébergeur…). Maintenant, de plus en plus, il faudra s’habituer au nouveau code d’erreur 451 : c’est le signal qu’un site Web a été censuré. Des travaux dans ce sens avaient débuté en 2013. Pourquoi « 451 » ? Ce nombre fait référence au roman de science-fiction « Fahrenheit 451 » de l’écrivain américain Ray Bradbury. Paru dans les années 50, l’ouvrage évoquait notamment la disparition et l’interdiction des livres.
Ce statut HTTP devrait faire l’objet prochainement d’un RFC (Request for Comments) pour sa généralisation, mais en attendant les éditeurs de sites Web et les administrateurs peuvent mettre à jour leurs pages en ce sens. Dans une contribution blog en date du 18 décembre, Mark Nottingham, Président du groupe de travail IETF HTTP, considérait que « le code 451 peut être utilisé à la fois par des intermédiaires réseaux (par exemple, un pare-feu) et sur les serveurs Web d’origine ». Tout en précisant sa pensée : « J’estime que ce code [451] sera majoritairement adopté par des sites comme Github, Twitter, Facebook et Google qui sont obligés au nom d’une loi de censurer le contenu contre leur volonté dans certains Etats.»